Barber Institute de Birmingham: premier musée mondial disposant de sa propre « infirmière en résidence »

Alors que la crise de Covid-19 maintient fermés les musées britanniques, et notamment le Barber Institute de l’Université de Birmingham. Pour répondre à cette situation unique, l’institution fondée en 1932 lance une nouvelle initiative globale, Barber Health, visant à faire du bien être une des réponses du musée à la pandémie.

Grâce à une subvention de 40 000 £ du programme « Respond & Reimagine » de l’Art Fund, le Barber Institute of Fine Arts lance une initiative majeure autour de la santé et de bien-être, qui va se dérouler tout au long de l’année 2021. Le projet s’appuie sur l’expérience antérieure de l’organisation dans ce domaine, mais prend une nouvelle dimension en s’appuyant sur « un professionnalisme multidisciplinaire et un engagement communautaire ».

Ce programme d’un an verra le Barber Institute déployer une série d’activités artistiques innovantes déployées dans et avec les communautés, et ayant la santé et le bien-être comme objectif.

« Nous nous sommes demandés quel est le rôle d’un musée ou d’une galerie dans une pandémie ? » déclare Jen Ridding, responsable de l’engagement public du Barber Institute. « Comment pouvons-nous contribuer, même à petite échelle, aux processus de reconnexion et de résilience dans nos communautés locales ? Nous sentions que nous avions une responsabilité et que nous pourrions utiliser notre collection et notre programme d’engagement pour résoudre certains des grands problèmes que le Covid a créés et finalement faire une différence positive dans la vie des gens. L’Art Fund nous a donné une occasion unique d’aborder réellement ces questions au cours de l’année qui démarre ».

Ce projet ambitieux comporte quatre volets interdépendants: une infirmière en résidence, des conversations communautaires sur la maladie et la mort, la sensibilisation à l’art dans les lieux de soins et un projet pilote de prescription sociale.

Nicola Kalinsky, directeur du Barber Institute, a déclaré: « Barber Health est notre principal effort organisationnel en réponse à Covid-19 pour l’année à venir. Il s’appuie sur notre engagement de longue date à explorer la pertinence de nos collections pour notre public et à utiliser cette ressource exceptionnelle pour apporter des avantages là où nous le pouvons aux communautés. Cela n’a jamais été, de toute ma carrière de professionnel de musée, un besoin aussi pressant, et nous sommes extrêmement reconnaissants à Art Fund d’avoir rendu le projet possible ».

  • Une infirmière en résidence

Le programme novateur d’infirmière en résidence est au cœur du projet Barber Health.

« Une infirmière en résidence dans un musée offre un moyen novateur et puissant pour les organisations culturelles de travailler avec des collègues du secteur médical. Si nous pensons au musée du futur, nous devons absolument collaborer avec des collègues de tous les secteurs et disciplines. Nous opérons dans un monde où les frontières s’estompent et il est essentiel de trouver de nouvelles perspectives pour nos collections et nos institutions culturelles. Je pense que c’est une façon dont nous pouvons aider les musées à prospérer au XXIe siècle » explique Jen Ridding.

La première « infirmière en résidence » du projet Barber Health est Jane Nicol, maître de conférences à la School of Nursing de l’Université de Birmingham et infirmière spécialisée dans les soins palliatifs et de fin de vie.

Au cours des douze prochains mois, Jane Nicol examinera la collection du Barber Institute à travers son regard personnel et développera des façons d’utiliser ces œuvres d’art majeures pour informer la communauté des soins de santé et enrichir la formation médicale.

Jane Nicol a déclaré: « Cette résidence unique et passionnante offre une occasion de repenser le rôle des arts dans l’éducation de nos futurs professionnels de la santé et dans la promotion de la santé et du bien-être durables de notre communauté au sens large. En utilisant la collection d’œuvres d’art du Barber, nous développerons des outils qui seront appliqués de manière pratique dans le milieu des soins de santé et pour résoudre certains des problèmes urgents auxquels nos communautés sont confrontées en cette période de pandémie ».

  • Parler de la mort avec les œuvres d’art

« Le nombre de morts de Covid au Royaume-Uni dépasse désormais 100 000, et la société toute entière est donc confrontée au deuil, et pourtant nous sommes mal équipés pour parler de mort et de mourir » explique l’institution.

Les conversations communautaires Death and Dying du projet utiliseront la collection d’art du Barber pour faciliter les conversations communautaires numériques et présentielles et explorer des réponses créatives aux questions que suscitent la mort et le deuil, en collaboration avec des associations caritatives, les hôpitaux universitaires de Birmingham, les cabinets de médecins généralistes de la ville et les étudiants bénévoles de la faculté de médecine de l’Université de Birmingham.

En sensibilisant les centres de soins locaux, Barber Health s’engagera également avec certains des groupes les plus profondément touchés de nos communautés. Des visites de galeries virtuelles spécialement conçues seront proposées dans les maisons de retraite, ainsi que des ateliers d’art diffusés en direct et des kit d’activité artistique, conçue pour une utilisation dans un contexte Covid.

