Olivier Thuillas, Chargé de mission pour l’économie du livre et la vie littéraire au Centre Régioinal du Livre en Limousin, présente « GéoCulture – La France vue par les écrivains. Ce nouveau service numérique de cartographie littéraire de la France vient d’être lancé pendant le salon du Livre. 

Vous venez de présenter officiellement « GéoCulture – La France vue par les écrivains » lors du salon du livre. En quoi consiste exactement ce nouveau service ?

« GéoCulture – La France vue par les écrivains » est un service numérique qui dessine une cartographie littéraire du territoire au fil d’extraits géolocalisés, choisis pour le lien étroit qu’ils entretiennent avec un lieu. Ces extraits de tout genre littéraire et de toute époque, sont issus aussi bien d’œuvres du patrimoine littéraire que de la création contemporaine. Accessible sur Internet et sur application mobile (AppStore, GooglePlay), La France vue par les écrivains est un service d’intérêt général, gratuit, s’inscrivant dans le respect du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle. Tous les extraits d’œuvres sous droit proposés font l’objet d’un contrat de cession avec leur(s) ayant(s) droit.  Dès son lancement en mars 2013, La France vue par les écrivains accueille 9 régions : Aquitaine, Auvergne, Centre, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Limousin, Basse-Normandie, Poitou-Charentes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Chacun (individuellement, en classe, en tant qu’éditeur, qu’auteur…) peut désormais  proposer des extraits liés à une région participante ou même à une région qui rejoindra peut-être bientôt le projet.

  

« Géoculture » est gratuit. Quel a été son budget de développement ? Comment est financé ce projet ? Quel est son modèle économique ? Quels sont vos partenaires (hors régions) ? Qui en est l’opérateur/le gestionnaire ?

Coordonné par la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill), soutenu par le Centre national du livre (CNL) et la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia), GéoCulture – La France vue par les écrivains a été développé en partenariat avec le CRL en Limousin, l’Agence de valorisation économique et culturelle du Limousin (l’Avec) et le hub agence. Le budget du projet dans son ensemble est d’environ 240 000 € et comprend une part de développements techniques (120 000 €), une part de cession de droits et des coûts de fonctionnement et de communication, comprenant le temps de travail et l’implication de toutes les structures régionales pour le livre en région. Le modèle économique est aujourd’hui entièrement public et fonctionne sur une base coopérative afin de réduire les coûts. On pourrait envisager à l’avenir un modèle économique intégrant des partenaires privés désireux d’acheter les données présentes sur le service avec un paiement « au clic », qui bénéficierait aussi aux ayant droit des œuvres. 

« Géoculture – La France vue par les écrivains » intègre des extraits d’œuvres littéraires. Sous quelles formes sont-ils proposés au public ? Comment accédez-vous à ces contenus ? Comment gérez-vous la question des droits d’auteur ?

Les structures régionales pour le livre sont particulièrement attentives au respect et à l’implication de chacun des acteurs de la chaîne du livre, de l’auteur au lecteur, en passant par les éditeurs, les libraires et les bibliothécaires. Ce service se doit donc d’être exemplaire en la matière. Le service propose la lecture d’extraits sous droit et libres de droit. Pour les extraits sous droit, nous avons travaillé en collaboration avec le Syndicat national de l’édition et la Société des gens de lettres afin d’établir un contrat type permettant de rémunérer les ayant droit tout en considérant l’économie du projet qui reste un service public non commercial.

Les extraits proposés sont sous un format texte, et plusieurs d’entre eux sont aussi accessibles en écoute dans la partie « La voix des écrivains ». Nous allons proposer de plus en plus de sons d’auteurs et de comédiens lisant les textes, mais aussi des vidéos. Nous envisageons de monter des partenariats avec les médias, en particulier les radios, désireuses de s’associer au projet.

« Géoculture – La France vue par les écrivains » est une extension nationale du projet « GéoCulture – Le Territoire vu par les artistes » développé dans le Limousin depuis 2010. Comment êtes-vous passé d’un projet régional à un projet national ? 

Nous avons en effet eu la chance de pouvoir expérimenter ce projet en Limousin en 2010, grâce à un soutien de l’Etat de la Région et de la bonne volonté de la plupart des acteurs culturels et touristique du Limousin. Aujourd’hui porté par l’Avec Limousin, « GéoCulture : le Limousin vu par les artistes » continue à se développer à accueillir de nouvelles œuvres, aujourd’hui plus de 630. Mais nous avons assez vite pris conscience qu’un tel concept alliant culture et tourisme autour de la mobilité avait vocation à dépasser largement les frontières de notre petite région.

C’est le Centre national du livre et la Fill qui nous ont permis d’accompagner cette première avancée nationale de GéoCulture, centrée sur la littérature. Le Centre régional du livre en Limousin a aussi déposé assez vite (septembre 2010) à l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) la marque GéoCulture et la charte qui l’accompagne afin de garantir les bases éthiques et coopératives auxquelles nous sommes attachés pour cette aventure.

« GéoCulture – La France vue par les écrivains » diffère aussi de GéoCulture : le Limousin vu par les artistes dans le sens où nous avons travaillé avec un partenaire technique, le hub agence, qui nous apporte son expérience et ses compétences, en particulier sur les questions d’accession des contenus en mobilité. Par ailleurs, « La France vue par les écrivains » ambitionne de rassembler une large communauté de lecteurs (les géoculteurs) qui peuvent librement proposer sur le site des contenus et des parcours.

« Géoculture – La France vue par les écrivains » associe déjà plusieurs régions. Pouvez-vous nous expliquer quels sont ces partenaires et leurs apports ? Comptez-vous couvrir l’ensemble du territoire national avec de nouveaux partenaires ?

Dès son lancement en mars 2013, « La France vue par les écrivains » accueille 9 régions : Aquitaine, Auvergne, Centre, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Limousin, Basse-Normandie, Poitou-Charentes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans chacune de ces régions, les structures régionales pour le livre (SRL) ont pu, en fédérant les compétences et les énergies des professionnels du livre et de la lecture, initier une cartographie littéraire de leur territoire, que le grand public sera désormais invité à enrichir.

Des comités scientifiques réunissant bibliothécaires, libraires, médiateurs du livre, éditeurs, universitaires, etc., ont été constitués afin de dessiner les grandes orientations éditoriales du projet régional et de veiller au respect de la charte La France vue par les écrivains. Des modérateurs bénévoles ont été mobilisés, qui assureront le développement de cette cartographie littéraire en proposant régulièrement de nouveaux extraits qualifiés et en complétant les propositions des internautes. Le comité de pilotage national réunit tous les partenaires du projet et les SRL des régions participantes. « La France vue par les écrivains » accueillera de nouvelles régions au cours de l’année 2013. Après celui déjà conclu avec la Fédération nationale des maisons d’écrivains et des patrimoines et la labellisation du projet par Marseille Provence 2013, de nouveaux partenariats pourront permettre de compléter toujours davantage les contenus associés, notamment par le développement des bonus sonores réunis dans « La voix des écrivains ».

L’amplification des contributions, la création de groupes de lecteurs-géoculteurs au sein des bibliothèques et des librairies, l’ouverture, sur les réseaux sociaux, de forums de discussion ouverts aux géoculteurs, permettront d’enrichir continuellement l’intérêt littéraire et l’attractivité de ce projet culturel numérique innovant.

« La France vue par les écrivains » sur le web et sur facebook

L’application sur l’AppStore et sur GooglePlay

La vidéo bande annonce

Interview réalisée par mail le 27 mars 2013