Avec son nouvel espace d’accueil sur l’île des musées et un nouveau musée du 20ème siècle, Berlin continue d’investir massivement dans la culture

Le jeudi 13 décembre 2018, Berlin a inauguré une nouvelle extension de son île-musée, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Avec un retard de construction de plusieurs années et à un coût deux fois supérieur au montant prévu au budget, le nouvel espace d’accueil ouvrira ses portes au public en juin 2019. Avec le nouveau musée du 20ème siècle, ce nouveau bâtiment symbolise les fortes ambitions de la capitale allemande en matière de culture.

La nouvelle galerie James Simon a été conçue par l’architecte britannique star David Chipperfield. Ce bâtiment de 4 600 mètres carrés constituera un guichet unique pour le groupe des cinq musées de l’île.

En plus d’abriter un point de vente commun pour les musées, la galerie comprend également un espace pour des expositions temporaires, une librairie, un auditorium et un café.

Cette nouvelle porte d’entrée dans l’Ile des Musées ouvrira au public à partir de juillet 2019.

Michael Eissenhauer, directeur des musées publics allemands, a qualifié le nouveau bâtiment de « cadeau du ciel ». Mais certains Berlinois et journalistes critiquent ce projet et le surnomment le « vestiaire le plus cher du monde ». Les coûts de construction ont en effet explosé pour atteindre 134 millions d’euros, soit près de deux fois le budget prévu de 71 millions d’euros.

La fin des travaux en vidéo (David Chipperfield):

Reportage sur l’inauguration (AFP):

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’île aux musées abrite de précieux objets, dont le buste légendaire de la reine égyptienne Nefertiti et la porte d’Ishtar à Babylone. Les 5 musées situés au cœur de Berlin attirent 2,5 millions de visiteurs par an. Ils sont gérés par la Fondation du patrimoine culturel prussien.

L’autre pôle muséal de Berlin, le KulturForum fait également l’objet de toutes les attentions.

Projet modifié pour le futur musée du 20ème siècle 

Après avoir remporté le concours pour la construction du musée du 20e siècle, le cabinet Herzog & de Meuron a présenté à la mi-octobre 2018, un projet révisé du nouveau bâtiment qui viendra compléter le complexe Kulturforum. Le nouveau projet est le fruit d’une réflexion commune avec la Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin (les musées d’Etat de Berlin), et la stiftung preußischer kulturbesitz (fondation du patrimoine culturel prussien).

Situé entre la neue nationalgalerie et la philharmonie de berlin, le nouveau bâtiment nationalgalerie20 devra coexister harmonieusement avec les styles de plusieurs structures emblématiques déjà présentes sur le Kulturforum.

Développé pour abriter une partie des collections d’art du XXe siècle de la Nationalgalerie, le bâtiment du musée est très différent de chaque côté, faisant allusion à des images d’entrepôts, de granges et de gares ferroviaires.

« Les nombreuses réactions suscitées par les projets de design des différents cabinet d’architectes, émanant d’experts comme du public, ont montré toute l’importance de ce projet et ont motivé son développement », souligne jacques herzog. « Notre concept d’urbanisme pour le kulturforum est un concept de densité et non de vide. il organise une interaction de bâtiments mis en relation précise les uns avec les autres. et il initie également l’interaction des institutions culturelles établies dans ces bâtiments. »

En novembre 2014, le Bundestag, le parlement allemand, a décidé d’affecter 200 millions d’euros à la Stiftung Preußischer Kulturbesitz (Fondation du patrimoine culturel prussien) pour un nouveau bâtiment présentant l’art du vingtième siècle au Kulturforum. Le nouveau bâtiment est nécessaire car, depuis des décennies, il n’a été possible d’exposer que de petites sélections de la vaste collection d’art du XXe siècle de la Nationalgalerie.

Le nouveau bâtiment permettra de rassembler pour la première fois de manière permanente plusieurs collections d’art d’importance internationale: la collection d’art du XXe siècle de la Nationalgalerie, les collections Marx et Pietzsch, des éléments de la collection Marzona, intégrés au Staatliche Museen, ainsi que des œuvres du Kupferstichkabinett (musée des estampes et des dessins). Ils seront montrés à la fois au niveau inférieur de la Neue Nationalgalerie et, surtout, dans les espaces d’exposition du nouveau bâtiment.

Une manière de magnifier la collection de la Nationalgalerie qui a subi de lourdes pertes du fait du régime nazi, de la Seconde Guerre mondiale et de la division de Berlin.

Après la réunification de l’Allemagne, la collection a été complétée par celle de la Nationalgalerie de Berlin-Est, y compris l’art de la RDA. Au cours des dernières années, la Nationalgalerie a élargi sa collection d’art du XXe siècle à grande échelle en réalisant de nombreuses acquisitions,

Toutefois, seules des sélections de cette collection ont pu être présentées à la Neue Nationalgalerie, en raison de l’espace d’exposition limité. Le projet de musée du 20ème siècle a pour but de donner aux visiteurs une vision globale de l’art tel qu’il s’est développé entre 1900 et la fin du XXe siècle. Certaines des œuvres du modernisme classique seront exposées à la Neue Nationalgalerie après l’achèvement des travaux de rénovation, à compter de 2020. Des œuvres modernes classiques seront également exposées dans le nouveau bâtiment.

Début novembre 2018, la commission des budgets de la chambre basse du Parlement allemand avait approuvé l’octroi d’un budget de 330 millions d’euros (qui est complété de manière équivalente par la ville de Berlin) pour financer une rénovation et une extension du musée d’histoire naturelle de Berlin, pendant dix ans et créer une base de données en ligne de ses collections. (Lire l’article du CLIC France : L’état allemand et la ville apportent 600 millions d’euros pour moderniser le Museum d’Histoires naturelles de Berlin)

SOURCES: preussischer-kulturbesitz.de, thelocal.de, designboom.com

Photos: davidchipperfield.com, 

Date de première publication: 16/12/2018

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