Après les jeux vidéos et le symbole @, le Moma de NY intègre les 176 premiers émoticônes à sa collection design

Le 26 octobre 2016, le musée d’Art Moderne a annoncé l’intégration d’un ensemble original de 176 emoji (smileys) à sa collection. Offert par la compagnie nationale japonaise Nippon Telegraph and Telephone, NTT DOCOMO, ces émoticônes originaux ont été développés sous la supervision de Shigetaka Kurita, un membre de l’équipe de développement i-mode du groupe, et conçus pour les téléphones cellulaires en 1999. Selon le musée, « ces objets de 12 x 12 pixels sont à l’origine de la croissance explosive d’un nouveau langage visuel ».

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Shigetaka Kurita, NTT DOCOMO. Emoji (série originale de 176). 1998–99. Software and digital image files. Gift of NTT DOCOMO Inc., Japan

Les emoji de Kurita ont été instantanément copié par les entreprises rivales au Japon. Douze ans plus tard, de nouveaux emoji ont été créé pour l’iPhone d’Apple, et l’emoji est ainsi devenu -selon les termes de Paul Galloway, un spécialiste de la collection architecture et design du MoMA, « une nouvelle forme de communication numérique mondiale ».

Ce ne sont pas les seuls « objets » de caractère numérique inclus par le MoMA a dans sa collection. En 2010, Paola Antonelli, le conservateur en chef du département architecture et design du musée, a annoncé que le musée avait acquis le symbole @. En 2014, le même musée a ajouté à sa collection une série de jeux vidéos emblématiques.

Une invention japonaise, inspirée par l’antiquité

moma-emoji-collection-2Depuis sa fondation en 1991 par la compagnie nationale japonaise Nippon Telegraph and Telephone, NTT DOCOMO a été à l’avant -garde de l’innovation dans le secteur en plein essor des communications mobiles. Les premiers appareils mobiles étaient rudimentaires et visuellement peu maniable, capable de recevoir uniquement des informations simples sur les prévisions météorologiques et un sms texte de base. Avec son logiciel Internet révolutionnaire « i-mode » mobile, NTT DOCOMO a développé une interface plus conviviale. Shigetaka Kurita, membre de l’équipe de développement i-mode, a alors proposé une meilleure façon d’intégrer des images dans l’espace visuel limité disponible sur les écrans de téléphone cellulaire.

Mis à disposition du public en 1999, les 176 emoticon de Kurita ont été un succès immédiat, et ont été copié par les entreprises rivales au Japon. Douze ans plus tard, quand un ensemble beaucoup plus important de smileys a été créé pour l’ iPhone d’Apple, les émoticones ont réellement fait irruption dans la communication numérique mondiale.

Comme l’explique Paul Galloway sur le site medium.com: « les émoticones résultent d’une longue tradition du langage visuel. Les images et les motifs ont ainsi été combiné avec le texte depuis l’antiquité. Les premiers spécimens de motifs visuels ont fonctionné comme un moyen d’augmenter à la fois le contenu expressif du texte et la qualité esthétique de l’ensemble de la page imprimée. Avec l’avènement du courrier électronique dans les années 1970 et l’évolution ultérieure de la correspondance concise, presque télégraphique, la transmission du ton et de l’émotion est devenu à la fois plus difficile et plus importante ».

Pour répondre à cette demande, au début des années 1980, les utilisateurs d’ordinateurs ont commencé à composer des émoticônes pour créer des visages simple, dont le fameux visage souriant 🙂 est le plus célèbre.

« Au Japon, le jeu de caractères plus grande offert par la langue a donné naissance aux Kaomoji. Combinées avec du texte, ces « images » simples ont permis une intonation plus nuancée. Les émoticônes, Kaomoji et emoji, ont ainsi réaffirmé l’ être humain dans le très impersonnel espace abstrait de la communication électronique ».

Les premiers émoticones

Travaillant dans les logiciels et les télécommunications depuis la fin des années 1990, Kurita a créé son emoji dans un espace de 12 x 12 pixels. Inspiré notamment par la culture et le style manga, Kurita a conçu un ensemble de 176 emoji qui comprenait notamment des illustrations des phénomènes météorologiques, des pictogrammes comme le ♥, et une gamme de visages expressifs. L’emoji est resté un phénomène largement japonais jusqu’en 2010, quand ils ont été traduits en Unicode. Cette évolution a permis à un utilisateur au Japon d’envoyer un emoji à un utilisateur en France avec la même image envoyée et reçue. Google a inclus l’emoji dans Gmail dès en 2006, mais il a fallu attendre 2011, quand Apple a ajouté une fonctionnalité emoji à son application de messagerie iOS. « L’emoji est alors devenu une pratique mondial et un phénomène créatif ».

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Paul Galloway ajoute : « l’emoji d’aujourd’hui (Unicode en dénombre près de 1.800) a évolué bien au-delà des 176 créations de Kurita pour NTT DOCOMO. Cependant, tous ces symboles trouvent leur ADN dans l’émoji minimaliste et pixélisé de Kurita. Le phénomène Emoji continue de se développer à travers le monde. Pour avoir une idée de la richesse de cette forme de création, l’emojitracker de Matthew Rothenberg  recense l’utilisation des emoji sur Twitter en temps réel. A San Francisco, une première Emojicon, une célébration de la culture emoji a été organisée. Enfin, une installation prochaine au MoMA, inaugurée au début de Décembre, présentera l’évolution des emoji et donnera aux visiteurs l’occasion de les découvrir d’une manière originale ».

Enrichir la collection numérique du MomA

La collection du MoMA s’est peu à peu enrichie d’exemples d’innovations technologiques qui ont changé radicalement notre monde, via les téléphones mobiles et les ordinateurs personnels. Ainsi le symbole @ est entrée dans la collection du musée en 2010 rejoint par les jeux vidéos en décembre 2012 (Après l’exposition du Smithsonian, le MoMA intègre les jeux vidéo à ses collections)et par une première application mobile en juin 2014 (« Biophilia » de Björk est la première application mobile intégrée à la collection du MoMA de NY).

Les émoticônes sur Wikipédia France

SOURCE: MoMA

Date de première publication: 27/10/2016

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