Une artiste américaine transforme des chefs d’oeuvres de la collection du Metropolitan Museum en animations interactives

Simone Seagle, une artiste numérique américaine a décidé de ré-animer en gif des oeuvres mythiques de Paul Klee ou Claude Monet mis à disposition en open content par le Metropolitan Museum. Une initiative lancée par l’artiste et saluée par l’un des plus grands musées au monde.

GIF de Simone Seagle d’après “Le Repas du Lion” (autour de 1907) d’Henri Rousseau

Depuis le lancement de sa grande campagne de numérisation et de diffusion en accès libre de ces oeuvres tombées dans le domaine public, le Metropolitan Museum of Art offre plus de 375.000 images d’oeuvres en haute résolution. Une aubaine pour les professeurs, passionnés et artistes qui peuvent sans limite utiliser, partager et transformer les oeuvres numérisées. Une opportunité saisie par Simone Seagle qui a décidé de transformer des tableaux mythiques de Paul Klee et Claude Monet en animations interactives utilisant la technologie GIF.

Un premier projet avec le Met

Simone Seagle, développeuse indépendante spécialisée dans le domaine éducatif et basée au Nouveau-Mexique, travaille régulièrement avec des musées, depuis la fin de ses études de physique à Chicago.

L’artiste a déjà travaillé en février 2018 avec le Met sur le projet The Portrait GalleryThe Portrait Gallery proposait une première création interactive sur le thème du regard et des oeuvres d’art.

Après cette première coopération, l’artiste a commencé à explorer la vaste offre d’images d’oeuvres librement utilisables sur le site web du Met et à sélectionner des artistes et des oeuvres qu’elle affectionne particulièrement pour commencer à animer les oeuvres. Pour ce travail créatif, elle utilise le logiciel Photoshop en coupant, dessinant puis en mixant le tout sur ordinateur. Plusieurs heures sont parfois nécessaires pour une seule réalisation.

En utilisant comme base des tableaux célèbres de Klee, Monet ou du Douanier-Rousseau, Simone Seagle réussit à redonner vie aux oeuvres et fusionne les univers technologique et artistique.

De la sélection à la production

En février 2017, le Metropolitan Museum of Art lançait son initiative Open Access, et rendait disponibles au grand public des images haute résolution de toutes les œuvres d’art des collections du musée, entrées dans le domaine public. (Lire l’article du CLIC France: Le Met diffuse en accès libre 375 000 reproductions des oeuvres de sa collection tombées dans le domaine public) Sous Creative Commons Zero, plus de 375 000 images sont ainsi devenues disponibles pour «utiliser, partager et remixer – sans restriction».

Lorsque le Met a annoncé son initiative Open Access, Seagle était très excitée, a-t-elle confié au site web Hyperallergic. L’artiste s’est vraiment attelé à ce projet durant l’été 2017 lorsqu’elle s’est retrouvée entre deux contrats de travail.

GIF de Simone Seagle d’après « Pont au dessus d’un étang de nénuphars » (1899) de Claude Monet

« Je perdais du temps sur les réseaux sociaux et la seule façon d’en sortir était de faire quelque chose de valeur », explique Simone Seagle.

Elle a démarré son travail de réinterprétation par « Violett » de Kandinsky  (1923), puis a poursuivi avec « Le Repas du Lion » d’Henri Rousseau  (vers 1907), « Nuages ​​et Eau » d’Arthur Dove (1930) et « Variations (Progressive Motif) » de Paul Klee (1927), achevé fin février 2018.

« je choisis habituellement des artistes qui me plaisent » explique l’artiste, citant les expressionnistes du début du XXe siècle parmi ses favoris. Mais elle est également attirée par les peintures qui se prêtent bien à être découpées avec Photoshop, telles que celles de Kandinsky et de Klee.

GIF de Simone Seagle d’après « Magnolias et Iris » de Louis Comfort Tiffany, 1908

 

Quelques heures de photoshopping, puis quelques heures de programmations ont été nécessaires pour certaines des créations. Ainsi, le vitrail Tiffany et les pièces Monet ont pris beaucoup de temps.

« J’adore les mécanismes fractaux de Tiffany, et je suis aussi fier de son apparence. Chaque fois que vous rechargez, les arbres auront l’air différents, car ils sont générés de manière aléatoire. »

Le met Museum séduit

Pour le Metropolitan Museum of Art de New York, c’est « une aubaine » que des artistes numériques s’intéressent à sa collection. Les oeuvres sont ainsi rendues « plus accessibles et apparaissent modernisées », une façon pour le musée d’être présent sur plusieurs terrains et pourquoi pas attirer plus de monde.

Le site web du musée consacre d’ailleurs un article à la démarche créative de l’artiste.

« Simone Seagle est une artiste talentueuse à l’intersection de la technologie et de la culture, et ses œuvres méritent d’être montrées », a déclaré Loic Tallon, chef de la direction numérique du Met« Les collections Met ont un objet qui inspire chaque personne connectée à Internet dans le monde. Lorsque nous libérons la collection pour que les gens l’utilisent, c’est une collection qui pourrait inspirer le monde entier. »

Le musée de New York est extrêmement enthousiaste à l’égard de toutes les possibilités offertes par l’initiative du libre accès, et il ne souhaite pas brider la créativité lors de la réutilisation des vastes ressources du musée.

« Si nous regardons des projets similaires qui ont eu lieu dans le passé, le bénéfice public l’emporte sur les effets possiblement néfastes d’une mauvaise utilisation. Les gens utilisaient déjà de mauvaises images de toute façon, alors nous préférons donner accès à tout le monde des reproductions en haute résolution à tout le monde » explique Loic Tallon« Dans l’histoire, l’art a toujours emprunté à ce qui s’est passé avant, notre approche ouverte poursuit ce processus. »

Le musée considère cette initiative comme une façon d’élargir l’audience du musée, rendant le Met beaucoup plus accessible aux personnes qui ne peuvent pas venir dans l’espace physique.

C’est pour cette raison que le Met, multiplie des partenariats officiels avec Google, la Fondation Wikimedia, la plateforme archives.org pour diffuser de manière encore plus libre et large les images de sa collection. (Lire l’article du CLIC France: Six mois après le lancement de sa politique Open Access, le Met Museum renforce sa visibilité sur Wikipedia et conclu un nouvel accord avec Google).

Le Met souhaite ainsi favoriser le développement de nouvelles pratiques créatives pour remixer ses œuvres.

Site web de Simone Seagle

SOURCES: Met Museum, Hyperallergic, RTBF, tangerinedev.com/

Date de première publication: 12/03/2018

Photos: Simone Seagle, tangerinedev.com/

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