Après avoir procédé à la numérisation d’une partie importante de sa collection, le musée des arts décoratifs propose 3 nouveaux outils numériques destinés à enrichir la médiation dans les salles et à encourager la découverte de sa riche collection. Des développements numériques rendus possibles par le soutien financier de la Fondation Bettencourt Schueller, fidèle mécène de l’institution. 

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Les trois nouveaux outils développés sont :
. des cartels numériques
déployés dans les Period Rooms du musée
. une installation interactive et immersive «Pimp my room» qui permet aux visiteurs de personnaliser la salle Majorelle tout en explorant la collection du musée, née dans le cadre de museomix#3
. une expérience de réalité virtuelle (sur Hololens) intégrant des objets de la collection.

Le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller

De 2013 à 2016, les Arts Décoratifs ont reçu un mécénat exceptionnel de la Fondation Bettencourt Schueller. Ce soutien a permis au musée et à la bibliothèque des Arts décoratifs de poursuivre le développement considérable du programme de numérisation des collections engagé avec le Ministère de la Culture et de la Communication dès 2003 dans le cadre des appels nationaux en lui ajoutant un important volet de restauration et de mener à bien différents projets de médiation utilisant les outils numériques innovants.

Comme l’explique le musée: « Il s’agit d’un long travail de fond qui peut enfin profiter aux visiteurs et amateurs des Arts décoratifs durant leur visite tant réelle que virtuelle en offrant des ressources significatives sur les arts décoratifs, la mode, le textile, la publicité et le graphisme, tous ces arts appliqués qui concourent, depuis la création de l’institution à l’inspiration de chacun et à l’émerveillement de tous. »

50 000 œuvres du musée ont ainsi été numérisées parmi lesquelles les 6 000 œuvres présentées dans les collections permanentes. La numérisation portant sur des corpus allant du dessin ancien aux films publicitaires, en passant par des textiles et des objets de toutes tailles et de toutes matières, il a fallu l’aide de personnes spécialisées. 5 emplois mécénés ont été nécessaires. (Article CLIC France:La Fondation Bettencourt Schueller devient le mécène des projets numériques des Arts Décoratifs)

De la numérisation à la diffusion

Faire connaître et partager des fonds majeurs du musée rarement montrés à cause de leur fragilité, a été l’un des impératifs de la politique de numérisation. C’est ainsi que d’importants fonds, issus du département des arts graphiques (lots de dessins du XVIIIe siècle, ou ensembles de dessins de mode ou de design comme ceux de Porrachia pour la maison Lanvin ou de Sylvain Dubuisson…), ont fait l’objet d’une attention particulière afin de préserver et rendre au mieux la réalité de ces œuvres. Il en a été de même pour des fonds de papier-peint.

Parallèlement, une vaste campagne de numérisation des archives a été menée conjointement afin d’enrichir de façon exhaustive les contenus. Ces campagnes permettent au projet de «nomadisme des collections» de voir le jour.

Celui-ci est une opportunité pour la bibliothèque de poursuivre sa mission de conservation et de transmission du patrimoine autour d’objectifs fondateurs de l’institution : être un conservatoire des connaissances des savoir-faire en matière d’industrie et de métiers d’art, informer, partager pour une plus grande accessibilité des collections dans un souci éducatif et social. La numérisation de nombreux ouvrages, revues de mode, albums Maciet, ouvrages rares et précieux comme l’Alguier de Napoléon III sont autant de fonds désormais accessibles aux lecteurs et aux chercheurs.

Par ailleurs, la numérisation qui a permis la mise en ligne des 50 000 notices des œuvres du musée s’est accompagnée de la refonte intégrale du site Internet des Arts Décoratifs en 2014. Il offre désormais une navigation simplifiée et un affichage en haute définition, mettant en valeur les collections numérisées et proposant de nouveaux dispositifs de visite comme une visite audioguidée des collections permanentes et des visites virtuelles spécialement imaginées.

Le mécénat de la Fondation Bettencourt a permis au musée de développer des projets de médiation, dont certains avaient été imaginés lors de Muséomix, une manifestation accueillie en 2011 et 2013.

Les cartels numériques

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Le parcours des collections permanentes est jalonné de 11 period-room qui sont autant de reconstitutions ou d’évocations fidèles d’une pièce à vivre. Elles témoignent à la fois d’une époque et du goût de ses propriétaires. Cette spécificité du musée, très appréciée des visiteurs, a fait l’objet d’une attention particulière : un dispositif de cartels numériques y est désormais installé. Le visiteur peut, grâce à une tablette tactile de 22″ avoir accès via des POIs placés sur une image panoramique à une multiplicité d’informations autour des œuvres et un accès supplémentaire aux ressources qui contextualisent ces environnement.

Pour les appartements de Jeanne Lanvin par exemple, le visiteur peut avoir une explication approfondies des œuvres présentes tandis que les ressources collectées (photos, dessins, archives) ouvrent d’autres contenus tant sur l’appartement et l’architecture de la demeure, que sur la créatrice, ses collaborations avec le décorateur Armand Albert Rateau que les réalisations de ce dernier.

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Le musée souhaitait une borne au design unique rappelant la ligne de ses vitrines de présentation et de ses supports signalétique intérieurs. Edité sur mesure pour le Musée des Arts Décoratifs de Paris, la borne a une ligne volontairement épurée et très technique. C’est donc volontairement que le développeur a choisi d’utiliser une tablette tactile open frame afin de réduire à néant l’habillage en tôle autour de l’espace tactile tout en sécurisant l’accès aux boutons de contrôle, d’allumage ainsi que la connectique qui reste inaccessibles au public. Il a également pris le parti de remplacer le câble d’alimentation des tablettes par un cordon toilé rouge et de le laisser visible, comme un rappel aux cordons de mise à distance des 11 salles.

