Détruite par les barbares de l’Etat Islamique en octobre 2015, l’arche de Palmyre sera bientôt rebâtie en taille réelle, en 3D et exposée en avril 2016 à Londres et New York. Cette exposition est la première résultante concrète d’un projet porté par l’Institut d’archéologie numérique, et que le site du Clic France présentait dès novembre 2015. 

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La monumentale arche antique de Palmyre, vieille de 2000 ans, a disparu sous les coups de dynamites des djihadistes de Daech en octobre 2015. L’arche antique était le dernier vestige du célèbre temple de Baal (ou Bêl), joyau de la cité antique de Palmyre.

Mais ce trésor de l’Humanité n’est pas totalement perdu. L’Institut d’archéologie numérique (IDA) a initié un projet ambitieux, en partenariat avec les prestigieuses universités d’Oxford en Angleterre, de Harvard aux Etats-Unis et le Musée du futur de Dubaï, aux Emirats Arabes Unis.

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Depuis sa création en 2012, l’Institut d’archéologie numérique s’attèle en partenariat avec l’Unesco à une tâche titanesque : numériser l’ensemble du patrimoine archéologique mondial à l’aide d’appareils photos 3D distribués dans le monde, afin de recréer et d’étudier les monuments du monde entier, avant qu’ils ne disparaissent à tout jamais, victime du temps, des caprices la nature ou de la folie des hommes.

L’initiative, baptisée Million Image Database, a valu aux équipes de l’IDA d’être surnommés les “Indiana Jones avec un appareil photo 3D” par CNN. Depuis la prise de Palmyre par Daech, ces nouveaux « monument men » sont également partis en  lutte symbolique contre la fureur destructrice des djihadistes.

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Les combattants de Daesh se sont emparés en mai 2015 de la ville de Palmyre, située à 205 km à l’est de Damas. Outre le temple de Bêl, les djihadistes ont pulvérisé le célèbre Arc de triomphe de Palmyre et le temple de Baalshamin, anciens trésors de la cité antique inscrite par l’Unesco au patrimoine mondial de l’Humanité.

La plus grande imprimerie 3D du monde

Déja reconstitué de manière numérique, l’arche va pouvoir être reproduit à l’échelle réelle en l’imprimant en 3D. Cette reproduction géante sera exposée à Trafalgar Square à Londres ainsi qu’et à Times Square à New York. La reconstitution du monument sera enrichie de reproductions 3D d’autres reliques architecturales.

La reconstitution en taille réelle d’une partie de Palmyre est rendue possible par le recours à la plus grande imprimante 3D au monde, située à Shanghai, capable d’imprimer des bâtiments entiers.

Après avoir été imprimée à Shanghai, l’arche sera transférée en Italie pour les finitions, puis sera exposée en avril 2016 au pied de la colonne de l’amiral Nelson à Trafalgar Square, au cœur de la capitale britannique.

Simulation de l'installation de l'Arche 3D sur la place Trafalgar (IDA)

Simulation de l’installation de l’Arche 3D sur la place Trafalgar (IDA)

Des reproductions plus petites de l’arche seront également exposées « dans des écoles, des musées et des lieux publics célèbres », a indiqué à l’AFP Alexy Karenowska, directrice technique de l’Institut pour l’archéologie numérique.D’autres répliques plus modestes pourraint être installées dans d’autres lieux, par la mise à disposition des fichiers 3D téléchargeables gratuitement.

Roger Michel, fondateur et DG de l’organisation, a déclaré dans le Times que cette initiative avait une « vocation militante ». « C’est un appel à passer à l’acte, pour attirer l’attention sur ce qui se passe en Syrie, en Irak et maintenant en Libye », a-t-il dit. « Nous voulons leur dire que s’ils détruisent quelque chose, nous le reconstruirons ».

Espérons que la France -très en pointe en matière de préservation du patrimoine mondial- accueille également cette reproduction 3D de l’Arche de Palmyre !

SOURCES: IDA, Times, New York Times

Photos: (c) IDA

Date de première publication: 05/01/2016

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