Th. Denis du Péage et A. Choy (Covoiture-Art): « Nous lançons une API pour intégrer Covoiture-Art aux sites internet des lieux culturels »

Alors qu’elle fête les deux années d’existence de sa plateforme internet, la start-up Covoiture-Art a annoncé le mardi 13 septembre 2016 le lancement de son API destinée aux institutions culturelles. Ce dispositif payant permettra aux lieux de culture partenaires de mieux connaître les covoitureurs utilisant la solution pour venir effectuer leur visite. Le CLIC France a interrogé les créateurs de la start-up sur le bilan des deux années de vie de la plateforme, le lancement de l’API et leurs nouveaux projets.

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours professionnel ? 

Nous sommes Thibault et Adalaïs, les cofondateurs de Covoiture-Art.

Thibault a fait un parcours à Sciences Po puis en Droit Public avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, c’est sa première création d’entreprise. Très investi dans le milieu patronal, il est mandataire pour la CGPME et également intervenant à SKEMA Business School.

Adalaïs est quant à elle une ancienne étudiante de l’ICART et maintenant à l’École du Louvre en deuxième année. Elle est étudiante-entrepreneur et est très investie dans la junior entreprise de son école.

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Quel est le concept de Covoiture-Art ?

L’idée a depuis toujours été de rapprocher les lieux d’expression culturelle, quelle que soit leur forme, des personnes qui s’en trouvent géographiquement éloignés. Ainsi, il est apparu très rapidement que certains lieux pouvaient bénéficier d’un covoiturage original, 100% culturel et profondément affinitaire, pour permettre aux gens de partager plus qu’un voyage, une expérience de vie !

De nombreux partenaires nous ont rejoints pour lancer cette aventure (on citera notamment Vaux-le-Vicomte, le Château de Courances, le Centre des Monuments Nationaux ou encore le Château de Condé) et aujourd’hui, ils forment un maillage territorial conséquent, qui nous permet de faire ressortir les plus belles pépites de nos territoires.

En offrant des réductions, ou des avantages, à ceux qui profitent du covoiturage culturel pour se déplacer, ils mettent en avant un mode de transport convivial, novateur et chez Covoiture-Art, très intergénérationnel.

Notre site fonctionne comme n’importe quel site de covoiturage à quelques exceptions près : on covoiture uniquement vers la culture, on paye une commission fixe de 1,90€ (nous sommes le seul site à fonctionner comme cela) et nous permettons à nos clients d’économiser sur de multiples aspects de leur voyage.

Comment avez-vous eu l’idée de cette plateforme ? Pourquoi ?

On a souvent une idée en testant l’existant. On ne fait pas de pub pour nos concurrents, mais il faut rappeler d’où l’on vient et comment de nombreux acteurs ont su créer et transformer le marché. Cependant, il apparaissait une problématique d’accessibilité spécifique et nous avons voulu construire une solution autour de ce besoin.

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Thibault a eu l’idée le premier et travaillait dessus depuis janvier 2013. Puis, en septembre de la même année, dans un covoiturage, il a rencontré Adalaïs, et c’est ainsi qu’ils ont décidé d’unir leurs efforts pour faire aboutir le projet. L’entreprise est née en janvier 2014 et le site a été lancé dans la foulée, en juin de la même année.

Vous avez noué des partenariats avec de nombreux sites culturels. De quelle nature sont ces partenariats ?

Nous en avons déjà parlé, mais on ne le dit jamais assez : un immense merci à la centaine de partenaires Covoiture-Art. Ils ont donné leur confiance et associé leur image à notre aventure, nous permettant d’améliorer complètement nos process au fur et à mesure de l’aventure.

Grâce à des partenariats d’échange de visibilité, donnant régulièrement lieu à des avantages tarifaires exclusifs pour nos clients, ils ont mis en avant la mobilité durable comme un moyen d’accès pérenne et surtout permis l’éclosion d’une jeune start-up qui avait besoin de soutiens solides.

