Culturespaces: après les Baux de Provence, Paris, Jeju et Bordeaux, un espace immersif « Hall of Lumières » bientôt à New York ?

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Alors que jusqu’à treize pour cent des musées du monde pourraient fermer définitivement en raison de la pandémie COVID-19, un musée d’art numérique devrait ouvrir ses portes dans le sud de Manhattan. Le « Hall des Lumières » deviendrait ainsi la 5ème implantation immersive de Culturespaces dans le monde et la première en Amérique du Nord, avant de nouvelles implantations possibles à Dubai et Chicago. Pour poursuivre un tel développement, l’opérateur français doit préalablement mettre fin à une incertitude sur son actionnariat et amortir le choc financier du confinement sur ses implantations existantes. 

Le Hall des Lumières est un nouvel espace d’exposition immersif « dont l’implantation est prévue au rez de chaussée de l’ancien bâtiment de la Banque d’épargne industrielle des émigrants, une tour de 15 étages située au 49-51, rue Chambers à Manhattan, qui, au cours des dernières années, a été convertie en immeuble à appartements de luxe » explique le site ArchDaily.

Ce centre d’art numérique serait donc la première implantation américaine de Culturespaces, après ses 4ers espaces permanents situés aux Baux-de-Provence, en Corée du Sud, à Paris et à Bordeaux et un futur site annoncé à Dubai. (Lire l’article du Clic France: Culturespaces et son partenaire annoncent l’ouverture de l’espace immersif « Infinity des Lumières » à Dubai à la fin 2020)

Un partenariat américain avec IMG

Pour ses débuts américains, la branche expositions numériques de Culturespaces, Culturespaces Digital, travaille avec IMG, le groupe mondial spécialisé dans le sport, le divertissement et les médias. Signe du renforcement d’IMG dans la culture, le groupe a été le producteur de l’exposition itinérante Toutankhamon et est le nouveau partenaire licensing du Van Gogh Museum d’Amsterdam.

A New York, le lieu d’exposition immersive sera installé dans le quartier branché de Tribeca, dans une ancienne salle bancaire de Chambers Street, l’espace le plus grandiose d’un bâtiment des Beaux-Arts conçu par Raymond Almirall et construit de 1909 à 1912, en face du palais de justice de Tweed. Le Hall des Lumières occupera 2 600 m² sur 2 niveaux.

Le groupe de promotion immobilière Chetrit a acheté l’immeuble en 2013 à la ville de NYC, pour 85 $, et en a converti ses étages supérieurs en appartements condominiums haut de gamme qui se vendent maintenant jusqu’à 7,7 millions de dollars.

Le centre d’art louera un espace au premier niveau et à un niveau plus bas, ce qui lui permettra de profiter du plafond de 12 mètres de haut de la salle des banques et des détails ornés de son architecture.

La Commission de préservation des monuments de New York a voté à l’unanimité en juillet 2020 pour approuver la conception du centre d’art numérique, ouvrant ainsi la voie au début de la construction. L’accord préalable de la commission est nécessaire car le bâtiment est un monument de la ville.

« Tout le monde a exprimé son soutien », a déclaré la présidente de la commission, Sarah Carroll. « L’idée de permettre au public de revenir dans cet espace pour faire l’expérience de cet intérieur historique est considérée comme une réutilisation adaptative positive. »

Woods Bagot, la société australienne qui a été l’architecte exécutif pour la conversion du bâtiment en résidences, supervisera la conversion de la salle bancaire, avec l’aide de Higgins Quasebarth & Partners , un spécialiste de la préservation historique.

« Le centre d’art modifiera l’intérieur en ajoutant une zone de billetterie, des toilettes, un vestiaire et une boutique de cadeaux, à l’extérieur de l’espace historique » précise le site Arch Paper.

