Etat des lieux des applications mobiles culturelles françaises et étrangères

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Depuis quelques années, le téléphone portable est devenu un véritable outil de communication et de médiation culturelle pour les musées. Différents articles précédemment publiés sur le site (à lire 1 et 2) ont montré à quel point le succès de l’iPhone a contribué à l’éclosion d’applications mobiles consacrées aux institutions culturelles. Nous proposons ici d’établir un état des lieux de ces applications en France et à l’international.

Caractéristiques des applications muséales

Rappelons qu’en novembre 2009, on recensait sept institutions françaises disposant d’une application iPhone (article à lire). Un an plus tard, en janvier 2011, près de 26 institutions sont présentes sur l’AppleStore pour 31 applications, soit une hausse de 270%. La moitié d’entre elles sont des « portails » de musées : elles présentent l’institution et ses collections. L’autre moitié est uniquement dédiée à des expositions temporaires et comporte donc une date limite d’utilisation pour un usage in-situ.

Applications “portails” :
– Musée de Cluny
– Musée du Louvre
– Musée du Quai Branly
– Musée Maurice Denis
– Musée du Château de Reuil-Malmaison
– LaM – Musée d’Art Moderne de Lille
– Musée Fernand Léger
– Musée Marc Chagall
– Musée de la Maison Bonaparte
– Musée municipal de Cambrai
– Centre Georges Pompidou – Paris
– Centre Georges Pompidou – Metz
– Pinacothèque de Paris
– Grand Palais
– Jardin du Château de Versailles
– Musée des arts décoratifs (attendue)
– Cité Nationale de l’histoire de l’immigration (attendue)

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Applications événementielles :
– “Edvard Munch” – (Pinacothèque)
– “L’Or des Incas” – (Pinacothèque)
– “Bruegel, Memling, Van Eyck”,“Du Gréco à Dali”  “Poussin, Rubens et les peintres du XVIIème” et (Musée Jacquemart-André)
– “Baba-Bling”- (Musée du Quai Branly) “Costumes d’enfants” – (Musée Guimet)
– “Monet, la visite” – (Grand Palais)
– “Bulgari” – (Grand Palais)
– “Clichés japonais” – (Musée Albert Kahn)
– “Wim Delvoye” – (Musée Rodin)
– “Degas” – (Musée de la Piscine de Roubaix) “Ben, strip-tease intégral” – (MAC de Lyon) “Une ville pour l’Impressionisme” – (Musée des Beaux-arts de Rouen)

Si la liste des applications françaises est ici exhaustive, il devient plus complexe de réaliser l’exercice de recensement à échelle mondiale. Nous avons donc pris le parti de sélectionner les applications développées aux Etats Unis, au Canada et au Royaume-Uni.

Applications GB
– Love is art: National Gallery
– “Book of the dead” – British Museum
– “Gauguin” et “How it is” – Tate Modern
– “Extraordinary Heroes” Imperial war museum

Applications USA
– American Museum of Natural History (NYC)
– Museum of Modern Art – MoMa (NYC)
– Brooklyn Museum (NYC)
– Portland Museum (Oregon)
– Asian Art Museum (San Fransisco)
– “Yoshitomo nara” – Asia Society Museum (NYC)
– “Dutch Utopia” – Telfair museums (Georgia)
– Infinity of nations” – National Museum of the American Indian (NYC)
– “Houdini” – The Jewish Museum (NYC)
– “Carsten Nicolai : moiré” & “Zhang Huan” – The Pace Gallery (NYC)
– “French impressionism” Art Institue of Chicago
– “Yves Klein: with the void, full powar” – Hirshorn museum (Washington)

Applications Canada
– Musée de la Civilisation (Québec)
– Musée de la défense aérienne(Québec) *“Copyright humain” – Musée de la civilisation du Québec

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Applications communicationnelles ou audioguides

Parmi toute l’offre d’applications, nous pouvons distinguer deux catégories : les « conservateurs de poche »  ou « vitrine de musées » et les applications « audioguides » *. Les premières servent à communiquer sur l’institution et à la faire découvrir au public. Elles offrent principalement des contenus textes, des vidéos de présentation, des extraits audio … (ex : Musée du Quai Branly, Musée Maurice Denis…). La seconde catégorie se caractérise par la présence de commentaires audio intégrés (ex : Musée de Cluny, Pinacothèque de Paris…). Ces applications peuvent être gratuites ou payantes. En France, 27,5% des applications recensées sont payantes et leur prix moyen est de 2,74 euros. À l’international (USA, GB, Canada) le prix moyen d’une application de musées est environ de 1,92 euros, mais en revanche 43% d’entre elles sont payantes.

