Covid-19 / Annulée en février 2020, la foire Art Basel de Hong Kong renaît en virtuel du 20 au 25 mars 2020

L’annulation officielle d’Art Basel Hong Kong, début février 2020, en raison de l’épidémie de COVID-19, avait ouvert la voie à toute une série de reports ou d’annulation d’événements artistiques sur tous les continents. 6 semaines plus tard, la foire revient en version numérique avec l’ouverture de la toute première édition des Online Viewing Rooms, du 20 au 25 mars 2020. 235 galeries sont présentées dans les salles de visionnement en ligne d’Art Basel. Infinity Room de Yayoi Kusama et l’étoile de poisson de Philippe Parreno en sont les oeuvres stars. Comme pour toute foire d’art, elle a fait l’objet d’une visite VIP preview .. toute aussi attendue et fréquentée que dans la « vraie vie ».

« Lorsque Art Basel lancera ses salles de visionnement en ligne le 20 mars 2020, ce sera un tournant. L’espace virtuel d’une exposition en ligne accessible au public est un nouveau territoire pour la plupart des galeries participantes. Ils ont tous relevé le défi: chacun a choisi un concept de conservation pour sa salle virtuelle aussi individuelle qu’une empreinte digitale, avec en plus d’être sans contrainte par les dimensions d’un cube blanc traditionnel. Des peintures de premier ordre aux sculptures d’extérieur, les œuvres d’art proposées sont du plus haut calibre ! » explique Art Basel.

 

Une réplique numérique à la crise du coronavirus

Conçue comme un complément de la foire physique, bien avant que la crise sanitaire ne frappe, l’initiative salles de visionnement en ligne www.artbasel.com/viewing-rooms permet aujourd’hui de « dédommager » les exposants, dont le stand avait été remboursé à hauteur de 75%, en leur offrant gratuitement une place dans cette édition pilote.

Mais la plateforme s’avère maintenant plus que nécessaire, à l’heure où le monde entier entre en confinement général afin de freiner la propagation du virus.

Le mercredi 18 mars, lors du vernissage VIP, le serveur n’a pas résisté à la vague des utilisateurs.

235 galeries dont la participation était prévue à Art Basel Hong Kong présentent chacune une sélection de dix œuvres – renvoyant parfois à d’autres plateformes pour une sélection plus fournie.

 

View this post on Instagram

 

Art Basel Online Viewing Room | kurimanzutto is pleased to participate in the first iteration of @ArtBasel’s new digital platform designed to connect galleries and collectors from around the world. #ArtBaselOVR launches on March 20 and remains live until March 25, with VIP preview days on the 18th and 19th. Our #ArtBasel OVR will feature works by: Abraham Cruzvillegas, Apichatpong Weerasethankul, Damián Ortega, Danh Vo, Gabriel Orozco, Haegue Yang, Iñaki Bonillas and Rirkrit Tiravanija #kurimanzutto #AbrahamCruzvillegas #ApichatpongWeerasethankul #DamiánOrtega #DanhVo #GabrielOrozco #HaegueYang #IñakiBonillas #RirkritTiravanija @autoconstruido @kickthemachine @damianortegastudio @yanghaegue @i.bonillas @freedomcannotbesimulated

A post shared by kurimanzutto (@kurimanzutto) on

Certaines galeries comme David Zwirner, ont même créé leur propre viewing room en complément des pièces présentées, du 20 au 25 mars, dans celle d’Art Basel.

Les salles de visionnage en ligne d’Art Basel débutent les 18 et 19 mars avec une visite VIP, suivie de journées publiques du 20 au 25 mars 2020. 

Nouvelles fonctionnalités et nouveaux usages

La plateforme a été bien conçue et se présente comme très intuitive et fonctionnelle. Les Viewing Rooms peuvent être parcourues en quelques clics, soit de manière aléatoire, soit en effectuant une recherche classique, par nom d’artiste ou de galerie.

Des fiches descriptives rassemblent de l’information sur les œuvres et la galerie. Et des fourchettes de prix sont affichées auprès des oeuvres.

La plateforme offre à la fois une expérience visiteur et une boite à outils pour les vendeurs/acheteurs. Un système de boites facilitent ainsi les relances.

Des ventes numériques à 6 chiffres

Les premiers retours semblent très positifs.

