Clunypedia, l’encyclopedie virtuelle qui fait revivre 1 200 sites clunisiens

L’abbaye de Cluny, en Saône-et-Loire, fut le centre d’une communauté qui rayonna dans tout l’Occident. Depuis 2010, la plate-forme numérique Clunypedia recense l’ensemble des 1.200 sites clunisiens européen et ambitionne de les modéliser en 3D.

Clunypedia carte

Bien que cette documentation soit essentiellement destiné à la communauté scientifique, le volet collaboratif de ce site gratuit permet au grand public de découvrir ce  patrimoine, de manière intelligente et ludique, en quelques clics. La réalisation technique de cet ambitieux projet est assurée par une start-up locale, Paztec, fondée par de jeunes diplômés de l’école des Arts et Métiers.

Conçu comme une encyclopédie numérique, le projet Clunypedia va s’étendre sur 10 ans. Le site centralisera toutes les informations scientifiques sur le sujet avec pour objectif «de faire connaître et de mieux comprendre le rôle joué par Cluny et les sites clunisiens dans notre histoire. Il s’agit d’aider à la préservation et à la promotion du patrimoine clunisien matériel et immatériel qui en témoigne. Il s’agit de faire de Clunypedia un media intelligent pour renforcer une certaine identité culturelle européenne.»

Chaque semaine, un des 76 chapiteaux du cloître reconstitué en 3D est dévoilé sur Clunypedia.

L’abbaye de Cluny, qui connut son apogée au 12e siècle, a essaimé en France et dans toute l’Europe, en Allemagne, en Italie, Pologne, en Suisse, en Ecosse… Tous ces sites sont concernés par le projet.

«Cluny a beaucoup été étudié pour ses monuments historiques mais des pans entiers restent méconnus, en particulier la configuration exacte du réseau clunisien» explique Christophe Voros, directeur de la Fédération européenne des sites clunisiens. «C’est la cohérence et l’ampleur de cet « empire » que le site Internet doit mettre en évidence».

Combiner patrimoine religieux et technologies numériques

Clunypedia oeuvre

Ce travail de restitution est né d’une réflexion partagée entre les responsables de la Fédération Européenne des Sites clunisiens et les ingénieurs de la société Paztec, spécialisés dans la modélisation et les applications mobiles, et persuadés que les sites clunisiens sont un enjeu à la hauteur des technologies de pointe.

Ce travail numérique combine plusieurs techniques : des drones pour les vues d’ensemble, le scan par faisceau laser qui effectue des mesures ultra-précises à 360° pour restituer les volumes et la photogrammétrie, pour plaquer des images photographiques correspondantes sur les modèles 3D.

Ces technologies permettent d’obtenir des vues qu’il serait impossible d’avoir dans la vie réelle. C’est le cas de la crypte de la cathédrale Saint-Benigne à Dijon, dont Paztec a réalisé une modélisation par scan laser. Le chantier a nécessité 10.500 photos, prises pendant dix jours.

«Un traitement logiciel permet d’obtenir un modèle 3D et nous créons à la fin un objet interactif réaliste, avec le rendu des couleurs et des matériaux. C’est la technique qui sera la plus utilisée sur Clunypedia. Elle permet de montrer des objets qui ne sont pas visibles pour le public, ou exposés à l’étranger», explique Guillaume Lemeunier, cofondateur de Paztec.

Christophe Voros, lui, estime même que l’imagerie 3D permettra aux chercheurs de mieux comprendre les sites. Clunypedia devrait même fournir de véritables outils de travail en ligne pour comparer, mesurer des objets. Le site web pourrait même héberger des numérisations des chantiers de fouilles. Le site s’enrichira tout au long de l’année de nouvelles informations (dessins et vidéos, détails d’architecture, etc.) et fonctionnalités.

En 2013, trois sites ont été modélisés en 3D : la crypte Sainte-Bénigne à Dijon, le prieuré de La Charité-sur-Loire (Nièvre), où un drone a été utilisé, et le cloître de l’abbaye Saint-Pierre de Moissac (Tarn-et-Garonne).

Clunypedia cloitre

Pour cette dernière, « le monument impose un gros travail de médiation car l’abbaye n’existe plus et le cloître actuel du XVIIIe siècle n’est pas celui que l’on attend », résume François-Xavier Verger, administrateur du site. Sa mise en ligne a nécessité la prise de 10 500 photos.

01-Moissac – Chapiteau à décor végétal from Clunypedia on Vimeo.

cluny app iphone_hand

Par ailleurs, une carte interactive localise 160 des 1 200 sites du réseau clunisien. Chacun dispose d’un descriptif, d’une vue aérienne, et, à terme, de plans et de modélisations 3D manipulables avec la souris, comme actuellement pour le prieuré de Castle Acre, en Angleterre, l’abbaye de Paisley en Ecosse ou l’abbaye de Cluny elle-même.

Une application mobile, Clunyvision, a également été élaborée pour les Smartphones et les tablettes tactiles et lancée en 2011. Téléchargeable gratuitement sur l’AppStore et Google Play, elle donne accès aux  meilleures connaissances du moment sur le patrimoine clunisien. Grâce à elle la cité-abbaye de Cluny peut déjà être visitée virtuellement. Pour Claire Matrat, guide touristique dans la cité bourguignonne, il s’agit-là « d’un formidable outil de médiation qui participe à conquérir un public plus jeune qui resterait sans doute plus insensible au charme des vieilles pierres ! ».

Le projet Clunypedia dispose également d’un blog

L’Abbaye de Cluny avait déjà fait l’objet d’expérimentations numériques, et notamment des bornes permettant de reconstituer le bâtiment par la réalité augmentée. Site web du projet Cluny Numérique

SOURCES: Clunypedia, sciencesetavenir.fr, narthex.fr

Date de première publication: 17/06/2014

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