« Si nous pouvons faire une petite différence dans la journée de quelqu’un grâce à notre activité, alors nous aurons fait quelque chose d’important et significatif pour soutenir le bien-être mental et émotionnel des résidents, du personnel et des soignants » s’enthousiasme Jane Nicol.

  • Projet de prescription sociale

Le quatrième volet, qui sera alimenté par tous les autres éléments du programme ainsi que par une enquête sectorielle, universitaire et communautaire approfondie, est la préparation d’un projet « recherche-action » sur la « prescription sociale » qui examinera comment le Barber peut aider à « combler le vide laissé par la réduction de l’offre de soutien et d’accompagnement précédemment offerte par le secteur caritatif durement touché par la crise du Covid-19 ».

Chaque composante de ce projet ambitieux s’appuie sur les ressources et les compétences du Barber en tant que musée public et sur sa relation très étroite avec l’université Russell Group, établissement d’enseignement supérieur qui forme des milliers d’étudiants en médecine chaque année. Les étudiants du College of Medical and Dental Sciences de l’Université de Birmingham contribueront aussi à tous les différents volets des projets Barber Health par le biais de stages et de volontariat.

Barber Health s’appuie également sur des travaux et les collaboration de l’institut avec l’université qui « ont déjà démontré l’énorme potentiel du musée au cœur du campus universitaire ». Et grâce au soutien financier de l’Art Fund, le musée peut capitaliser sur ce potentiel « d’une manière qui n’aurait tout simplement pas pu être imaginée il y a encore un an ».

Le professeur David Adams, vice-chancelier et directeur du Collège des sciences médicales et dentaires de l’Université de Birmingham, a déclaré: « Placer la santé et le bien-être au centre du programme d’engagement du Barber avec Barber Health est une initiative révolutionnaire, mais opportune et si pertinente. La nomination de Jane Nicol en tant qu’infirmière en résidence améliorera sans aucun doute le programme grâce à sa connaissance du sujet et à sa vaste expérience, tout en ouvrant la porte à de futurs partenariats passionnants entre le Barber en tant que galerie d’art de classe mondiale et les professionnels de la santé et des soins. »

Sarah Philp, directrice du programme, Art Fund, a déclaré: « Cette année, nous avons été témoins de l’extraordinaire détermination des musées à innover afin de survivre au Covid-19 et de continuer à servir leurs communautés locales, tout en comprenant mieux que jamais le rôle vital que jouent l’art et la culture dans le soutien de notre santé et de notre bien-être en tant de confinement. Nous avons été extrêmement inspirés par le projet si innovant du Barber Institute of Fine Arts. Chez Art Fund, nous continuons d’aider les musées pendant cette période catastrophique, mais nous n’avons pu aider qu’une fraction de ceux qui en ont besoin. Nous demandons à tout le monde de se joindre à notre campagne Ensemble pour les musées, pour nous aider à financer davantage de projets novateurs comme celui-ci, en aidant les musées au moment où ils en ont le plus besoin ».

  • Recrutement d’un responsable du programme et un nouveau festival étudiants dédié au bien-être

Pour mener à bien ce programme ambitieux, le Barber Institute recrute un coordinateur « santé »: un nouveau poste « qui jouera un rôle clé dans le programme qui place les arts, la santé et le bien-être au centre de tout ce que nous faisons ». Les candidats peuvent postuler jusqu’au 7 février 2021.

Par ailleurs, du 25 au 29 janvier 2021, le Barber Institute accueille un nouveau festival créé avec et pour les étudiants de l’Université de Birmingham. La première édition du Barber’s UoBe Festival sera centrée sur le bien-être, la relaxation et la contemplation.

Parmi les évènements programmés:

. « Yin Yoga », le lundi 25 janvier, 17h – 18h30, via Zoom, gratuit sur inscription. Soirée de yin yoga inspirée par l’art, avec des exercices inspirés par les peintures de la collection du Barber.

. « Dessiner dans le noir », le mercredi 27 janvier, 17h – 18h30, via Zoom, gratuit sur inscription. Artiste et coordinatrice de l’engagement étudiant, Kirsty Clarke propose un atelier de dessin « dans l’obscurité » inspiré par la lithographie de Picasso « Jacqueline in Profile ». « Fermez les yeux, respirez et rejoignez Kirsty pour un atelier de dessin relaxant et introspectif, demandant comment nous pouvons utiliser l’obscurité pour explorer le moi invisible. Nous étudierons comment la ligne dessinée peut refléter notre physicalité, notre tempo, nos rythmes et nos stress. Cet atelier apaisant offrira un espace de pleine conscience, de réflexion et de détente ».

Une visite guidée du Barber Institute

Les autres innovations du musée

Le projet Health du Barber Institute n’est pas le seul projet innovant du musée de Birmingham.

