Le musée de l’Armée lance une troisième campagne de financement participatif pour « réunir les époux Lasalle »

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Le musée de l’Armée souhaite acquérir le portrait de la comtesse de Lasalle et de sa fille, réalisé en 1812 par le peintre français Antoine-Jean Gros. Pour l’accompagner dans cet ambitieux projet d’acquisition, le Musée s’associe à la plateforme de crowdfunding Ulule pour lancer une campagne d’appel aux dons du 11 octobre 2021 au 4 février 2022, sous le parrainage de Stéphane Bern. Afin de réunir le général Lasalle et son épouse au sein de ses espaces, le Musée fait ainsi appel à toutes les générosités et lance par la même occasion sa troisième opération de financement participatif, avec pour objectif 200 000 euros de collecte.

  • 2 tableaux aux histoires parallèles

Le portrait représente Joséphine d’Aiguillon, fille d’un gendarme de la Maison du Roi qui épousa en premières noces le général Victor-Léopold Berthier, avec lequel elle eut trois fils. Durant la première campagne d’Italie, elle fit la rencontre du comte de Lasalle, célèbre général des hussards de l’armée napoléonienne, qui se distingua à Rivoli en 1797 avant de rejoindre Rome. Ils se marièrent en 1803, à l’issue du divorce de Joséphine. De leur union naquit une fille, Charlotte-Joséphine, en 1806.

Commandé par la veuve du général Lasalle à la suite de la mort de son époux sur le champ de bataille de Wagram le 6 juillet 1809, ce portrait la représente en grand habit de deuil aux côtés de leur fille. Il constitue le pendant posthume du Portrait du général Lasalle au siège de Stettin, portrait d’apparat mais aussi memento mori d’une rare profondeur commandé quelques années plus tôt par la comtesse à son ami le peintre Antoine-Jean Gros, et qui est conservé au musée de l’Armée.

  • Féminiser la collection

Dès l’acquisition du portrait de Joséphine d’Aiguillon, vendu pour un montant de 420 000 euros, les deux tableaux seront présentés dans le parcours permanent consacré au Premier Empire, à proximité l’un de l’autre.

Antoine-Jean Gros (1771-1835), Portrait de Joséphine d’Aiguillon, comtesse de Lasalle, et de sa fille Charlotte-Joséphine, 1812, huile sur toile, H. 250 L. 175 cm, Collection particulière.

Le portrait de la comtesse de Lasalle et de sa fille sera le premier grand portrait féminin présenté au sein des collections publiques du musée de l’Armée.

Joséphine d’Aiguillon et le général Lasalle incarnent également l’image d’un couple audacieux et passionné que le musée de l’Armée souhaite réunir.

« Je t’aime comme la fumée du tabac et le désordre de la guerre ». Ces mots du général Lasalle à son épouse reflètent la passion qui unissait ces deux figures au caractère affirmé. Le général, véritable « trompe-la-mort », s’illustre à de nombreuses reprises sur le champ de bataille par son courage héroïque, laissant son épouse dans la crainte constante de sa disparition. Quant à la comtesse de Lasalle, elle incarne par sa personnalité et son existence, cette figure de femme indépendante, tenant salon, aspirant au bonheur
individuel, et s’emparant des libertés nouvelles nées à la faveur de la Révolution.

Par cette acquisition, le Musée souhaite donc renforcer la place, souvent méconnue, qu’occupent les femmes dans l’histoire militaire de notre pays.

« Il s’agira du premier grand portrait féminin présenté au sein des collections publiques du musée de l’Armée. Au-delà de la beauté de l’oeuvre, ce portrait incarnera la volonté du Musée de redonner une place plus importante aux femmes, aux épouses et aux familles dans l’histoire militaire » explique le musée.

L’œuvre est aussi un témoignage d’amour conjugal et filial. Le peintre représente un dialogue silencieux entre l’épouse en tenue de deuil et le défunt représenté sous la forme d’un buste en marbre éternisé par l’histoire. La jeune Charlotte-Joséphine semble vouloir entraîner sa mère vers la vie et le jardin où les trois fils – adoptés par le général Lasalle – les attendent.

  • Un chef d’œuvre du second empire

Ce portrait, chef-d’œuvre de la peinture du Premier Empire, est remarquable par le traitement des carnations et des textures. L’œuvre retient également l’attention du spectateur par sa grâce en exposant la beauté des deux figures féminines tout en exprimant leur sentiment avec retenue.

Il s’agit là d’une caractéristique de l’artiste, auteur des deux portraits de la Comtesse et du général Lasalle.

Patriote et fervent défenseur de Napoléon, Antoine-Jean Gros est l’un des grands peintres de la période. S’il met son art au service de l’Empire, il n’hésite pas, pour autant, à évoquer la souffrance et le chagrin.

Antoine-Jean-Gros était un artiste proche de la famille Lasalle. Joséphine d’Aiguillon fit sa rencontre en 1797 dans l’entourage de Joséphine de Beauharnais et se prit d’amitié pour l’artiste, peintre d’histoire au service de la geste napoléonienne, et pêtri d’influences flamandes, au premier rang desquelles celle d’Anton Van Dyck.

« Renvoyant à l’une des plus anciennes fonctions du portrait – pallier l’absence temporaire ou définitive d’être chers – ces deux œuvres s’inscrivent dans une forme de modernité en tant que signe d’aspiration au bonheur familial. Elles témoignent également de l’affirmation progressive des femmes, en tant que cheffes de famille et gardiennes de mémoire, au sein d’une génération dont les représentants masculins furent fauchés par les guerres de la Révolution et de l’Empire ».

