Deux ans après une première interview sur le site du Clic France, Didier Happe, co-gérant d’Art Graphique et Patrimoine témoigne de l’évolution de son métier et du secteur et revient sur quelques réalisations récentes. Il présente ses nouveautés en matières d’outils numériques fondés sur une présentation ou une reconstitutions 3D des monuments et des œuvres d’art.

Modélisation 3D de l’Abbaye de Jumièges (c) AGP

Depuis votre première interview pour le site du Clic France en octobre 2010, comment voyez-vous l’évolution des usages et pratiques du numérique dans les lieux culturels et de patrimoine français ? 

Tout d’abord, un constat : dorénavant, toute nouvelle construction ou rénovation d’un musée inclue nécessairement un volet numérique significatif. Cette évolution est importante et particulièrement visible que ce soit au Louvre Lens, au MUCEM ou au Musée d’Histoire de Marseille, trois musées phares récemment ouverts au public. Il en est de même pour les expositions ou évènements culturels majeurs. Les projets développés sont d’ambition, de taille  et de champ d’expérience très divers, ce qui montre le foisonnement des champs d’application du numérique… et son potentiel de développement.

Quels sont -selon vous- les principaux changements positifs ou négatifs ?

L’émergence de nouvelles technologies, toujours plus innovantes, en parallèle de réflexions et d’expérimentations constantes a permis et permet l’éclosion de multiples projets, pour tous les publics et à tous les niveaux de la relation entre l’institution culturelle et son public (pré-visite, présentation des collections, mise en valeur et reconstitutions historiques, post-visite, réseaux sociaux, etc). Les outils numériques sont de plus en plus sophistiqués et intégrés afin de définir une stratégie numérique cohérente via des outils très variés : sites web, visites virtuelles, dispositifs interactifs, films, maquettes 3D, réalité augmentée, réseaux sociaux,  etc..

Tout ceci est très positif et montre le potentiel de développement très important des outils numériques dans les lieux culturels. En ces périodes de crise, il est important de noter que ces projets, réalisés par des sociétés très spécialisées et extrêmement innovantes, participent du rayonnement culturel et technologique de la France.

Quelle est la spécificité d’AGP dans ce secteur ?

Nous essayons d’apporter notre pierre à cette révolution depuis presque 20 ans, par la qualité et la diversité de nos réalisations, comme le montre notamment le prix récemment décerné par l’ONU au projet JUMIEGES 3D.  ART GRAPHIQUE ET PATRIMOINE est plus particulièrement impliqué dans le développement de projets ou d’applications numériques fondés sur une présentation ou une reconstitutions 3D des monuments et des œuvres d’art.

Ainsi, en 2012 et 2013, AGP a réalisé, avec ses partenaires technologique et pour le compte de ses clients institutions culturelles 4 projets qui, nous le croyons, démontrent que le numérique peut être un atout majeur dans la compréhension d’un site culturel ou historique et dans sa présentation au grand public : les contenus 3D pour les applications numériques du Louvre Lens, le projet JUMIEGES 3D, la maquette 3D et le film du cloître de l’Eglise Saint Trophime à Arles ainsi que très récemment le nouveau dispositif de réalité augmentée du cabinet de travail de Charles V au château de Vincennes.

En octobre 2010, vous nous aviez parlé de votre projet Jumièges 3D qui est devenu maintenant une réalité. Quel bilan tirez-vous de cette réalisation ?

Le projet JUMIEGES 3D a consisté à reconstituer l’état de cette magnifique abbaye, la « plus belle ruine de France », selon Victor Hugo, à 5 époques de sa construction. Les visiteurs sont invités à se rendre sur 4 points matérialisés dans et aux abords de l’abbaye et, munis d’un IPad, peuvent superposer en temps réel la reconstitution 3D de l’état disparu à l’édifice actuel. L’effet est évidemment spectaculaire, et permet surtout de comprendre la richesse et l’évolution tourmentée de la construction de cet édifice. Des vidéos et des commentaires audios sont également disponibles afin d’accéder à des explications culturelles plus approfondies. Disponible sur site, l’application est également téléchargeable gratuitement sur les store Apple et Google Play.

