Agrandi et repensé, le MoMA de New York mise sur l’accrochage thématique, le décloisonnement et le dialogue

Ce lundi 21 octobre 2019, le Museum of Modern Art, musée d’art contemporain de New York, situé à Manhattan, rouvre ses portes après quatre mois et 450 millions de dollars de travaux. Avec un espace d’exposition augmenté de près d’un tiers et un agencement réinventé, l’institution privilégie désormais des accrochages thématiques et non chronologiques, des parcours moins formalisés et des regards croisées entre artistes.

Le Moma abrite des chefs-d’oeuvre allant de « La nuit étoilée » de Van Gogh aux boîtes de soupe peintes par Warhol, en passant par « Les Demoiselles d’Avignon » de Picasso.

Depuis son installation en plein cœur de Manhattan en 1939, le MoMA a plusieurs fois repoussé les murs pour répondre à la croissance à la fois de sa collection et de sa fréquentation.

En 1950, 1962, 1980 et 2001, des travaux successifs ont transformé ce musée qui n’a jamais voulu quitter son quartier de naissance. Et en 2015, le MoMA a décidé de s’agrandir de nouveau.

Après une première extension vers l’est, le long de la 53e Rue, achevée en 2017, c’est à l’ouest que le Moma s’étend à nouveau.

Opération immobilière

Pour pouvoir s’agrandir sans déménager, le MoMA a vendu le terrain qui jouxtait son bâtiment historique à un promoteur immobilier, qui a réservé au musée les trois premiers étages d’une nouvelle tour mitoyenne de 320 mètres de haut dessinée par l’architecte français Jean Nouvel.

Le musée a gagné presque 3 600 m2 d’espace d’exposition supplémentaire, soit environ 30 % de plus, pour un total de 15 500 m2 de galeries.

Les nouveaux espaces situés dans le nouvel immeuble sont néanmoins totalement intégrés au musée et forment un ensemble homogène. Et beaucoup plus lumineux, grâce à l’ajout de nouvelles baies vitrées et à de nouvelles entrées qui ont été percées, dont celle sur la 53e Rue que coiffe un auvent de 43 tonnes.

L’ensemble du projet a coûté près de 450 millions de dollars américains, principalement financés par les amis du musée. En février 2019, la famille Rockefeller a ainsi fait don de 200 millions de dollars au MoMA. Il s’agit de l’une des sommes les plus importantes jamais léguées à un musée. David Rockefeller, décédé en 2017, avait déjà donné 100 millions de dollars à l’institution en 2005, ainsi que de nombreux tableaux de maîtres, notamment de Gauguin, Matisse, Picasso ou Cézanne. En outre, sa famille a déjà versé au musée une partie du produit de la vente historique de la collection de David et Peggy Rockefeller, qui avait atteint 832 millions de dollars au total en mai 2018. En 2016, le musée a également reçu un don de 100 millions de dollars du producteur américain David Geffen.

Du chronologique au thématique

Grâce à ce nouvel espace, le MoMA va pouvoir exposer au public environ 2 400 œuvres par an, contre 1500 en moyenne jusqu’ici. Et surtout, il les exposera de manière très différente

Le Moma n’innove pas seulement par le réaménagement de ses espaces mais surtout par ses modalités d’accrochage. Pour la première fois, les œuvres ne seront plus seulement présentées par périodes, mais aussi par thématiques, avec un panneau explicatif à l’entrée, volontairement rédigé dans un langage accessible.

Ainsi, « Les Demoiselles d’Avignon » de Picasso ne sera plus présenté à côté d’autres tableaux du peintre espagnol, mais d’une toile de 50 ans plus récente, de l’artiste Faith Ringgold, qui lui fait écho.

Le Moma mise également sur l’interdisciplinarité en permettant le mélange dans la même salle de peintures, sculptures, photographies et vidéos.

Dans la salle 502, par exemple, des Picasso et des Braque encadrent une séquence tournée dans le métro new-yorkais, en 1905.

Le musée laboratoire

Pour créer une dynamique et inciter les visiteurs de NYC a revenir plus souvent, le musée a décidé de modifier l’accrocchage environ tous les six mois.

Le directeur du Moma Glenn Lowry souhaite ainsi revenir à l’esprit du premier directeur, Alfred Barr, qui avait imaginé le musée comme un laboratoire.

« Alfred Barr avait compris que le musée allait être en perpétuelle mutation, changeant et évoluant au diapason de l’art moderne et contemporain » explique Glenn Lowry.

Les nouveaux espaces prévoient également de redonner une place à la performance : une nouvelle galerie, située au troisième étage, aux murs et plafonds noirs, sera entièrement dédiée à cet art. Pour son ouverture, le Studio accueillera une installation sculpturale et sonore du pianiste et compositeur David Tudor (1926-1996).

Un nouvel espace de dialogue

Le Creative Lab du premier étage (deuxième niveau) se présente comme une plateforme de débats, où les visiteurs seront invités à prendre la parole.

« On aurait tort de penser que l’histoire de l’art moderne et contemporain est révolue. Elle s’écrit encore. Il n’y a rien de honteux à ne pas avoir réponse à tout en la matière », affirme Glenn Lowry.

Les nouveaux espaces proposeront aussi des galeries d’expositions gratuites, au rez-de-chaussée, de nouvelles salles d’ateliers pour tous les publics… et évidemment une boutique rénovée.

Le MoMA accueille tous les ans quelque trois millions de visiteurs, pour moitié des Américains et pour moitié des étrangers.

SOURCES: MoMA, presse

PHOTOS:MoMA

Date de première publication: 21/10/2019

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