Le British Museum lance une plate-forme archéologique de crowdsourcing

Quelques-uns des documents les plus importants de l’histoire humaine restent encore aujourd’hui inaccessibles à un large public. Une nouvelle plate-forme de crowdsourcing appelée MicroPasts cherche à impliquer des amateurs d’archéologie en collaboration avec des archéologues professionnels pour créer des enregistrements numériques de collections d’archives.

British Museum micropasts

Le projet, qui se concentrait à l’origine sur l’Age du Bronze, a été lancé en avril 2014, grâce à un partenariat entre le British Museum et le UCL Institute of Archaeology.

Sur le site web dédié (http://crowdsourced.micropasts.org/), les deux institutions invitent les internautes à les aider à «recueillir des données de recherche de haute qualité sur notre histoire humaine».

La plateforme interactive propose ainsi plusieurs sections permettant de participer au développement de projets de recherche déjà existants. Chacune d’elles confie des tâches dont la procédure est précisément détaillée, et qui nécessitent une intelligence et une intervention humaine, en cela qu’un ordinateur ne pourrait pas seul les réaliser.

Par exemple, le bénévole pourra accepter de localiser précisément des lieux où ont été découverts des objets anciens ou identifier des sujets dans les archives historiques. Il est également possible de s’occuper du masquage de photos destinées à la modélisation 3D, ou de retranscrire des documents d’archives. D’autres tâches peuvent exiger des contributions sur place, telles que la présentation de leurs propres photographies de certains sites ou objets archéologiques.

British Museum micropasts 2

Retranscrire plus de 30.000 catalogues sur fiches manuscrits

En contribuant au projet MicroPasts, qui devrait être accompli en une année, les bénévoles pourront ainsi:

  • avoir un impact direct sur les recherches archéologiques et historiques
  • aider en accomplissant des tâches qu’un ordinateur ne pourrait pas faire
  • développer des compétences intéressantes
  • produire des résultats qui seront libre d’accès gratuitement.

Des volontaires du monde entier se sont déjà inscrits pour aider à retranscrire plus de 30.000 catalogues sur fiches manuscrits datant de la fin du 18e siècle, et faire des photographies numériques de milliers d’objets en bronze antiques afin qu’elles soient rassemblées pour former des images 3D.

En transcrivant ces documents, où en s’intéressant au traçage des contours d’objets pour l’imagerie 3D, tout le monde peut travailler à rendre cette histoire ancienne accessible. Ces documents formeront l’une des plus grandes bases de données de la métallurgie préhistorique au Monde. Il n’y aura pas de droits d’auteur  sur les objets ou les informations, et le projet est entièrement construit sur un logiciel libre d’accès, et peut être copié de n’importe où.

Certains volontaires n’ont accompli que quelques tâches tandis que d’autres sont plus accroché. Le plus impliqué est sans doute Joellen McGann qui est arrivé le premier jour, et à terminé pas moins de 2.905 tâches.

British museum micropasts fossiles

Neil Wilkin, conservateur des collections de l’âge du bronze au British Museum, se réjouit de l’enthousiasme des bénévoles, parmi lesquels des étudiants, des archéologues amateurs, employés de bureau, des médecins et des enseignants.

«Ouvrir les trésors de l’âge du bronze au public le plus large est la raison pour laquelle je me lève» pouvait-on lire sur l’un de ses tweet.

Des fiches, dont beaucoup comportent des illustrations dessinées à la main, forment un catalogue qui répertoriait autrefois les objets d’art les plus importants et était alimenté et conservé par les prédécesseurs de Neil Wilkin. Crée en 1913, mais incluant des enregistrements beaucoup plus anciens, ce catalogue a été déplacé à Bloomsbury durant les années 1920. À l’ère numérique, il est peu à peu tombé en désuétude. Les cartes ont été enregistrés en tant que  photos numériques, mais ne pouvaient pas être recherchées en ligne jusqu’à ce que la richesse des informations qu’elles comportaient sur ​​les objets, y compris où et quand elles ont été trouvées, aient été retranscrites.

Selon Neil  Wilkin, ce travail de retranscription aurait pris des années au personnel du Museum, et le financement n’aurait probablement jamais pu être trouvé.

Au-delà du fait de mettre en ligne ce travail fastidieux, MicroPasts représente une chance pour développer le travail collaboratif entre les professionnels du domaine de l’archéologie et les volontaires qui s’engagent sur le site web.

En plus des tâches de saisie de données de style, la plate-forme vise également à mettre l’accent sur ​​les projets qui intéressent le plus le public, que ce soit des images de sites archéologiques ou aider à identifier des objets sur une carte.

De nombreux musées sont récemment tournés vers le crowdsourcing pour leurs collections, tels que la Smithsonian Institution ou le projet Calbug, un portail web où sont stockés des images, des étiquettes et des livres décrivant près d’un million d’anthropodes.

SOURCES: British Museum, hyperallergic.com

Auteur: Aurélie Weigel

Date de première publication: 25/04/2014

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