Porté par le Conseil Général de Seine Maritime, JUMIEGES 3D a été inauguré en septembre 2012. AGP a été le porteur de ce projet, en partenariat avec les sociétés GMT Editions et AXYZ. 

Avec un an de recul, nous pouvons dire que ce projet est un véritable succès, tant en termes d’accueil du public que de reconnaissance scientifique et médiatique. La qualité du contenu, issu des travaux du comité scientifique est unanimement reconnue pour sa véracité et sa qualité, le taux d’utilisation sur site est au dessus de la moyenne (environ 10% de taux de prise sur site) et l’application a déjà été téléchargée plus de 4 000 fois, ce qui est remarquable pour un site accueillant entre 60 et 70 000 visiteurs par an.

Il faut aussi souligner que ce projet a permis de faire avancer les connaissances scientifiques sur l’abbaye, de valider les hypothèses et tester en temps réel les nouvelles pistes de connaissance sur la construction et son évolution à travers le temps.

Une version 2, encore plus conviviale et plus facile à manipuler est en cours de finalisation et sera proposée au public avant la fin de l’année, grâce à une navigation plus aisée, la suppression du tutoriel, des fonctions plus intuitives et un graphisme renouvelé.

Vidéo du projet Jumièges 3D Téléchargement de l’application sur AppStore et Google Play

Ce projet vient de recevoir une reconnaissance internationale puisque la société AGP a été sélectionnée au WSA   par l’ONU pour Jumièges 3D. Que représente cette nomination ?

Effectivement, JUMIEGES 3D bénéficiait jusqu’à présent d’un bon rayonnement médiatique et les images des  reconstitutions 3D ont été reprises dans de nombreux documentaires pour les médias. En ce mois de septembre 2013, JUMIEGES 3D a été distingué par le World Summit Award, compétition internationale organisée par l’ONU pour mettre en valeur les services numériques les plus novateurs au niveau mondial, comme l’un des 5 lauréats dans la catégorie e-culture et tourisme.

AGP, qui a porté ce projet collectif, est la seule entreprise française lauréate toutes catégories confondues, sur 468 projets présentés par 110 pays. La remise des prix aura lieu du 26 au 26 octobre 2013 à Colombo, au Sri Lanka, où nous sommes invités à présenter le projet devant les experts mondiaux des nouvelles technologies numériques.

Au-delà du plaisir de voir la qualité de notre projet reconnu au niveau international, c’est l’excellence française qui est récompensée.

Est-ce un exemple du caractère innovant des PME françaises agissant dans le secteur du numérique culturel ?

Certainement. La France dispose d’atouts très importants, lui permettant d’être à la pointe des usages et des applications dans le domaine culturel : une recherche très fertile et réactive, des pôles de compétitivité efficaces comme Cap Digital, des start-up technologiques dynamiques, des sociétés réalisant des contenus 3D de très grande qualité et, bien évidemment, des sites et lieux historiques d’exception. Toute la chaîne d’excellence est prête et à la disposition des institutions culturelles qui souhaitent développer cette offre enthousiasmante pour ses visiteurs.

Même si les activités d’AGP sont principalement nationales, nos partenaires internationaux, comme le World Monuments Fund ou la fondation américaine Cyark considèrent les projets que nous avons développés comme faisant partie des plus innovants au monde dans le domaine  des usages 3D.

AGP a également été impliqué dans les dispositifs de médiation numérique du Louvre Lens. Pouvez-vous expliquer votre implication et dresser un premier bilan ? Avez-vous eu des retours d’usages ?