Présentation vidéo des cartels numériques:

L’installation immersive Pimp my room

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Un second type de médiation, mis en place et rendu possible grâce à la numérisation, joue sur l’interactivité. « Pimp my room » a été imaginé lors de la 3e édition de Museomix. Il permet à chacun de décorer à sa guise la salle consacrée à Louis Majorelle avec d’autres œuvres des collections, au premier rang desquels les papiers peints, les textiles et des objets des collections. A partir d’un écran tactile, le visiteur choisit de recréer le décor et de projeter sa vision sur les murs, jouant de la chronologie et mettant ses goûts à l’épreuve des collections.

Vidéo de présentation de Pimp my room:

PIMP MY PERIOD ROOM from Mosquito on Vimeo.

A l’aide d’un écran tactile de 32″, le visiteur choisit de recréer le décor et de projeter sa vision sur les murs de la salle, jouant de la chronologie et mettant ses goût à l’épreuve des collections.

Scénario utilisateur Le visiteur rentre dans la salle Louis Majorelle – Art Nouveau, intrigué par le piano et l’escalier imposants il s’approche des meubles. Via une table tactile sur laquelle se trouve l’image de la salle . Il est invité à « pimper » la salle avec des images qui apparaissent en bas de l’écran.

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Le visiteur a le choix entre des « revêtements muraux » ou des « œuvres à accrocher au mur » qu’il peut glisser, redimensionner comme il le souhaite. Il peut ensuite appuyer sur « Effacer » pour rétablir la salle dans son état originel. Chaque manipulation sur la table tactile est immédiatement projetée sur les murs via un mapping en 3D, le visiteur voit le résultat de ses manipulation en live.

L’objectif de cette installation est de « bousculer la notion de period-room par de l’interactivité tout de permettant au public de découvrir la collection de papiers peint conservée au musée des arts décoratif. Le dispositif permet également réaliser un fantasme de beaucoup de visiteurs, lui permettre de personnaliser , « pimper » pour ainsi s’approprier les salles du musée et ses œuvres d’art ».

Les outils cartels numériques et Pimp my room ont été développés par la société Mosquito.

Une nouvelle expérience de réalité virtuelle

La start-up Opuscope a proposé au musée des arts décoratifs d’utiliser le nouveau casque immersif de Microsoft, Hololens, pour proposer une nouvelle expérience de visite et d’exploration de la collection du musée. Il s’agit de la première expérience d’utilisation de ce nouvel outil technologique dans un cadre muséal, en France et dans le Monde.

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Les expositions en ligne

Le musée des arts décoratifs poursuit également l’enrichissement de son site web. Un certain nombre d’expositions virtuelles ont été mises en ligne, résultat d’un travail de recherche important qui a permis d’enrichir considérablement le contenu du site du musée comme par exemple l’exposition «Les Arts Décoratifs depuis 1864».

Elle remémore grâce aux archives, des dates fondamentales depuis la fondation de l’Union centrale des Beaux-arts appliqués à l’industrie en 1864, l’ouverture officielle du musée en 1905 ou la création du centre de création industrielle en 1969. Elle dresse le portrait des personnalités incontournables telles que les collectionneurs Emile Peyre (1824-1904), Jules Maciet (1846- 1911) et David David-Weill (1871- 1952), dont les dons et les legs furent essentiels pour les collections, ou le conservateur François Mathey (1917-1993), qui initia une période d’ouverture et d’innovations. Les fonds témoignent des valeurs fortes qui montrent la spécificité de l’institution, comme la volonté de transmission de savoir auprès des jeunes générations, des artisans et décorateurs, la place des femmes en tant qu’artistes et donatrices tout au long de ces 150 ans et l’universalisme des collections, comprenant les arts japonais, chinois et islamiques.

D’autres expositions témoignent de la richesse de certains départements, comme le département du verre, dont la numérisation complète des collections propose de retracer de manière élargie l’histoire du verre en Europe de la Renaissance à nos jours.

SOURCES: Musée des arts décoratifs, Fondation Bettencourt Schueller, Mosquito

Date de première publication: 05/06/2016

Photos : Mosquito, Opuscope

Le musée des arts décoratifs et Mosquito sont membre et membre associé du CLIC France.

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Visite art déco

Le mardi 21 juin 2016, les membres du CLIC France étaient invités, de 9.30 à 11.30, au musée des Arts décoratifs pour une visite des collections et une présentation des nouveaux outils numériques. 

La visite a permis de rencontrer Olivier Gabet (directeur du musée), Catherine Collin (responsable du service des publics), Emmanuel Rouiller (directeur de Mosquito) et la société Opuscope.

ILS ONT PARTICIPE A LA VISITE: Antenna International – Cité de la céramique Sèvres & Limoges – Centre des monuments nationaux – Culture Time – Délégation patrimoine Gendarmerie nationale – Grande Halle et Parc de la Villette – Musée d’Orsay – Musée de La Poste – Musée du Louvre – Musée du Quai Branly – Paris Musées – Radio France – smArtapps – Universcience

Lien vers l’album Facebook de la visite

Visite limitée à 20 participants et réservée aux membres du CLIC France
Inscription par mail ateliers@club-innovation-culture.fr avant le 20 juin 2016 13.00

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