Avez-vous des retours de la part d’institutions culturelles sur des visiteurs venus grâce à Covoiture-Art ?

On en a eu énormément bien entendu et chacun relève l’originalité de la démarche. Nous aurions aimé faire beaucoup plus, mais chacun est conscient que nous travaillons pour l’avenir et nous remercions les institutions culturelles pour leur bienveillance. Quatre mots reviennent sans cesse : original, jeune, dynamique et vraiment sympa !

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Quel est le modèle économique de Covoiture-Art ?

Business to clients (B2C) aujourd’hui. Nous nous sommes d’abord intéressés à ceux qui utilisaient le covoiturage, mais notre réseau de partenaires nous permet une belle visibilité sur notre nouveau produit.

Depuis le mois de juin nous évoluons vers le Business to Business (B2B) pour gagner en structuration et en rentabilité. Nous y sommes invités par les institutions qui nous soutiennent. Cependant, il nous faut rester très clair sur notre finalité : le voyage doit surtout créer une expérience unique du lieu culturel à découvrir.

Pourquoi avez-vous choisi ce tarif fixe de 1,90€ par réservation de trajet ?

Même s’il est appelé à disparaître au 31 décembre, ce fonctionnement apporte une grande innovation dans le système du covoiturage. Le coût fixe permettait une grande transparence pour nos clients qui savent exactement ce qu’ils payent. Par ailleurs, c’est le prix d’un ticket de métro à l’unité ce qui associait Covoiture-Art à une expérience unique, et ce pour le prix d’un ticket de métro !

Deux ans après le lancement, quel est le bilan chiffré ? 

Covoiture-Art réunit plus d’un millier de covoitureurs, répartis sur l’ensemble de l’hexagone. Plus de 1 500 destinations sont proposées à la découverte et l’on retrouve plus d’une centaine de destinations partenaires. 300 trajets ont été réalisés, mais le potentiel est bien plus important du fait d’un manque de voitures sur la plateforme actuelle.

En rationalisant l’approche et en permettant de cibler nos clients lieu par lieu via l’API, nous allons pouvoir résoudre ce problème de deux façons : d’abord en mettant en place un agenda clair de la volonté de déplacement de chaque client, mais surtout en permettant au lieu de bénéficier de tout un réseau d’influenceurs qui renverra à la solution que le lieu culturel aura en marque blanche sur son site.

Par ailleurs, celui-ci sera conçu à partir des problématiques rencontrées par le lieu (accès, tarifs…), ce qui permettra à terme de favoriser le covoiturage vers le lieu.

Vous avez annoncé le 13 septembre le lancement d’une API de covoiturage : quel est son fonctionnement ?

L’idée est d’en finir avec la triangulation et de construire un système plus performant. Aujourd’hui, via notre site Covoiture-Art.com, nous récupérons énormément de clients, mais pour être plus efficace, il faut revenir à la source de notre travail, c’est-à-dire le lieu culturel, là où naît l’envie de la découverte.

C’est pour cela que nous avons travaillé sur une autre forme d’outil : une API (Interface de Programmation Applicative) regroupant l’ensemble des fonctionnalités de Covoiture-Art, mais installée directement sur le site internet du lieu culturel.

Cette nouveauté permettra plusieurs innovations : dans un premier temps, tout se passera sur le site internet du lieu culturel qui bénéficiera donc de sa propre solution de covoiturage, sans pour autant devoir la gérer puisque les équipes de Covoiture-Art s’occupent de tout.

Cependant, grâce à un back-office dédié, le lieu culturel a la capacité de récupérer beaucoup de data, permettant de cartographier le public se rendant sur son site internet. L’aspect covoiturage reste à destination des lieux culturels, mais le système d’alerte, de mise en relation est plus puissant parce que dédié aux visiteurs-internautes de chaque destination culturelle.

Le covoiturage devient « gratuit » pour ceux qui l’utilisent : plus de commission, subsistent seulement les frais bancaires (0,30€) et le prix du covoiturage annexé à des paramètres comme le prix de l’essence, l’usure et le type de véhicule ou encore le parking.

