Dans le prolongement du « Google Art Project », l’Institut Culturel de Google ouvre son «Lab» à Paris

L’Institut Culturel de Google a désormais son espace physique à Paris. Depuis le 10 décembre, « le Lab » a ouvert ses portes, rue de Londres, dans le 9e arrondissement. 

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Deux ans et demi après la création de son Institut culturel, jusque-là plateforme web uniquement, le géant de l’Internet américain lui donne un espace physique de 340 m², au sein de son siège parisien.

«Nous avons choisi Paris. Un carrefour culturel où nous recevons nos partenaires du monde entier. Une dizaine par semaine», s’enthousiasmait récemment dans les Echos Laurent Gaveau, directeur de l’Institut culturel de Google qui ajoutait : «Nous sommes un espace de R&D. Nos 25 ingénieurs rencontrent les acteurs de la culture. Nous voulons développer une nouvelle expérience d’immersion dans la culture».

« Le Lab n’est ni un musée virtuel ni une galerie, ni un lieu d’exposition. C’est un lieu de travail et une invitation au secteur culturel à venir chercher des solutions permises par les nouvelles technologies », explique encore Laurent Gaveau, en charge de la programmation du Lab et précédemment responsable des nouvelles technologies au Château de Versailles.

L’Institut Culturel de Google

Google Instiute logo 801054L’Institut culturel de Google a été créé par Amit sood en 2011 autour d’une équipe d’ingénieurs. Il est à l’origine de plusieurs « projets », dont le plus abouti est le maintenant célèbre «Art project», qui rassemble près de 400 musées et établissements culturels, dont 93 musées internationaux, et permet de découvrir certains de leurs chefs d’œuvres avec une précision remarquable.

Avec 20 établissements partenaires (de la Monnaie de Paris à Orsay, en passant par le Pont du Gard), la France se classe au 4rang européen, derrière l’Espagne (37), l’Allemagne (29) et le Royaume-Uni (26). Google Art Project revendique 11,8 millions d’utilisateurs dans le monde, selon le moteur de recherche. Les Etats-Unis, la France et la Chine fournissent les premiers contingents d’internautes.

«Depuis que nous avons rejoint le Google Art Project, en mai 2013, nous avons doublé notre trafic, avec 12.000 visiteurs par mois. Les internautes passent, en moyenne, 3 minutes sur notre site, contre 8 minutes sur le site de Google…», nuance Hélène Fogel, chef de projet Web au musée d’Art moderne du Havre.

Le projet «World Wonders» présente quant à lui des sites du patrimoine mondial des époques moderne et antique. Grâce à la Street View, la modélisation 3D et d’autres technologies Google, les internautes peuvent explorer des lieux historiques tels que Stonehenge, le site archéologique de Pompéi ou la Grande barrière de corail.

Enfin, le projet «Evénements historiques» propose des expositions virtuelles s’appuyant sur les archives d’institutions culturelles, pour les rendre ainsi accessibles au public.

Ces 3 projets, riches en contenus, n’ont en principe pas de visée commerciale, cependant l’internaute doit posséder un compte Google pour créer sa galerie personnelle.

Un espace de travail

Emanation physique de la plateforme de l’Institut culturel, le Lab s’est donc installé rue de Londres à Paris, dans les anciennes écuries de l’hôtel particulier de Google France.

«C’est un lieu de travail et une invitation au secteur culturel à venir chercher des solutions permises par les nouvelles technologies», explique Laurent Gaveau.

Google Cultural-Institute-6 lab 2Ce lieu de 340m², à la fois ambassade, centre de conférences et showroom de technologies expérimentales (telles qu’une station de capture et d’impression 3D ou encore l’Art Camera, qui permet de réaliser des images en Gigapixel), le Lab n’est pas un lieu ouvert au grand public. Son accès est réservé aux étudiants, artistes, conservateurs et autres acteurs du secteur culturels .