Dans son édition du 19 mars 2020, le Quotidien de l’Art annonce que « le matin même du vernissage, certaines ventes atteignaient les six chiffres, par exemple chez David Zwirner, qui a cédé une toile de Marlene Dumas pour 2,6 millions de dollars à une collection privée américaine. Gagosian a cédé plusieurs pièces : un Weatherford à 750 000 dollars, un Jennifer Guidi à 300 000 dollars, un Jia Aili à 260 000 dollars, un Mamma Andersson à 400 000 dollars et un Lucas Arruda à 100 000 dollars, la plupart à des collections asiatiques ».

Mais les galeries le savent: la crise financière qui accompagne la pandémie aura inévitablement un impact fort sur les ventes et le marché de l’art en 2020 et peut-être même au delà. Sauf rebond rapide possible.

Vers une pérennisation de la foire d’art numérique ?

Avant la crise du coronavirus, le marché de l’art en ligne connaissait déjà une croissance non négligeable : selon le dernier rapport sur le marché de l’art d’Art Basel et UBS, la vente d’art et d’antiquités en ligne a  représenté 6 milliards de dollars en 2019 (+11% par rapport à l’année dernière), soit 9% de la valeur des ventes globales du secteur.

Dopé par la crise sanitaire actuelle, les galeries et foires devraient intensifier leur présence numérique.

La Fiac proposait déjà des visites virtuelles depuis plusieurs années. Les autres foires d’art devraient suivre ce mouvement.

Les galeries aussi. Marisol Rodriguez (galerie gb agency de Paris) explique au Qotidien de l’Art « Ce n’est pas évident car c’est la première fois que ce format existe. Les modalités de présentation dans l’espace en ligne d’Art Basel ne sont pas très flexibles (pas de possibilité pour le moment d’avoir des vidéos, la visualisation des sculptures est très limité, etc) : donc nous expérimentons. ». La galerie compte d’ailleurs en tirer des leçons pour son propre site, et y proposer de nouvelles fonctionnalités, par exemple des rencontres virtuelles entre collectionneurs et artistes. « Il faut adapter l’actualité de la galerie – qui est très perturbée par cette situation difficile – au monde digital », note-t-elle.

Tour de piste de certaines oeuvres et artistes en ligne

Les 235 galeries présentes sur cette première édition des salles de visionnement en ligne ont constitué une très belle sélection d’oeuvres et une très grande variété allant du modernisme rédécouvert aux pratiques autochtones. Mais surtout le numérique offre la possibilité de présenter de nouveaux types d’oeuvres.

 

View this post on Instagram

 

Art Basel Online Viewing Room | Chambers Fine Art is pleased to participate in the first iteration of @artbasel digital platform designed to connect galleries and collectors from around the world. . We will present the work of three generations of artists – Fu Xiaotong, Ho Sintung, Pixy Liao, Wang Dongling, Wang Gongyi, Wu Jian’an, Yan Shanchun and Zhao Zhao. . Art Basel OVR #artbaselovr launches on March 20, 6pm HKT / 11am CET / 5am EST, and remains live until March 25, with VIP Preview Days on March 18 to March 20, 6pm HKT / 11am CET / 5am EST. . To view and inquire about available works, visit: https://www.artbasel.com/viewing-rooms . Artwork: Wu Jian’an. “500 Brushstrokes #68,” 2019. Ink, watercolor, paper cut and collage on Xuan paper. 110 x 84 cm ( 43 3/8 x 33 in). Photo courtesy of the artist and Chambers Fine Art.

A post shared by Chambers Fine Art (@chambersfineartgallery) on

Des installations monumentales 

L’avantage le plus évident du domaine virtuel est que les dimensions cessent d’avoir de l’importance. Des installations ambitieuses, voire de la taille d’une pièce – de l’ objet déductif de Kimsooja (1997) présenté par Axel Vervoordt à une toile Vivian Suter de 8,8 mètres au Karma International – font ainsi partie du mélange. Pilar Corrias propose l’école flottante de poissons de Philippe Parreno,  My Room is Another Fishbowl (2016), conçue pour son installation très acclamée à la Tate Modern Turbine Hall.

Pour aller encore plus loin dans le virtuel, un collectionneur a la chance d’acquérir une salle à débordement Yayoi Kusama – le format miroir de Life Shines On (2019), via  Ota Fine Arts – peut-être l’une des séries d’œuvres d’art les plus discutées de dernières années.

