500 euros se cultiver ou se divertir : le Pass Culture jeune a démarré sa phase de test

10 000 jeunes de 18 ans peuvent postuler depuis le 1er février 2019 pour expérimenter le Pass Culture. Ce crédit de 500 euros leur permet d’aller au spectacle ou au musée, de s’abonner à un service de streaming ou de prendre des cours de batterie ou de dessin. Cette nouvelle offre est testée dans dans cinq départements Français (Bas-Rhin, Finistère, Héraut, Seine-Saint-Denis et Guyane).

Sur la base du volontariat, ces dix mille jeunes de 18 ans (nés entre le 1er novembre 1999 et le 31 décembre 2000)  doivent expérimenter le service et son application mobile recensant des offres culturelles géolocalisées proposées près de chez eux. Ils doivent l’avoir tous activée d’ici au 15 février 2019, pour un test grandeur nature.

« Le Pass Culture est un outil d’accès à la culture puissant et innovant, adapté à l’évolution des usages de la population, notamment des plus jeunes. On serait à côté de la réalité des usages des jeunes si on ne proposait pas une offre de contenu numérique. Mais nous veillerons à ce qu’ils n’utilisent pas le pass Culture seulement pour s’abonner à des offres en ligne qu’ils connaîtraient déjà » a déclaré Franck Riester, ministre de la Culture.

Une application mobile géolocalisée

Sur l’application, les jeunes testeurs sont guidés via différents onglets : « applaudir », « jouer », « pratiquer », « regarder », « écouter », « rencontrer ».

Grâce à un dispositif de géolocalisation, l’utilisateur repère, choisit et réserve une diversité de biens et de propositions culturels : places de concert, de théâtre, de cinéma, cours de danse, de musique, de dessin en passant par des visites d’expositions, de musées mais aussi des biens matériels et numériques (livres, BD, disques, vinyles, instruments de musique, abonnements à la presse en ligne, jeux vidéo en ligne…).

 

A partir d’une image, chaque utilisateur peut s’informer immédiatement de la localisation et du réel prix d’une activité, dont le montant, s’il la sélectionne, sera déduit de son crédit (500 euros au départ).

Pour la phase de test, les offres numériques sont plafonnées à 200 euros, à l’instar des offres physiques comme les livres, œuvres d’art, instruments de musique… En revanche, pour tout ce qui est spectacle vivant, cours de musique ou de dessin, il n’y a pas de plafond.

Bonus très incitatif : un bénéficiaire du Pass Culture allant à un spectacle pourra amener avec lui la personne de son choix (sans limite d’âge) et son entrée sera automatiquement prise en charge.

Une promesse de campagne

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, ce pass doit permettre à terme, selon le ministre de la Culture Franck Riester, d’aider tous les jeunes à leur majorité à mettre « le pied à l’étrier pour démarrer leur chemin culturel autonome », au terme du parcours d’éducation culturelle à l’école.

« On va les chercher là où ils sont, sur les supports numériques, les réseaux sociaux et on leur propose un contenu éditorialisé », ajoute le ministre.

D’ici à mai 2019, le Pass Culture doit rentrer dans une deuxième phase d’expérimentation et être élargi à d’autres départements et surtout à des jeunes non-volontaires, dans l’idée de les ramener ou de les amener vers un parcours culturel.

Mais pour se développer et se pérénniser, le Pass Culture doit se financer. Le budget global du dispositif est très difficile à chiffrer, et ne peut reposer sur le seul budget de l’état. le ministère compte donc beaucoup sur le secteur privé pour accepter de faire des offres gratuites et de les maintenir.

Pour la mise en route du pass cette année, une enveloppe de 39 millions d’euros est prévue dans la loi de finances 2019.

Les partenaires du pass

Afin d’y participer, les acteurs culturels continuent de négocier avec les équipes chargées de mettre en place le Pass, dont l’actuelle version est loin d’être définitive. Des centaines d’établissements et organisations (musées, théâtres, associations, médias…) sont déjà parties prenantes.

Des entreprises, notamment numériques, ont accepté, à l’issue d’une négociation avec l’Etat, de fournir gratuitement leurs offres, en espérant des retombées financières, une fidélisation et un rajeunissement de leur public.

Ainsi, la plateforme de streaming musical Deezer assure ne recevoir « aucune rémunération dans cette phase de test ». « L’intégralité de l’offre est financée par Deezer » indique une porte-parole de la plateforme.

« Il n’est pas question d’avantage financier dans cette opération mais de participation à un projet de démocratisation de l’accès de tous les jeunes à la culture. Nous souhaitons que la conséquence vertueuse de cet objectif permette à Deezer de mieux faire connaître son offre » précise le communiqué de Deezer.

« OK pour jouer au jeu de l’expérimentation mais il faudra vraiment faire un bilan sérieux dans quelques mois » explique au quotidien 20 minutes Matthieu Banvillet, directeur du théâtre de Brest, le Quartz. « L’idée de ce pass culture nous amènera à requestionner notre rapport à la jeunesse. Nous souhaitons avoir ces jeunes dans nos théâtres. »

Lancé à titre expérimental, le Pass Culture pose d’ores et déjà beaucoup de questions pour lesquelles il faudra trouver une réponse conciliant démocratisation culturel et grands équilibres économiques.

SOURCES: Ministère de la culture, presse

Photos: Ministère de la culture

Date de première publication: 02/02/2019

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