Le Louvre Lens a sollicité AGP pour numériser plus de 220 objets, sculptures et tableaux de l’établissement afin d’intégrer les modèles 3D réalisés dans deux dispositifs numériques innovants :

- Le visioguide de la galerie du Temps, qui permet une visite en 3D temps réel de cette magnifique galerie sur smartphone, en coopération avec la société Polymorph software

- Le dispositif de manipulation virtuelle des œuvres présentes dans les réserves. Ce dispositif permet au visiteur de manipuler des reconstitutions 3D de très grande précision et qualité grâce à des vitres tactiles au dessus des réserves. L’application proprement dite a été développée par Mazédia.

Les premiers retours sur ces dispositifs sont extrêmement positifs, montant ainsi que les applications numériques innovantes peuvent parfaitement cohabiter avec  des modes de présentation des œuvres plus traditionnelles.

Quels ont été les principaux défis de ce projet ?  

Le défi technique a été, dans un laps de temps très court, de numériser 220 œuvres réparties entre Paris et Lens et en réaliser des modèles 3D adaptés pour des manipulations sur smartphone (low poly) ou sur écran géant avec possibilité de zoom très important (high poly).

Vidéo du projet

Pouvez-vous nous présenter votre projet pour le Cloitre de Saint Trohime ?

Le projet EPHEBE, soutenu par la ville d’Arles et financé par la Région PACA avec le soutien du World Monuments Fund (USA) permet d’illustrer l’étendue des possibilités d’utilisation des maquettes 3D de sites historiques et d’œuvres d’art.

A partir d’une numérisation complète de ce site majeur, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, AGP a réalisé une maquette 3D texturée modulaire permettant de répondre à différents usages :

- La création d’une base de données référençant et positionnant en 3 dimensions les milliers de documents recensés sur le cloître depuis son classement en 1846. Cette base de donnée, utilisant les technologies HTML5, est accessible par internet aux chercheurs et scientifiques, sans plug-in propriétaire et avec une rapidité de téléchargement très importante, y compris pour des documents très lourds. Le visiteur peut ainsi définir exactement la zone qui l’intéresse et extraire les documents relatifs à son sujet d’étude.

- Le même modèle 3D, modifié et texturé, a servi de base à la réalisation d’un film full HD de présentation au grand public de l’évolution du cloître. Ce film est projeté à l’entrée du cloître et vient compléter celui que nous avions réalisé il y a quelques années sur le Théâtre Antique.

Ce projet illustre surtout la possibilité, moyennant une réflexion en amont sur l’utilisation des maquettes 3D et des usages numériques, de mutualiser les efforts de numérisation et de modélisation et de les exploiter de manières variées, pour un coût marginal faible. Ainsi, à partir d’une même base, une maquette 3D interfacée avec une base de données peut être réalisée, ainsi qu’un film, mais aussi une application de réalité augmentée, des copies de sculptures, une application téléchargeable etc…

Selon moi, il s’agit d’une tendance lourde qui devrait permettre de mettre les modélisations 3D au cœur des réflexions sur la gestion technique, scientifique et historique des monuments et leur mise en valeur via des outils de visualisation divers.

Ce projet a été considéré comme un des projets majeurs de l’appel à projet e-services et territoire lancé par la région PACA et a fait l’objet de plusieurs communications pour Marseille Provence 2013, mais également à New York lors d’une conférence organisée par le World Monuments Fund.

AGP travaille également avec le CMN sur les dispositifs numériques du Château de Vincennes. Que proposez-vous de nouveau par rapport à ce qui avait déjà été proposé il y a quelques années ? 

En effet, depuis  septembre 2013, les visiteurs du château de Vincennes peuvent re-découvrir, sur IPad, en réalité augmentée, le cabinet de travail de Charles V tel qu’il était au 14ème siècle, sans marqueur et en temps réel.