Pour obtenir l’approbation, l’équipe de conception et Culturespaces se sont engagés à conserver les éléments décoratifs historiques ainsi que les guichets bancaires et à ne pas obstruer les grandes fenêtres du côté de la rue Chambers. Le projet prévoit donc d’installer un grand rideau devant les fenêtres, comme dans un théâtre, qui peut être fermé pendant les spectacles pour faire le noir et ouvert pour révéler la grandeur de la salle des banques une fois la présentation terminée. Le projet retenu utilisera l’entrée de la banque d’origine comme point d’entrée principal du centre d’art.

Culturespaces n’a pas encore précisé de calendrier ferme pour son ouverture à New York mais annonce le printemps 2021, sur son site web. Son exploitation sera dans tous les cas soumise à toutes les restrictions locales de jauge et de flux mises en place pendant et après la pandémie COVID-19. L’un des premiers spectacles proposés pourrait être l’exposition Gustav Klimt qui avait ouvert la salle parisienne en 2018.

Culturespaces devrait associer à son projet américain la société Barco, une entreprise belge qui fournit déjà les projecteurs pour ses autres expositions d’art numérique.

Culturespaces annonce également un autre projet, « Infinity des Lumières », qui devrait ouvrir à la fin 2020 à Dubaï, et la presse parle également d’un second projet américain à Chicago.

Incertitudes sur l’actionnariat

Pour mener à bien son projet d’implantation à New York et ailleurs dans le monde, et financer son « expansion à marche forcée » (comme le titrait Les Echos le 3 juin 2020), Culturespaces va devoir surmonter 2 obstacles :

. Financier. La crise du covid-19, le confinement imposé aux lieux culturels et la beaucoup plus faible fréquentation, notamment touristique, rendent plus difficile l’amortissement financier des investissements consentis récemment à Bordeaux (14 millions d’euros, selon la presse) et dans une moindre mesure à paris (11 millions d’euros)

. Actionnarial. Culturespaces fait partie des activités que sa maison mère, Engie pourrait prochainement céder dans le cadre de son plan de rationalisation de 1,2 à 1,8 milliard d’euros d’actifs. Engie détient actuellement 86% du capital de Culturespaces.

Ambitions mondiales

Depuis sa création, en 1990, Culturespaces est devenu le principal gestionnaire privé de musées, centres d’art et monuments en France, avec plus de 4.5 millions de visiteurs par an sur 12 sites. Selon son président-directeur général, Bruno Monnier, sa mission est de « rendre l’art plus accessible à un public plus large et plus jeune en créant des expériences immersives alliant musique, art et numérique ».

Ses expositions numériques immersives ont fait l’objet d’articles élogieux du Guardian en 2018: « Il est difficile de ne pas [être] impressionné par l’ampleur et la profondeur de cette exposition futuriste et l’expérience multi-sensorielle qu’il fournit ».

Et plus récemment du New York Times, le 14 juillet 2020: « Avec ses expériences «Lumières», Culturespaces repousse les frontières entre le divertissement et l’art, et entre la vraie vie et la réalité virtuelle. Finis les cadres et l’immobilité méditative auxquels les spectateurs sont habitués dans les musées, remplacés par d’énormes images qui se transforment en musique d’artistes aussi variés que Beethoven et Janis Joplin. »

Bruno Monnier, président de Culturespaces, considère les centres d’art numérique comme « un moyen de dynamiser le monde de l’art tout en attirant l’attention sur des bâtiments d’importance historique »« Les gens n’apprennent pas la culture comme ils le faisaient dans le passé », a-t-il ainsi déclaré au Guardian . « Les pratiques évoluent et les offres culturelles doivent être en phase avec elles. Le mariage de l’art et du numérique est, à mon avis, l’avenir de la diffusion de l’art parmi les générations futures ». 

L’opérateur français compte bien s’imposer comme l’un des acteurs de ce nouveau marché culturel, aux côtés des japonais TeamLab. (Lire le dossier du Clic France: Expériences immersives artistiques en format XXL: la bataille mondiale est lancée )

Les prochains mois nous diront si le français Culturespaces trouvera les moyens de ses ambitions mondiales.

SOURCE: archpaper.com, nytimes.com, lesechos.fr, journaldeleconomie.fr

PHOTOS: Williams New York, Culturespaces

Date de première publication: 02/08/2020

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