Cédric Levret (Furet Company): « Les premiers résultats de nos jeux sont extrêmement encourageants, avec plus de 160 000 chargements »

Cédric Levet, co-fondateur de Furet Company explique les métiers et décrit les réalisations de la société dans le secteur des applications mobiles ludiques. Il revient plus en détail sur les résultats estivaux du parcours à la Corderie Royale.

Quand et comment est née la société Furet Company ?

Furet Company a été créé en Avril 2010 au terme de 2 ans de maturation sur le jeu de terrain sur Smartphone (visite ludique et interactive, enquête, jeu de rôle, jeu de piste, chasse au trésor …) par des amoureux du jeux, du patrimoine et des nouvelles technologies. Notre première version est sortie en mai 2010. Nous innovions tant sur la technologie que sur les usages. Aujourd’hui, nous continuons dans cette démarche : trouver les mécanismes ludiques incitant le joueur à lever le nez et observer ce qui l’entoure. Une approche de mise en scène ludique qui s’adapte à tous les patrimoines, avec un leitmotiv « Allez jouer dehors ! ».

De quel univers sont issus les fondateurs ?

A la création de la société, nous sommes 3 ingénieurs : Cédric, Jean-Philippe et Nabil. Parmi les trois, deux copains de promo de l’école Centrale, et un ingénieur Supelec. Nous avions des parcours assez différents (informatique, télécommunications, stratégie), qui nous ont permis d’avoir un bon socle de compétence pour assurer le démarrage.

Nos clients maitrisent leur patrimoine, nous concentrons donc notre expertise sur le ludique et la technique.

Une équipe de combien de collaborateurs ? quels profils ?

Gaël nous a rejoints depuis un an et apporte à l’équipe du Furet une précieuse touche de féminité, de commercial et de marketing. Nous cherchons actuellement de nouveaux collaborateurs en particulier sur la gestion de projets.

Mais Furet Company c’est également de nombreux partenaires pour la création des scénarii de jeux, les graphismes, les voix… Chaque partenaire a son propre style, ce qui nous permet de proposer un large catalogue de tons et de typologies de visites et de jeux, en fonction du patrimoine à mettre en valeur (musée, château, monastère, ville, nature …).

Comment est née l’idée de créer des pistes aux trésors numériques consacrées au patrimoine et aux territoires ?

Nous avons découvert le jeu de terrain en autodidactes, par le fruit du hasard, lors d’un hiver sans neige, alors que nous avions organisé des vacances à la montagne avec des amis. Il nous fallait une activité pour occuper tout le monde. Nous sommes donc parti dans les bois à proximité, écrivant des chiffres derrières les arbres. Nous avions crée notre premier jeu de piste. L’activité a beaucoup plu, nous en avons donc organisé régulièrement, notamment en ville. L’imbrication avec le patrimoine est alors évidente. En fin de jeu les joueurs sont excités par les découvertes qu’ils ont faites, dans des villes qu’ils pensaient connaître « comme leurs poches ». Le jeu permet de mettre le doigt sur le détail. Avec la sortie des iPhones, l’idée d’une application Smartphone de jeux de terrains nous permettait de combiner passion et compétences professionnelles (le jeu de terrain, le patrimoine, l’informatique et les télécoms).

Quelle a été votre première référence dans le monde culturel (client, année)? Quels sont aujourd’hui vos principales réalisations dans le secteur culturel ?

Nous avons travaillé dès 2010 avec la RATP pour les Journées Européennes du Patrimoines, avec un jeu appelé « Les mystères du métro ». Le joueur était invité à parcourir différentes stations et à y découvrir les éléments du patrimoine de la RATP : son histoire, son architecture, ses artistes, son actualité,…).

Notre solution héberge aujourd’hui 80 jeux environs, disponibles sur plusieurs applications, iOS et Android.

Tous nos jeux ont une composante culturelle. On notera par exemple:

• « Montmartre jeu de piste », un jeu culturel à la découverte des secrets de Montmartre, par « Muses et Musées »,
• « L’or des Alchimistes », enquête dans un Paris alchimique, par « Minuit Moins Dix », et « Paris’ Angels » sa déclinaison pour les Drôles de Dames en enterrement de vie de jeune fille,
• « Les Fantômes du quartier latin », pour une lecture du quartier latin à la mode Da Vinci Code, par « Ma Langue au Chat », suivi l’année suivante du « Marchand de songes », à Paris comme dans un rêve, le jeu de la chasse au trésor de la mairie de Paris,
• « Mystère au Parc de la tête d’or », une enquête parmi les esprits des arbres, par « Les colporteurs ».
• « Ombres sur Versailles », un jeu de rôle commandé par le château de Versailles, écrit par Ma Langue au Chat,
• « Complot à la Corderie », le dernier de nos jeux et le plus poussé. Une enquête contre un complot Anglais, pour et par la Corderie Royale de Rochefort. Un jeu réalisé avec le soutien du ministère de la culture et de la communication dans le cadre de l’appel à projet numérique culturel innovant.
• Mais également : l’Hérault, Issy les Moulineaux, Saint Ouen, Brest, Perpignan, Saint Raphael, le Parc EANA, les Sources du Lac d’Annecy-Pays de Faverges,
• Sans oublier l’application BaladEnigm pour la société Vérazane qui propose de nombreuses aventures à mener avec l’infatigable Bérald.