Le modèle 3D a été enrichi des résultats des dernières recherches menées par l’unité de recherche du CNRS associée au château et, grâce à la navigation temps réel, il est quasiment possible de toucher les objets ou manuscrits les plus précieux. Les marqueurs ont été remplacés par des cartels présentant les principaux éléments de décors et objets présents au 14ème siècle et qui permettent au visiteur de disposer d’informations culturelles complémentaires à la visualisation du décor.

Ce nouveau dispositif rencontre un accueil extrêmement favorable par le public. Il confirme qu’un dispositif ancien peut, à moindre coût être remis au gout du jour avec les dernières technologies disponibles, à partir du moment où le contenu disponible est d’une grande qualité.

Un projet avec le CMN près de Lille, une vidéo pour le MCC et une application dans une nouvelle Abbaye… votre rentrée est chargée.

Oui, l’agenda d’AGP est chargé car nous avons le plaisir de travailler sur plusieurs projets qui seront mis à la disposition du public dans les 6 à 9 prochains mois.

. Tout d’abord en octobre 2013, une nouvelle page de la collection multimédia du Ministère de la Culture « les grands sites archéologiques » s’ouvrira sur les abris sculptés de la préhistoire. AGP y a réalisé les visites virtuelles en 3D qui seront présentées sur 4 abris. Collection grand site (site ouvert en octobre)

. Début 2014, les arènes de Nîmes inaugureront un nouveau visio-guide intégrant deux scènes de reconstitution en réalité augmentée à l’époque antique et au 17ème siècle, quand les arènes étaient occupées par des dizaines de maisons et un château.

. Courant 2014, une nouvelle réalisation en réalité augmentée mobile, à nouveau avec le Centre des Monuments Nationaux, sera testée à la Villa Cavrois, édifice construit par Mallet Stevens à Croix dans la banlieue de Lille-Tourcoing. Cette application, disponible sur site sur IPad permettra au visiteur de revoir l’aménagement de ce site très intéressant et de comprendre la philosophie tant architecturale que sociale de cette construction audacieuse des années 1930. L’ouverture officielle de la Villa Cavrois et la mise à disposition de l’application définitive aura lieu début 2015. Cette application différera de Jumièges principalement sur la manière de présenter les reconstitutions ainsi que sur le travail de géolocalisation indoor. Une interface avec les réseaux sociaux sera également proposé.

. Enfin, à la fin de 2014, un film full HD et une application interactive sur smartphone seront proposées à l’abbaye de Clairvaux, pour le compte du Conseil Général de l’Aube. Ce projet illustre mon propos sur le cloître de l’Eglise Saint Trophime : un modèle 3D validé par un comité scientifique, plusieurs utilisations numériques.

D’autres projets sont également en cours de développement, dont un sur un des sites les plus visités en France, mais qui gardent encore un caractère confidentiel.

Par vos participations futures à des manifestations internationales, cherchez vous à exporter votre savoir faire à l’étranger ? Avez-vous déjà réalisé des projets internationaux ? avez vous des projets ? avez-vous des rêves ?

AGP est très souvent sollicité pour participer à des colloques internationaux et y présenter des contributions qu’elles soient techniques ou d’usages. Ainsi en 2013, nous avons présenté le savoir-faire français à New York lors d’un colloque organisé par le World Monuments Fund, au CIPA (Colloque international de photogrammétrie) en septembre, où nous avons présenté nos reconstitutions 3D des abris sous roche de Somalie ou, prochainement, à l’occasion de Digital Heritage où nous présenterons la maquette 3D et le film réalisés sur le cloître de l’Eglise Saint Trophime  d’Arles (Marseille 28 oct au 1er novembre) lors de ce congrès mondial.

Quant au développement international, c’est difficile pour des PME de service. Les réseaux français notamment de soutien à l’archéologie souffrent énormément des coupes budgétaires subies ces dernières années. Néanmoins, nous avons récemment réalisé quelques opérations comme le relevé architectural du théatre Mariinsy à Saint Petersbourg ou le relevé 3D des grottes ornées de Laas Geel au Somaliland.

