Avec l’impression 3D, le musée de l’Ardenne souhaite mieux accueillir les visiteurs déficients visuels

Les progrès constants de la technologie d’impression 3D permettent au musée de l’Ardenne, situé à Charleville-Mézières, de concevoir une exposition inédite, qui facilite l’accès aux oeuvres des mal-voyants et non-voyants.

© Smart’Art / Musée de l’Ardenne

Conçu avec et pour les déficients visuels, l’exposition « L’essentiel est invisible pour les yeux… » est l’aboutissement d’un projet, financé par la région Champagne Ardenne devenue depuis Grand Est, qui a nécessité deux ans de recherche et de travail.

Le musée de l’Ardenne, conjointement avec le Musée Rimbaud, a fait appel à l’impression 3D pour modéliser plusieurs œuvres de sa collection.

Depuis le 9 juin 2018, l’exposition « L’essentiel est invisible à nos yeux » permet aux mal-voyants et non-voyants d’avoir accès à 12 « peintures tactiles » conçues à partir d’oeuvres de Picasso, Sisley ou Fernand Léger.

L’objectif de réinterprétation de toiles en 3D est de « matérialiser » les œuvres afin que les visiteurs puissent les toucher et ainsi les « ressentir ».

Les responsables du musée considèrent que ce projet est aussi un outil de travail sur la manière d’aborder la muséographie.

« On a eu un autre regard et un autre point de vue. Plus on les donne à montrer aux malvoyants et plus on ressent une émotion très forte », rapporte à France 3 Carole Marquet-Morelle, directrice du musée de l’Ardenne. 

Un projet porté par un ancien architecte malvoyant

L’un des principaux acteurs de cette exposition est Rémy Closset, ancien architecte, malvoyant et administrateur de l’association Valentin Häuy.

Depuis quelques années, il travaille en étroite collaboration avec l’Institut de formation technique supérieur (IFTS) composante de l’Université de Reims, dans le but de modéliser des œuvres architecturales, des archives ou même des peintures.

Crédit photo : MAtélé

« Je dois essayer de faire la meilleure interprétation possible de l’œuvre. Je dois également faire attention à ne pas trahir l’œuvre, sous peine d’être remis à ma place par les voyants » explique Rémy Closset.

Un travail minutieux

Ce projet a été développé dans les locaux du Fablab de l’Institut de Formation Technique Supérieur. Pour créer les 11 œuvres en 3D, 150 jours de travail ont été nécessaires.

Reportage de France 3:

En effet, en raison de la précision de l’imprimante, le travail de numérisation et modélisation 3D est minutieux et la création de chaque réplique peut durer plus d‘une centaine d’heures.

« On peut aller très loin dans le détail puisqu’on utilise une fraise qui finit avec un diamètre de un millimètre », explique Vincent Marquet, ingénieur d’études au Fablab.

© France 3 / Culturebox

Pendant plusieurs années des testeurs malvoyants ont réfléchi ensemble à l’inclinaison des œuvres, à l’éclairage, aux bande podotactiles afin de savoir comment transmettre au mieux les émotions suscitées par les œuvres imprimées.

L’exposition a vu le jour suite à un appel à projet régional sur l’innovation sociale lancé par Smart Art en 2016 et piloté par l’association Lire aussi, auquel Rémy Closset a répondu avec son projet.

L’association de tous les partenaires du projet, a permis de faire de cette exposition un événement original et unique dans les Ardennes. Les musées de la ville de Charleville-Mézières ont sélectionné des œuvres avec le concours de membre du SAVS Institut Michel Fandre et organisé l’exposition. L’Université de technologie de Troyes a conçu le cahier des charges avec les déficients visuels. L’association Valentin Haüy a modélisé en 3D des œuvres retenues. Le LISM et le FabLab Smart Materials de l’IFTS de Charleville-Mézières ont réalisé les tableaux tactiles. L’association Lire Aussi a piloté le projet.

Après la cité natale de Rimbaud, l’exposition pourrait voyager en France et peut-être en Europe.

Du 9 juin au 16 septembre 2018 Entrée Libre Du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h Samedi et dimanche de 11h à 13h et de 14h30 à 18h

SOURCE : France TV, lardennais.fr, Vivre ici

PREMIERE PUBLICATION: 08/07/2018

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