Philppe Parreno, My Room is Another Fishbowl, 2016. Avec la permission de Pilar Corrias, Londres.
Philppe Parreno, My Room is Another Fishbowl, 2016. Avec la permission de Pilar Corrias, Londres.

 

D’autres galeries utilisent l’intimité et les possibilités des salles de visionnage en ligne pour contextualiser les œuvres anciennes et inhabituelles de grands noms. Hanart TZ a des collages de l’artiste prolifique à l’encre Luis Chan; Meyer Riegger a une installation à la craie sur papier de 1987 par Miriam Cahn. Nathalie Obadia présentera les premières photographies d’ Agnès Varda  prises en Chine juste avant la Révolution culturelle, tandis que la Galerie Espace propose, entre autres, deux œuvres en papier moulé de l’artiste d’origine indienne Zarina .

Internet se prête bien aux œuvres vidéo, comme le suggère la gamme d’œuvres présentées dans les salles de visionnage en ligne.

La galerie Chi-Wen présente «Just Kids!», Un regroupement d’œuvres de jeunes photographes et artistes taïwanais fluides. Un point culminant est une vidéo de  Yu Cheng-Ta et  Victoria Sin, connus pour faire référence à la culture du drag dans leur pratique. La galerie David Lewis, quant à elle, a choisi de se concentrer sur une seule pièce,  Madame de Void: A Melodrama (2018), un long métrage de 45 minutes de Felix Bernstein et Gabe Rubin présenté comme « 101 Dalmatiens » vu à travers l’objectif de « Les larmes amères de Fassbinder » de Petra von Kant .

Victoria Sin, Si j'avais les mots pour vous dire que nous ne serions pas ici maintenant, 2019. Avec la permission de la Chi-Wen Gallery, Taipei.
Victoria Sin, Si j’avais les mots pour vous dire que nous ne serions pas ici maintenant, 2019. Avec la permission de la Chi-Wen Gallery, Taipei.

Panorama photo 

Les offres photographiques couvrent une gamme complète, des classiques modernes en noir et blanc aux artistes contemporains utilisant la caméra de manière conceptuelle ou comme outil activiste. Cao Fei , présentée dans  la salle de Vitamin Creative Space, montre des images fixes de son film rétro-futuriste Nova (2019). Pour 40 kilomètres (40 kilomètres) (2014), Teresa Margolles, présentée par la Galerie Peter Kilchmann, a tiré sur les autels marqués par des actes de violence le long d’un tronçon de route notoire dans le nord du Mexique. La troisième galerie Aya a cédé sa chambre à Eiko Yamazawa. Née à Osaka en 1899, Yamazawa est devenue l’une des premières femmes photographes du Japon, qui a développé tard dans la vie un style d’abstraction particulièrement distinctif capturé sur des tirages chromogéniques et gélatino-argentiques.

Dans la perspective du lancement des salles de visionnage en ligne d’Art Basel, les galeries ont partagé des aperçus des artistes qu’elles exposeront sur leur compte Instagram.

Le site Art Basel propose une sélection d’œuvres déjà promues sur Instagram, des créations murales de  Haegue Yang (à Barbara Wien) aux installations de Tetsuro Kano (Yuka Tsuruno Gallery).

Kazumi Nakamura, Broken Hermitage 36 (Mt.Hayachine),  2018.

Galleria Continua ( San Gimignano, Pékin, Boissy-le-Châtel et La Havane)

Chenyu Gong, 龚 辰 宇, Idol-Sailor | 偶像 – 海员  , 2020.

Les salles de visionnage en ligne d’Art Basel peuvent être suivies avec le hashtag  #artbaselOVR sur Instagram et  Twitter .

SOURCE: Art Basel

PHOTOS: Art Basel

Photo carousel: Détail de l’oeuvre de Yayoi Kusama, Life Shines On, 2019, © YAYOI KUSAMA. Avec l’aimable autorisation d’Ota Fine Arts, Shanghai, Singapour et Tokyo.

Date de première publication: 19/03/2020

Faute de visiteurs réels, éloignés par le virus, les musées chinois diffusent leurs expositions en ligne

Covid-19 / Confinement : le ministère de la culture français lance l’initiative #CultureChezNous

Covid-19 / La Fondazione Prada étend son programme culturel et ses contenus sur tous ses réseaux numériques

Laisser un commentaire