Travailler pour des clients étrangers est difficile car les propriétaires ou les gestionnaires des monuments préfèrent faire appel à des prestataires locaux. Il est ainsi plus facile d’intégrer notre offre dans la proposition faite par des architectes ou scénographes français présents à l’international.

Nous espérons que le succès rencontré par nos derniers projets permettront de percer à l’international, pourquoi pas au Louvre Abu Dhabi ?

Que faudrait il encore faire pour soutenir les PME innovantes et les institutions à développer plus de projets et des projets durables et pas seulement expérimentaux ?

Le caractère expérimental de chaque projet doit être conservé car chaque lieu est unique, chaque site historique a une histoire spécifique à raconter et doit engager un dialogue intime avec ses visiteurs. La technologie et le type de restitution est ainsi spécifique à chaque lieu et au service d’un projet culturel. Néanmoins, une palette de solutions numériques et de technologies existe et c’est aux peintres que sont nos entreprises d’en choisir les teintes et les nuances afin de proposer une visite la plus séduisante et pertinente possible.

Le patrimoine, les musées et les expositions rencontrent un succès sans cesse renouvelé, même en temps de crise. Les applications numériques représentent l’avenir de ces lieux car apportent une réponse nouvelle à un public déjà convaincu et permettent de conquérir un public qui est dans l’attente d’une nouvelle manière d’envisager la culture et les visites culturelles.

Il me semble donc être de la responsabilité des acteurs publics d’amorcer cette évolution vers une utilisation professionnelle et durable des technologies numériques dans le domaine de la culture et d’en généraliser l’usage.

Les efforts du Ministère de la Culture dans le cadre des appels à projets de numérisation et de services numériques culturels innovants vont dans le bon sens, mais les montants alloués sont notoirement insuffisants pour permettre l’éclosion d’une industrie structurée, pérenne et rentable, créatrice de valeur et d’emploi. Pour le moment, les projets 3D significatifs restent l’apanage des lieux culturels les plus importants, mais restent hors d’accès aux lieux plus modestes. Nous avons bon espoir que l’exemple de JUMIEGES 3D donnera envie à des donneurs d’ordre de se lancer dans ce type d’aventure, pour le plus grand bénéfice de leurs visiteurs.

Nos entreprises sont généralement de petites tailles et fragiles, notamment en raison de systèmes d’appels d’offres publics qui privilégient encore trop souvent le prix plutôt que la qualité et l’originalité des propositions. Elles ne pourront se développer que si les projets  numériques, utilisant notamment les reconstitutions ou les numérisations 3D, prennent une place reconnue dans les réflexions sur la médiation culturelle.

Même si le nombre de projets numériques de mise en valeur du patrimoine et des lieux culturels à base de reconstitutions 3D se développent, leur nombre reste très insuffisant au regard du potentiel que ces nouvelles technologies représentent. Notre souhait, au sein d’AGP, est de contribuer au développement de ce secteur fortement porteur d’avenir économiquement et de sens culturellement.

Propos recueillis par mail le 20/09/2013

Date de première publication: 24/09/2013

Fiche Art Graphique et Patrimoine sur le site du Clic France

Jumièges 3D: un nouvel outil de médiation culturelle et historique

AGP : « nous rêvons d’une nouvelle rencontre entre le patrimoine culturel et le public »

Visite du Château de Vincennes, le 17 Octobre 2013, de 10.00 à 12.00

Art Graphique et Patrimoine, le Centre des Monuments Nationaux et le Clic France invitent les membres du Clic France au Château de Vincennes pour découvrir et tester l’application iPad de réalité augmentée.

Présentation de l’application de réalité augmentée du cabinet de travail de Charles V, en présence de l’administrateur, M Aymeric Peniguet de Stoutz. Présentation des projets de mise en valeur d’AGP.

Inscription obligatoire sur visite@club-innovation-culture.fr