Des dizaines de modèles anatomiques en 3D d’espèces éteintes ont été réalisés par le Musée D’Arcy Thompson de l’Université de Dundee pour faciliter l’apprentissage des étudiants en Anatomie à travers le monde. Ils sont librement utilisables et téléchargeables sur le site web du musée Ecossais.

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Pour ce faire, il a fallu mobiliser des techniques de numérisation et modélisation 3D à la pointe de la technologie afin de « cloner » les différentes espèces éteintes et autres objets de la collection d’Arcy Thompson, le tout premier professeur en Biologie de l’Université de Dundee. Ainsi des chiens des Prairies, des poissons et tortues géantes, des crânes d’éléphants, de rhinocéros et bien d’autres objets ont pris une seconde vie grâce à la technologie.

Les modèles réalisés en 3D sont hébergés en ligne sur le site du Musée et sont disponibles pour l’affichage et le téléchargement dans le monde entier sous une licence Creative Commons.

La 3D au service de la recherche et de l’éducation

Le catalogue en ligne des modèles en 3D comprend, entre autres, le crâne sectionné d’un Thylacine, autrement connu sous le nom de « Loup de Tasmanie », une espèce éteinte de marsupial carnivore. Et ce catalogue permet de faire avancer la recherche.

L’analyse précise permise par une telle modélisation a ainsi conduit les experts à reclasser l’un des crânes du Musée qui appartenait à la catégorie des « éléphants indiens », dans celle des « éléphants des forêts d’Afrique ».

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Modèle en 3D du crâne de l’éléphant des forêts d’Afrique

A ce jour, les modèles ont été visionnés plus de 10 000 fois dans plus de 25 pays avec plus de 1600 téléchargements, ce qui représente un « succès viral considérable » pour le Musée et la visée pédagogique du projet.

La collection numérique a déjà fait l’objet de plusieurs initiatives d’apprentissage et d’enseignement à travers le monde, y compris à l’Université du Queensland en Australie. 

A l’origine, le projet a été lancé par le Dr Caroline Erolin, coordonnatrice du cours d’Art médical du Centre d’anatomie et d’identification humaine (CAHID) de l’Université de Dundee, qui utilise la collection et les installations du musée comme supports pédagogiques.

« Toute visite au Musée de Zoologie D’Arcy Thompson permet d’apprendre des choses fascinantes », a-t-elle déclaré. « Je me tourne aujourd’hui vers l’avenir de l’art médical et des artistes, en particulier grâce aux nouvelles technologies. Ce  projet en 3D m’a permis d’explorer davantage la collection tout en perfectionnant mes compétences en conception 3D et numérisation. Voir les modèles se concrétiser, fut une expérience inoubliable.

Des spécimens plus petits ont été scannés avec un micro scanner, tandis que des échantillons plus grands (d’environ 20 cm) ont été capturés à l’aide de scanners de lumière structurés portatifs (…) J’aimerais numériser et numériser tous les spécimens dans le musée mais il y en a des milliers, ce n’est tout simplement pas possible. J’ai travaillé avec Matthew Jarron, le conservateur du musée, pour identifier les spécimens les plus intéressants et les plus pertinents pour Le travail et l’héritage d’Arcy Thompson ».

Faire honneur à l’héritage d’Arcy Thompson et célébrer le centenaire de son livre

Cette année marque le centenaire de la publication du livre séculaire de D’Arcy, « Sur la croissance et la forme », qui a été salué comme «le plus grand travail de prose dans la science du vingtième siècle». Grâce à ses diagrammes de transformation emblématiques, D’Arcy a démontré que les lois de la croissance plutôt que l’évolution pourraient être utilisées pour expliquer les différentes formes d’espèces apparentées. Ce livre a inspiré des scientifiques, des artistes et des penseurs aussi divers que Alan Turing, CH Waddington, Claude Lévi Strauss, Jackson Pollock et Norman Foster. Il a été le pionnier de la science biomathématique et son influence dans l’Art, l’Architecture, l’Anthropologie, la Géographie, la Cybernétique et bien d’autres domaines se poursuit encore aujourd’hui.

L’initiative numérique du musée vise donc à consolider l’héritage scientifique d’Arcy Thompson.

Le commissaire du musée, Matthew Jarron, a déclaré: «C’est une excellente façon de rendre accessible aux spectateurs du monde entier la collection étonnante d’Arcy Thompson, particulièrement cette année, pendant laquelle un grand intérêt international pour le travail d’D’Arcy revient au goût du jour ».

Les étudiants du Dr Erolin poursuivent le projet en numérisant toujours plus d’objets de la collection. Ils utilisent également une imprimante 3D pour produire des copies de spécimens fragiles qui pourront ainsi être utilisés dans l’enseignement universitaire partout dans le monde.

SOURCES: University of Dundee, Psy.org

Mise en ligne le 12/05/17

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