Au cœur de ce lab a été installé un mur géant interactif reflet du Google Art Project. Grace à 48 écrans disposés au mur d’une grande pièce obscurcie, des tableaux figurant sur le Google Art Project sont projetés en très haute définition. Ainsi «La Moisson» de Bruegel l’Ancien (1565), exposé au Metropolitan Museum of Art de New York, est reproduit en ultra-haute définition. «Nous l’avons photographié au musée la nuit, pour éviter toute vibration, à l’aide d’une caméra maison», précise Laurent Gaveau. La résolution dépasse le milliard de pixels (gigapixel). Avec un tel zoom, un détail de 2 cmoccupe l’intégralité des 65 m2 du mur digital !

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Une nouvelle « Villa Médicis »

Le lab s’apprête également à recevoir ses six premiers « artistes contemporains en résidence ». Critère de cette première promotion : être né quelquepart dans le Monde après… 1989. Les deux premiers jeunes artistes en résidence élaboreront un projet en interaction avec les ingénieurs de Google. Ils auront la possibilité d’utiliser pendant une période de deux ou trois mois les équipements du Lab, pour créer et développer leurs idées.

En outre, le Lab va programmer des événements, des séminaires, des débats, sur invitation, pour explorer les opportunités offertes par la collaboration entre le monde de la culture et les technologies.

Un lieu pour rassurer le secteur culturel français

Bien qu’ils soient de plus en plus nombreux à développer des partenariats avec l’Institut culturel de Google, certains musées restent réticents à s’allier avec le géant américain. Ainsi, le Louvre et le Centre Pompidou ne participent pas au Google Art Project. Il faut également rappeler que le programme de numérisation Google Books avait généré un long conflit avec le monde de l’édition française il y a quelques années, qui n’a été réglé qu’en 2012.

Bien que Google ait cette fois pris ses précautions pour ne pas se heurter aux lois françaises, la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti n’a pas assisté à l’inauguration du Lab le mardi 10 décembre pour ne pas «servir de caution» à l’opération tant que ne sont pas réglées certaines questions, notamment celles de l’équité fiscale, la protection des données personnelles et de la diversité culturelle, ainsi que la question des droits d’auteur. Sa collègue Fleur Pellerin l’a néanmoins remplacée au dernier moment.

En se matérialisant à Paris, l’Institut Culturel veut justement revaloriser son image en se présentant non comme un géant prédateur mais comme une véritable plateforme culturelle au service des acteurs du secteur et du public.

« Notre espace physique à Paris est également un moyen de rassurer les partenaires en leur montrant ce qu’on fait au quotidien », a précisé le vice-président et « chef évangéliste » de Google depuis 2005, Vinton Cerf, dans une interview au « Monde ».

Google Open Gallery

Google a profité de l’ouverture de son lab pour annoncer le lancement d’une boite à outils destinés aux lieux culturels: la Google Open Gallery.

Comme l’explique  le dossier de presse : «Google Open Gallery est un ensemble de technologies et d’outils puissants mis à disposition d’artistes et du secteur culturel pour leur permettre de rendre leurs oeuvres accessibles à tous les internautes. Les technologies innovantes plébiscitées par les utilisateurs de la plateforme de l’Institut Culturel de Google sont à présent proposées gratuitement à tout créateur, artiste, archiviste ou historien qui souhaite créer sur son propre site web une expérience immersive à destination du plus grand nombre.»

Cet outil est aujourd’hui réservé à ceux qui reçoivent une invitation de Google, puis sera ouvert à tous. Open Gallery offre gratuitement la possibilité pour tous les artistes de montrer leurs créations. Elle met à disposition une interface simple (peut-être pas assez personnalisable) pour permettre aux petites et grandes galeries, petits et grands musées, aux enseignants, aux médiateurs, de construire des expositions virtuelles, des supports, des parcours, avec des textes, sons, vidéos, de l’imagerie Street View. Cet outil permet d’imaginer toutes sortes d’applications de la tablette au site web. Reste à découvrir les premières réalisations.

SOURCES: Google, Les Echos, Le Monde

Auteur: Carole Heulin

Date de première publication: 12/12/2013

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