Pouvez-vous nous présenter plus en détails l’application Paris (l’or des Alchimistes, par Minuit Moins Dix), Château de Versailles (Ombre sur Versailles, par Ma Langue au Chat) et Corderie Royale ?

. « L’Or des Alchimistes » est l’un de nos premiers jeux. Grâce à une scénarisation très avancée et une grande variété d’énigmes proposées, il reste encore aujourd’hui, une référence. Le joueur rejoint le Département des Affaires Extraordinaires (le fameux DAE), pour résoudre une incroyable énigme parisienne, et aider Nicolas Flamel à retrouver les fragments de la pierre philosophale disséminés dans la ville. Il devra se rendre dans 7 lieux distincts et y résoudre plusieurs énigmes pour collecter des indices (photo superposable à la réalité, parchemin déchiré, calque à positionner sur un plan…). Les énigmes sont multimédia et font appel au talent d’observation du joueur. C’est un jeu pour jeunes adultes dans un univers fort. Ce jeu est payant (1,59€).

. « Ombres sur Versailles » est à la fois une enquête et un jeu de rôle. Une menace bien mystérieuse risque de troubler l’harmonie de la demeure du Roi Soleil. Il faudra comprendre ces harmonies et combattre le mal dans une aventure qui conduit le joueur dans le château et ses jardins. Ce jeu vise une appropriation des lieux par le regard. Il propose également une mise en situation du joueur lors de scènes de jeu de rôle avec des personnages d’époque. L’intrigue est élaborée et nécessite des connaissances d’adulte. Ainsi les familles utiliseront les compétences de chacun pour gagner ensemble. Le jeu est gratuit mais l’entrée au château est payante.

. « Complot à la Corderie » pour et par la Corderie Royale de Rochefort, est une aventure du héros de bande dessinée « L’Epervier », un corsaire de l’époque de Louis XIV. Le visiteur est invité à aider l’Epervier à déjouer un complot anglais visant le sabotage des navires. Pour une meilleure idée du jeu, vous pouvez voir le teaser sur le lien YouTube. Ce jeu d’une durée d’1h30 se déroule en nocturne de 19h à 21h. Le site est alors « privatisé » pour les joueurs. De nouveaux mécanismes ludiques ont été mis en œuvre. Ainsi le joueur doit rechercher des sabotages, identifier des pièces des personnages, reconstituer des cartes (puzzle). Il doit collecter les indices et les armes pour identifier le coupable et mener le combat final. Ce jeu s’est avéré très efficace sur un public famille. Le jeu est gratuit, mais l’accès au site est payant (11€ par personne).

Les 3 jeux mentionnés ci-dessus sont très fortement scénarisés. Ce n’est pas le cas de tous nos jeux. Certains prennent simplement la forme de visites ludiques et culturelles.

Nos jeux ont tous un but éducatif. Outre les notions découvertes par les questions posées, les 3 jeux mentionnés ci-dessus incluent des fiches culturelles pour en savoir plus (fiches navires, nœuds, symboles alchimiques, points d’harmonie du Château de Versailles…).

Pour finir il est important de noter que tous nos parcours sont embarqués dans le Smartphone, c’est à dire qu’ils sont chargés intégralement en début de jeu et qu’ils ne nécessitent aucune connexion réseau lors de l’exécution. Ce point est fondamental car il permet de s’affranchir des problèmes de connexion réseau, des lenteurs de communications, du roaming pour la clientèle étrangère, et offre un confort de jeu bien supérieur. Pour le jeu, nous déconseillons les approches connectées de type QR code qui ralentissent l’expérience de jeu. Pour ne pas perdre de joueur il faut garantir de la fluidité dans le déroulement du jeu.

Quels sont les premiers résultats des deux applications Versailles et Corderie Royale ? 

Les premiers résultats de chargements sont extrêmement encourageants, avec plus de 160 000 chargements de notre application. Le jeu du Château de Versailles a été chargé près de 15 000 fois sans communication de la part du ChâteauLe jeu de la Corderie Royale attire plus de 100 visiteurs en moyenne par soir avec des pointes à plus de 170 personnes. En outre, les commentaires sur les stores sont très positifs, avec 4,5 étoiles (sur 5). Le reproche le plus courant étant que nos jeux ne couvrent pas tout le territoire, comme un encouragement supplémentaire à poursuivre nos efforts.