L’intérêt est aussi pour le lieu culturel de bénéficier d’une solution pour développer autour de celle-ci une nouvelle façon de fonctionner et sur lequel nous avons un rôle de conseil : avantages à mettre en place, rationalisation du parking, faciliter d’accès au lieu …

Cette API répond-elle à une demande de vos partenaires ? Ou bien est-ce un développement prévu pour Covoiture-Art ? 

Ce produit est le fruit d’une collaboration intense de deux mois avec les équipes de l’accélérateur The Bridge à Avignon, labellisé French Tech Culture et qui a permis, en lien avec la Kedge Business School, de mettre en avant une solution concrète à la problématique de nos clients. La solution initiale n’était pas optimale mais répondait à un besoin.

Quand ça ne fonctionne pas, il faut repartir du problème posé initialement pour y répondre avec une nouvelle méthode. Et une solution existe toujours : la preuve, les premières pré-commandes sont actées, avec le Château de Chambord, le Musée de la Grande Chartreuse ou encore l’Union Régionale des Associations Culturelles et Éducatives des Hauts-de-France.

Quelle sera la marge de contrôle de l’institution sur le module de covoiturage sur son site internet ?

Comme nous vous le disions, l’institution a son propre accès en back-office et peut accéder aux données des utilisateurs, hormis celles qui sont protégées : coordonnées bancaires et adresses de facturation. Le lieu culturel sait exactement ce qui se passe en temps réel et peut s’organiser en fonction des réservations et des arrivées des visiteurs.

C’est une solution de mobilité en temps réel entièrement gérée par les équipes de Covoiture-Art, et tout spécialement sur la question des transactions qui sont, elles-aussi, entièrement gérées par Covoiture-Art pour simplifier au maximum l’appréciation de son outil par l’institution culturelle.

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Comment avez-vous financé ce projet ? 

Nous avons eu la chance au départ de bénéficier de fonds propres correspondant à un tiers de nos besoins. À partir de ce moment-là, grâce au soutien d’organisme comme la BGE, nous avons pu bénéficier de soutiens économiques locaux sur des prêts d’honneur à 0%, mais aussi du soutien indéfectible de notre banque, la Banque Populaire.

Aujourd’hui, à l’aube de notre 2.0, un nouvel organisme bancaire vient se joindre à la table des prêteurs, le Crédit Agricole, et des «  business angels  » ont fait part de leur envie de monter à bord.

On poursuit notre appel à lever des fonds : 200 000 euros sont nécessaires pour nous financer d’ici la fin de l’année, et si nous voulons étoffer notre équipe, c’est 1 million d’euros qu’il nous faudra pour l’année prochaine. D’après la courbe programmatique des ventes, travaillée avec des experts du monde de la culture et de la finance, nous devrions être à l’équilibre sous deux ans.

Vos futurs clients API doivent régler un coût fixe de 1 500€ HT : comment avez vous  déterminé ce tarif ?

Ce prix est calculé par rapport à la configuration de l’API. En effet, nous la personnalisons pour chacun de nos clients et développons pour eux une solution sur mesure. Par la suite, chaque client en fonction de son nombre de visiteurs, paye une mensualité pour permettre la gestion de cet outil par les équipes de Covoiture-Art (100, 250 ou 500 euros par mois).

Quelle est la démarche pour un lieu culturel qui souhaiterait apparaître sur le site de Covoiture-Art ? Ou qui souhaiterait profiter de l’API ?

Jusqu’à la fin de l’année nous continuerons à créer des partenariats dans le cadre de l’offre actuelle de Covoiture-Art, sachant que nous leur ferons par la suite la proposition de rejoindre notre dimension entreprise. On peut nous contacter à contact@covoiture-art.com pour toute demande d’informations.

Par ailleurs, notre cofondateur Thibault se tient à la disposition de toute structure culturelle souhaitant une API via son adresse mail : thibault.ddp@covoiture-art.com.