Pendant le confinement, le musée a proposé des séries de contenus podcast hebdomadaires autour des oeuvres (« Tuesday Talks »), des lectures de poèmes inspirés par ses œuvres sur Zoom, des ateliers d’écriture ou de dessin via Zoom, des cahiers d’activités en famille à télécharger (sur les thèmes « art et nature » ou « LGBT« ), des concerts virtuels,

Le CLIC France aime également ses initiatives autour de la musique.

En mars 2020, le musée a accueilli un événement musical, « Nocturnes: Ethereal Science / Constructing Beauty », dans le cadre d’une exposition temporaire. L’institution a commandé à l’ensemble Infinite Opera une réponse à la sculpture constructiviste récemment acquise, Linear Construction in Space No. 1 (1942 – 43), de l’artiste russe Naum Gabo. La création musicale a été présentée lors d’une « belle soirée au cours de laquelle nous avons célébré la musique et l’art dans les galeries ».

. Le Barber commande régulièrement à des musiciens des créations musicales originales inspirées par les œuvres de sa collection qui sont interprétées in-situ lors de soirées spéciales « Sounds of Nocturnes ». « Là où l’art, la musique contemporaine et la performance se rencontrent … les soirées Barber’s Nocturnes sont un aspect révolutionnaire, stimulant et agréable de notre programme Lates ». 3 créations musicales sont disponibles sur la page dédiée du site du musée.

. En 2013, le musée avait également commandé 3 créations musicales électroacoustiques inspirées de 3 œuvres de sa collection sur le thème des animaux. « Trois des peintures les plus appréciées du Barber Institute – comme vous ne les avez jamais entendues auparavant! Dans cette installation sonore passionnante, en collaboration avec le Département de musique de l’Université, trois compositeurs de troisième cycle ont été chargés de créer de nouvelles pièces électroacoustiques courtes, inspirées de 3 tableaux: « Paysage marin »de Daubigny, « Jeune femme assise » de Renoir et  » le goût des larmes » de Magritte. Visions soniques offre l’opportunité de revivre ces images, accompagnées des œuvres sonores très différentes qu’elles ont inspirées, diffusées en son surround 8 canaux. L’objectif de BEAST est d’apporter une expérience sonore dramatique et immersive à son public – l’espace, le mouvement et l’évocation du lieu sont des aspects clés de son approche, qui figurent tous dans ces nouvelles œuvres passionnantes ».

Au sujet du Barber Institute of Fine Arts

Le Barber Institute of Fine Arts est la galerie d’art, la principale collection d’art et la salle de concert originale de l’Université de Birmingham. Il a été fondé en 1932 « pour l’étude et l’encouragement de l’art et de la musique » par Lady Barber, qui prévoyait l’acquisition d’œuvres « du niveau de qualité exigé par la National Gallery et le Wallace Collection ». Installé dans le bâtiment Art déco le plus important de Birmingham, le Barber Institute abrite une collection nationale acquise et détenue par le Henry Barber Trust, qui comprend aujourd’hui quelque 160 peintures, de la Renaissance à la fin du XXe siècle, plus de 800 œuvres sur papier, ainsi que de la sculpture, des arts décoratifs et l’une des plus importantes collections de monnaies romaines, byzantines et médiévales dans le monde. La collection comprend des œuvres clés de Botticelli, Bellini, Rubens, Gainsborough, Reynolds, Turner, Whistler, Rossetti, Monet, Manet, Degas, Renoir, Rodin, Gauguin, Van Gogh, Bellows, Magritte et Auerbach. www.barber.org.uk, sur Twitter @BarberInstitute, Instagram @barberinstitute et Facebook The Barber Institute of Fine Arts.

Au sujet de l’Art Fund

L’Art Fund est l’organisme britannique de bienfaisance national et de collecte de fonds pour l’art. Il apporte des millions de livres chaque année pour aider les musées à acquérir et partager des œuvres d’art à travers le Royaume-Uni, favoriser le développement professionnel de leurs conservateurs et inspirer plus de personnes à visiter et à profiter de leurs programmes publics.

En réponse au Covid-19, l’Art Fund a alloué 2 millions de livres sterling en financement spécial pour soutenir les musées pendant la réouverture et au-delà, incluant les subventions « Respond and Reimagine » qui répondent aux besoins immédiats et réinventer les futures méthodes de travail et expériences visiteurs au sein des musées britanniques.

Art Fund est financé de manière indépendante, soutenu par les 159 000 membres qui achètent le National Art Pass. Art Fund soutient également les musées à travers son prix annuel, Art Fund Museum of the Year. Dans une édition unique du prix 2020, Art Fund a répondu « aux défis sans précédent auxquels tous les musées sont confrontés » en sélectionnant cinq lauréats et en augmentant le prix en argent à 200 000 £. Les gagnants étaient Aberdeen Art Gallery; Gairloch Museum; Science Museum; South London
Gallery; and Towner Eastbourne. www.artfund.org

SOURCES: Barber Institute of Fine Arts, Art Fund

PHOTOS: Barber Institute of Fine Arts

PHOTO carousel: Jane Nicol dirige un atelier avec des étudiants en sciences infirmières à la Red Gallery

Date de première publication: 26/01/2021

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