Salués dès leur époque comme deux chefs-d’œuvre de l’art du portrait, les deux toiles échoient à Charlotte-Joséphine, fille des deux modèles qui les lègue à son tour à ses deux filles. Le portrait du Général rejoint les collections du musée de l’Armée en 1967, tandis que le portrait de la Comtesse reste en mains privées. La campagne de financement participatif vise à enfin réunir ses deux tableaux.

  • À quoi va servir le financement ?

Participer à cette souscription, c’est soutenir le musée de l’Armée dans son projet d’acquisition visant à enrichir ses collections et ainsi permettre de réunir les portraits de la Comtesse et du Général dans un parcours évoquant la place des femmes et des familles de combattants.

Le musée de l’Armée espère collecter 200 000 euros auprès du public afin d’acquérir ce portrait exceptionnel, mis en vente 420 000 euros. Tous les dons supplémentaires serviront au financement de la restauration de la toile et à l’installation du portrait de la Comtesse à proximité de son époux dans le parcours permanent consacré au Premier Empire. 50 000 euros de frais de restauration et de muséographie ont été évalués par le musée.

« L’acquisition du portrait de la comtesse de Lasalle offrira au musée de l’Armée la possibilité d’évoquer, à travers le destin singulier de cette famille, celui d’autres familles, bouleversée par les deuils et blessures de guerre, mais aussi l’évolution des sensibilités, ainsi que l’histoire culturelle et artistique des conflits ».

  • Avantages fiscaux et contreparties pour les donateurs

En tant qu’établissement public, le musée de l’Armée est habilité à recevoir des dons faisant l’objet de déductions fiscales.

. Les particuliers bénéficient d’une réduction fiscale de 66% du montant du don réalisé sur l’impôt sur le revenu, dans la limite de 20% du plafond imposable. En cas de dépassement de ces seuils, il est possible de reporter l’excédent sur les cinq exercices fiscaux suivants.

. Les entreprises bénéficient d’une réduction fiscale de 60 % du montant du don réalisé sur l’impôt sur les sociétés, dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires. En cas de dépassement de ces seuils, il est aussi possible de reporter l’excédent sur les cinq exercices fiscaux suivants.

Le Musée propose plusieurs contreparties : remerciements, diplôme de donateur à son nom avec le grade de donateur, expérience unique aux Invalides et d’autres contreparties exclusives à découvrir tout au long de la campagne ! Les contreparties !

Ce projet bénéficie du parrainage de Stéphane Bern. 

« Au décès du Général en 1809 lors de la bataille de Wagram, la comtesse de Lasalle commande ce portrait à son ami l’artiste Gros. L’œuvres reflète avant tout une histoire d’amour née en Italie à la fin du XIXe siècle. Par amour, Joséphine d’Aiguillon va divorcer pour épouser le comte de Lasalle et ils s’aimeront jusqu’à sa mort. Vous aussi, aidez le musée de l’Armée à réunir le couple Lasalle et acquérir ce chef-d’oeuvre ! » explique l’animateur amoureux du patrimoine.

  • Seconde campagne avec Ulule

Cette nouvelle souscription, ouverte du 11 octobre 2021 au 4 février 2022, est la troisième campagne de financement participatif du Musée de l’Armée, et la seconde sur la plateforme Ulule.

Le 8 juin 2016, l’institution avait clôturé une première campagne de collecte couronnée de succès, avec un taux de collecte de 136% et un don moyen de 76 euros. Grâce à 270 généreux contributeurs et une recette globale de 20 534 euros, le dernier Cheval de Napoleon, Vizir, a ainsi pu faire l’objet d’une restauration.

Cette restauration a eu lieu en public et a ensuite conduit Vizir dans une vitrine dédiée, dont le financement a été rendu possible grâce au financement public.

Entre 2019 et février 2021, le musée de l’Armée a lancé une « souscription pour la restauration du tombeau de l’Empereur et des monuments napoléoniens » avec la Fondation Napoléon, sans passer par une plateforme dédiée au crowdfunding. Cette campagne a permis de collecter 800 000€ et de dépasser les objectifs.

Les chiffres clés de la campagne

Objectif de collecte fixé à 200 000 €
420 000 € de budget d’acquisition
50 000 € de frais de restauration et de muséographie
4 mois de campagne de crowdfunding menée avec Ulule

fr.ulule.com/reunissons-le-couple-lasalle/

A propos du musée de l’Armée

Parmi les musées parisiens les plus fréquentés, avec plus de 1,2 million de visiteurs en moyenne ces cinq dernières années, le musée de l’Armée propose au public de découvrir l’Hôtel des Invalides et son célèbre
Dôme, qui abrite le tombeau de Napoléon Ier et de parcourir l’histoire de France à travers ses collections.
L’établissement, créé en 1905, conserve l’une des collections d’histoire militaire les plus riches au monde avec près de 500 000 pièces, de l’âge du bronze au XXIe siècle. Visites guidées et ateliers pédagogiques, expositions temporaires, conférences et colloques, cinéma, animations, concerts et événements sont organisés durant toute l’année.

SOURCES: musée de l’Armée

PHOTOS: musée de l’Armée

Date de première publication: 11/10/2021

Le musée de l’Armée est membre du CLIC

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