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Vous avez prévu pour 2017 d’étendre l’offre de Covoiture-Art aux entreprises et aux festivals : pouvez-vous nous en dire plus ?

En plus de l’API, deux autres produits seront lancés.

. Nous travaillons dès aujourd’hui sur une plateforme de covoiturage dédiée aux entreprises. Celle-ci permettra une double-réponse affinitaire à un problème récurrent : le déplacement sur son lieu de travail que nous associons au bien-être au travail.

Nous commercialisons donc à partir d’octobre (pour une livraison à partir de janvier), un système unique au monde, qui permettra à chaque salarié d’une entreprise de bénéficier de sa propre solution de covoiturage entre collègues et d’un « comité d’entreprise » à mobilité intégrée pour faciliter l’accès des salariés à la culture, entre eux, en dehors du temps de l’entreprise.

Nos partenaires culturels bénéficient par région d’une meilleure visibilité via cette solution, ainsi nous continuerons à multiplier les partenariats dans les régions où nos entreprises-clientes sont implantées, et ce dans l’intérêt des salariés. Ces sites internet incluront des fonctionnalités nouvelles comme un système d’alerte permettant de prévenir ses collègues dans un rayon de dix kilomètres en cas de panne le matin.

Par ailleurs, nous inclurons dans cette solution les événements de l’entreprise, permettant à celle-ci de bénéficier d’un outil convivial et gratuit. Nous bénéficions dans ce développement au niveau des Hauts-de-France du soutien de la CGPME et du MEDEF.

. En juin 2017, nous lançons un covoiturage dédié aux événements qui fera l’objet d’une grande campagne de promotion au printemps 2017. Notre objectif est de maintenir un produit d’appel. Nous avons ciblé les cent plus grands événements en France et dans les pays limitrophes (parmi lesquels des salons, des festivals ou encore des évènements sportifs) et mis en place une solution qui impliquera à terme un don au territoire.

Chaque passager paiera dans ce covoiturage une commission de 2€, dont 12% seront reversés au territoire par l’intermédiaire de l’événement, qui choisira une structure publique ou privée mais forcément culturelle, et ce afin d’aider à son développement ou à sa restauration. L’impact positif se joue ici à deux niveaux : l’événement qui s’implique pour le territoire et pour le public qui pourra associer la mobilité au don.

Avez-vous des concurrents en France ou dans le Monde ?

« Copié, mais jamais égalé ! » avait l’habitude de dire Philippe Bouvard. La concurrence est saine parce qu’elle montre qu’une idée a une vraie chance d’aboutir. Un de nos concurrents a jeté l’éponge il y a quelques temps, il faut dire que via notre réseau nous avons pris pas mal d’avance. On surveille tout cela de près et on est toujours heureux de voir que nous faisons des émules.

Avez-vous des projets de développement / d’implantation hors de l’Hexagone ?

Covoiture-Art est déjà présent à l’étranger via de nombreuses destinations en Suisse, Belgique, Allemagne, Espagne et Italie. Des contacts avec ces territoires existent et nous nous fixons pour objectif de parvenir à des partenariats-cadres d’ici 2018.

Mais nous avançons prudemment : faire nos preuves dans la plus grande destination culturelle au monde, ici en France, serait notre meilleur passeport pour réussir hors de nos frontières.

La start-up en quelques chiffres :

 Date de création : 2014

Nombre de salariés : 1

Capital : 11.000€

Actionnaires : 5

Business angel : 2

Forme juridique : SARL/SAS (filiale)

Incubateur : The Bridge, Avignon

Contact : Covoiture-Art.com – 851, Avenue de la République, 59700 Marcq-en-Baroeul

06.87.94.36.32 – thibault.ddp@covoiture-art.com / adalais.choy@covoiture-art.com

Propos recueillis par mail le 12/09/2016

Photos: ©Covoiture-art

Date de première publication: 14/09/2016

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