La galerie Whitworth de Manchester met en vente une version NFT d’un tableau de William Blake, au profit de causes communautaires

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Le 21 juillet 2021, la galerie Whitworth de Manchester a annoncé la production et la vente en NFT d’une célèbre oeuvre de William Blake. Les bénéfices seront affectés à un fonds spécial destiné à financer des «projets socialement bénéfiques» basés sur la communauté. Le NFT est la pièce maîtresse d’un projet de recherche de deux ans intitulé Economics the Blockbuster, qui se terminera avec une exposition dont l’ouverture est prévue pour l’été 2023 au Whitworth.

En partenariat avec la plateforme d’art en ligne Vastari Labs, le Whitworth lance le 28 juillet 2021 le premier NFT émis par un musée britannique.

  • Version NFT d’un tableau de William Blake

L’image NFT est générée à partir du tableau The Ancient of Days (1794 ) de William Blake, l’une des images les plus emblématiques et les plus largement reproduites de la collection de la galerie.

L’œuvre a été produite en 1827 sous la forme d’une série d’impressions et a été reproduite en couverture du livre enluminé de William Blake Europe: a Prophecy.

William Blake (1757-1827), Europe Plate i : Frontispice, The Ancient of Days , c.1827, eau-forte en relief, encre, aquarelle, couleur du corps sur papier. H 232 x L 170 mm. Don de John Edward Taylor, 1892. The Whitworth, Université de Manchester.

Le NFT est associé à une reproduction de la peinture, réalisée à l’aide d’un équipement d’imagerie multispectrale développé par l’équipe d’imagerie du John Rylands Research Institute and Library de l’Université de Manchester.

50 exemplaires seront mis en vente sur la sur la plateforme Tezos Hic et Nunc au prix unitaire de 999 TEZ (environ 2 200 dollars en mai 2021, 6 900 dollars en septembre 2021). La galerie en conservera 2 exemplaires.

Un NFT unique est intégré dans chaque exemplaires numérique pour suivre toutes les ventes NFT du tableau The Ancient of Days NFT, prouver que l’œuvre restera dans la collection du musée à perpétuité et reverser au musée 20% lors de chaque transaction. Toutes les activités de vente et revente seront enregistrées pour analyser l’impact de cette initiative sur le musée.

  • Financer des projets sociaux et communautaires

Les revenus générés par les ventes seront utilisés pour financer des projets sociaux, visant à appliquer des approches artistiques à l’éducation, à la santé et à l’environnement, en partenariat avec des organisations locales.

Cette initiative repose sur la vision du directeur Alistair Hudson qui souhaite imposer la galerie comme un « musée utile » engagé avec les communautés locales.

« À une époque de grande instabilité sociale et économique, la galerie entre dans le monde émergent et chaotique des NFT pour tester des modèles alternatifs de financement des pratiques sociales », indique un communiqué en ligne du musée.

« Le Whitworth a décidé de se lancer dans ce projet car il voulait réfléchir à la manière dont il pourrait redistribuer la richesse de ses collections de la manière la plus démocratique. Cette technologie offre également la possibilité d’ouvrir les collections au public le plus large possible », explique Alistair Hudson dans une vidéo en ligne.

  • Un projet de recherche de 2 années

La production et la commercialisation du NFT est la pièce maîtresse d’un projet de recherche intitulé Economics the Blockbuster, qui aboutira à une exposition dont l’ouverture est prévue durant l’été 2023 au Whitworth.

Bernadine Bröcker-Wieder, directrice générale de Vastari Labs, déclare en ligne que « c’est la première fois qu’un musée examine la technologie NFT, [et] l’intègre dans sa programmation ».

Le musée suivra l’activité du NFT au cours des deux prochaines années, en documentant les discussions et réflexions autour du projet.

Poppy Bowers, conservatrice de Whitworth, explique que l’objectif de l’initiative est de « reconquérir l’économie en tant qu’ensemble de relations sociales et financières, dont nous faisons tous partie et que nous avons le devoir de re-façonner ».

Au cours des deux prochaines années, le Whitworth travaillera avec un éventail de professionnels – des artistes, écrivains et militants aux écologistes, banquiers et technologues – pour explorer des économies alternatives. Le projet comprendra une plateforme de recherche en ligne ainsi que des commandes d’artistes, des résidences, des ateliers, des activités d’enseignement et de recherche, des publications, des projets communautaires et des conférences.

Ces derniers mois, les NFT sont entrés dans le monde de l’art bien que la viabilité à long terme de ces actifs cryptographiques sur la blockchain reste incertaine.

En mai 2021, les galeries des Offices de Florence ont annoncé leur intention de transformer certaines de leurs œuvres les plus célèbres en NFT en commençant par une peinture de Michel-Ange, Doni Tondo, dont la reproduction associée à un NFT été vendue 140 000 euros. (ARTICLE CLIC: Fragilisée par la crise du covid-19, la Galerie des Offices a vendu la version NFT d’une peinture de Michel-Ange)

En mars 2021, une œuvre NFT de Beeple, Everyday: The First 5000 Days (2021), s’est vendue chez Christie’s pour 69,3 millions de dollars avec frais. (ARTICLE CLIC: Du 25 février au 11 mars 2021, Christie’s est la première maison à vendre en ligne une œuvre d’art 100% numérique)

À propos du Whitworth

The Whitworth est une galerie d’art basée à Manchester, au nord-ouest de l’Angleterre. Elle fait partie de l’Université de Manchester. Il a été fondé en 1889 sous le nom de Whitworth Institute and Park à la mémoire de l’industriel Sir Joseph Whitworth pour « la gratification perpétuelle des habitants de Manchester » et poursuit cette mission. En 2015, la galerie a entrepris un réaménagement de 17 millions de livres sterling par les architectes MUMA, qui doublé l’espace public, créant de nouvelles installations pour abriter la collection de plus de 55 000 œuvres d’art, textiles et papiers peints.

Outre des galeries agrandies, un centre d’étude, un studio d’apprentissage, et un centre de préservation des collections, la galerie a développé son parc, ses jardins communaux et ses programmes extérieurs. La galerie est reconnue pour « son travail avec les communautés afin d’utiliser l’art pour un changement social positif ». manchester.ac.uk/whitworth

SOURCES: Whitworth, presse

PHOTOS: Whitworth

Date de première publication: 24/07/2021

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