Applications et contenus

La majeure partie des applications françaises sont conçues comme un audioguide : 75% proposent des commentaires audio sur les œuvres, alors que 43% mettent à disposition du texte et 25% seulement des vidéos. Dans les pays voisins, la tendance est inverse : on propose d’avantage de textes aux visiteurs (62%) et de vidéos (38%), mais moins de contenus audio (43%). Dans 14,2% des applications françaises, un plan de la visite est inclut contrairement à l’étranger où c’est le cas d’une application sur deux (48%), soit trois fois plus qu’en France.

Applications et réseaux sociaux

Les applications internationales se caractérisent par la forte présence des réseaux sociaux et par la possibilité d’une personnalisation des contenus. En effet, 53% de ces dispositifs mobiles renvoient à un partage social – le plus souvent par mail, via Facebook et Twitter, parfois via Foursquare – contre 35,7% en France. Enfin, 7% des applications françaises permettent une personnalisation de l’outil, en créant par exemple, une banque de données des œuvres préférées, contre 24% des applications étrangères analysées. Il reste désormais à déterminer si les publics font véritablement usage de ces fonctionnalités lorsqu’ils sont en posture de visite.

Applications et supports mobiles

Quelques articles ont déjà démontré le potentiel d’autres OS tel que Androïd, restant à exploiter par les musées pour développer ces nouveaux supports d’aide à la visite (à lire). On constate en effet que l’offre d’applications se déploie uniquement sur iPhone et certains dénoncent le caractère « élitiste » ou « éligible » de cet outil. A l’heure actuelle, des bien que des versions d’applications muséales déclinées à d’autres smartphones soient annoncées, seulement deux applications françaises disposent d’une version Androïd : l’exposition « Costumes d’enfants » du Musée Guimet et « Clichés Japonais » du Musée Jean-Jacques Henner. Enfin, 21% de cesapplications sont adaptées en version HD pour l’iPad en France et 19% des applications étrangères.

Les applications « portails »

Outre les applications spécifiquement dédiées aux musées, la France se distingue par une prolifération d’applications « portails », dans lesquelles sont indexés les lieux patrimoniaux,  les institutions, les expositions etc. Ces portails proposent différents systèmes de recherche (réalité augmentée, géolocalisation…) et différents contenus (actualités, vidéos, informations pratiques…) . On en dénombre sept en France : CultureClic, Culture Pocket, Musées de Paris, Zevisit, Musetrek, Célébrations Nationales 2011 et oMusée. En janvier dernier, la société des directeurs de musées de Montréal (Québec) a mis en place un portail réunissant 35 musées de la ville (article à lire).

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Applications ludiques et goodies

Enfin, deux autres types d’application ont fait leur apparition : les goodies et les applications ludiques. Les premières sont conçus comme des « objets dérivés » d’une institution ou d’une exposition. C’est le cas de « Muybridgizer », l’application de la Tate Modern qui permet de prendre des chronophotographies depuis son mobile, à la manière du photographe Eadweard Muybridge. En France, l’application de l’exposition « Museogames » au Musée des Arts et Métiers intègre une horloge tactile ainsi que les grandes dates de l’histoire du jeu vidéo. Le second type d’application consiste en plusieurs parcours mobiles interactifs pour découvrir des institutions (MobExplore, MuseTrek) ou le patrimoine d’une ville (Cité de l’Architecture et du Patrimoine, Piste et Trésor) (article à lire).

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Les développeurs d’applications

Face à ces nouveaux marchés, les leaders historiques des audioguides ont adapté leurs offres (Audiovisit, Espro Acoustiguide…) et de nouveaux développeurs se sont lancés dans ce marché (SmartApps, Toura…).
Si nous sommes capables d’évaluer et de comparer les offres muséales en matière d’applications mobiles, il existe malheureusement peu d’enquêtes publiées permettant d’analyser les usages et l’appréciation de ce type de supports par les publics. En janvier dernier, une enquête quantitative sur l’application « Monet » a été mené auprès du public des Galeries Nationales du grand Palais. Cette étude est en cours d’analyse et quelques résultats devraient être prochainement consultables sur le site du CLIC.

Dossier rédigé le 8 février 2011, par Clélia Dehon (dehonclelia@hotmail.fr)

*. Expression empruntée à Éric Biétry-Rivierre, dans le dossier « Audioguides des musées. Le banc d’essai », FigaroScope, 17 février 2010.

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