Quel est le modèle économique de vos applications ? qui paie quoi ? idée de budget de développement ?

Le prix de notre solution est variable en fonction des mécanismes ludiques que l’on souhaite mettre en œuvre et de la complexité des logiques de jeu. Il est possible de mettre en ligne un jeu à partir de 2 300€ HT. Pour diminuer ce coût, les approches de partage de revenu peuvent être envisagées au cas par cas.

Peut-on imaginer des prolongements commerciaux (bons de réduction …) ?

Oui. Notre solution permet nativement d’offrir des bons de réduction, participation à des jeux concours… On peut également inclure dans le jeu, le passage chez un partenaire (exemple aller chercher un indice dans la librairie du site).

Quels sont les délais de développement ?

Nous recommandons de compter un délai de 4 mois pour la mise en ligne d’un jeu incluant la création d’un scénario. On peut être plus rapide, mais cela dépend des cycles de validation des institutions.

L’institution peut-elle actualiser ses contenus elle-même ?

Oui. Nous mettons à la disposition de l’institution un back office (CMS) permettant d’actualisation des contenus (une épreuve est jugée trop dure, un tableau n’est plus exposé, une salle est fermée…).

Travaillez-vous sur tous les os ? Quelle est la part de téléchargement IOS/android sur les applications déjà lancées ?

Notre solution est aujourd’hui disponible sur iOS et Android. Nous l’avons également rendu disponible sur un appareil photo, ce qui ouvre des perspectives intéressantes en terme de rallye photo. En terme de statistiques, les proportions de chargements varient nettement d’un site à l’autre. Sur le Château de Versailles, iOS représente 90% des chargements. Sur d’autres sites, ce pourcentage baisse à 60 ou 70%.

Vous pouvez encore améliorer votre offre ?

Oui bien sur en permanence. Par exemple, le puzzle coulissant et l’image cliquable font à présent partie de notre boite à outil, tout comme la vidéo 100% embarquée et le cap à suivre en temps réel. Vous pourrez découvrir ces mécanismes et la multitude de déclinaisons qu’ils offrent le 2 octobre (Forum Culture & Innovation(s)) et le 9 octobre (voir ci dessous) !

Pouvez vous nous parler de vos projets ?

Le Furet passe la frontière belge avec une nouvelle enquête, « le fantôme de Dinant ». A Poitiers, on peut désormais rejoindre Philippe Marlowe pour enquêter sur les portées disparues de la ville. Aux Sources du lac d’Annecy – Pays de Faverges, 6 nouveaux jeux sont proposés pour des parcours empreints de contes et de légendes.

Pour les sorties imminentes, nous travaillons actuellement à la préparation d’une 20aine de jeux dans la région de Grasse, la réalisation d’un jeu de valorisation des abords de l’Arve (une rivière allant de Chamonix à Genève), un jeu événementiel pour une foire à Genève (Automnales de Genève Palexpo Suisse) . Un nouveau jeu de piste sur la thématique de l’architecture à Saint-Ouen surprendra plus d’un joueur. Très prochainement découvrez également, une chasse au trésor dans la ville de Sète et un parcours multimédia en application spécifique pour Saint-Raphaël.

Avez-vous un lieu culturel en France pour lequel vous aimeriez créer un parcours ?

En passionnés des jeux et du patrimoine, nous voudrions mettre en scène tous les châteaux, musées, monastères, églises, et autres monuments de France. Tous ces lieux qui ont des histoires à raconter, de légendes à faire vivre, des personnages à ressusciter, des œuvres à mettre en musique. Nous plaidons pour une valorisation dynamique et accessible de tous les patrimoines via une mise en scène ludique pour ré-enchanter cette immense richesse française.

Avis aux curieux, le Furet organise une grande WEB DEMO le mardi 9 octobre 2012. On se dévoile et vous dit tout : nos nouvelles fonctionnalités ludiques, notre console web, et comment créer votre jeu sur smartphone. Envoyez-nous un mail pour vous inscrire à gael.leray@furetcompany.com.

Furet Company INFOS PRATIQUES

Date de création de la société : 27 Avril 2012
Nombre de collaborateurs : 4
Activités principales : Visites ludiques sur Smartphones.
Références principales (culture et patrimoine) : Château de Versailles, Corderie Royale, Parc EANA, Brest, Perpignan, Saint Raphaël, Issy-les-Moulineaux, Sète, Sources du Lac d’Annecy – Pays de Faverges, Palexpo, Grasse, l’Hérault, la RATP.
Site web
Page facebook
Twitter : furet_company

Adresse : 24 avenue du Général Leclerc, 92100 Boulogne-Billancourt

Contact mail : contact@furetcompany.com
Contact téléphone : 06 67 53 87 23

Interview réalisée le 15/09/12

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