A l’occasion du centenaire de la 1ère Guerre Mondiale, le musée de Grenoble et le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère s’associent pour proposer une exploration numérique du tableau d’ Othon Friesz « La Guerre ». Cette exposition, intitulée “1915, fragments d’histoire”, permet de découvrir l’oeuvre sous deux visions différentes et gratuitement en partant du musée de la résistance.

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Cette exposition d’un genre nouveau s’appuie sur un concept innovant – fruit du partenariat entre le musée de Grenoble et le musée de la résistance et de la déportation de l’Isère.

grenoble la guerreL’œuvre d’Othon Friesz a été réalisée durant la première Guerre mondiale par son auteur, revenu blessé du front.

L’immense peinture, exposée au musée de Grenoble, connait une seconde vie du fait de sa mise en valeur par deux écrans numériques tactiles, un dans chaque musée, qui décryptent chaque scène du tableau.

16 fragments de la toile, correspondant à autant de thèmes qui ont marqué l’artiste : l’invasion, les soldats, l’enfer, l’espoir… peuvent ainsi être explorés et analysés par les visiteurs.

En s’appropriant un ou plusieurs fragments d’Histoire révélés par le tableau, le public « construit son cheminement entre l’oeuvre réelle et sa reproduction enrichie et devient acteur d’une nouvelle expérience de visite, d’un musée… à l’autre ».

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Les deux écrans tactiles permettent de découvrir l’œuvre de manière plus moderne, d’agrandir l’image numérique, d’explorer les détails et d’en savoir plus sur l’artiste et sa création.

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(c) www.placegrenet.fr

Un dispositif très original

Ce projet numérique inédit a été initié par Éric Chaloupy, médiateur au musée de Grenoble. L’œuvre La Guerre d’Othon Friesz a été choisie car c’est une des rares réalisations du XXe siècle qui s’appuient sur des photos et films de l’époque. Autant de ressources qui ont pu être intégrées sur les écrans tactiles des deux musées.

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Comme l’explique Éric Chaloupy sur le site placegrenet.fr : «Faire revivre cette histoire, c’était comme un Graal qui nous animait».

Le projet a ensuite nécessité la collaboration entre les équipes des deux musées isérois.

Pour construire le projet, les équipes se sont livrées à un véritable travail d’enquête pour décrypter le tableau. Observer chaque détail, remonter aux sources de l’oeuvre, consulter les archives, travailler sur l’artiste et son époque. La recherche a permis de rassembler de nombreux documents iconographiques, des vidéos et des témoignages.

«Je ne connaissais pas dans le détail l’équipe du musée de la résistance et de la déportation mais nous avons connu une belle ambiance de collaboration entre les deux musées», reconnaît Guy Tosatto, directeur du musée de Grenoble.

Pour Olivier Cogne, directeur du musée de la résistance et de la déportation de l’Isère, c’est un «partenariat qui n’est pas naturel, mais qui s’est extrêmement bien passé».

Un partenariat nouveau qui permet de croiser deux dimensions, l’une historique et l’autre artistique. Au Musée de la Résistance, le visiteur trouve les contenus historiques associés aux différents fragments tandis qu’au musée de Grenoble il dispose d’un point de vue plus artistique.

L’interactivité de l’outil facilite « la mise à disposition des contenus et la libre circulation des visiteurs dans un parcours dont ils deviennent les acteurs« .

Au musée de Grenoble, s’il découvre les oeuvres de Friesz, le public revisite aussi les collections permanentes, renvoyé vers des œuvres aux sujets similaires ; au Musée de la Résistance, le visiteur est invité à mettre en lien le regard de l’artiste, nourri de son expérience de soldat, avec les portraits de 12 Isérois présentés dans l’exposition.

Comme l’explique Ghislaine Girard du pôle innovation, service patrimoine culturel du conseil départemental : «Il fallait imaginer cet échange entre les deux musées».

Ce dispositif a été imaginé par la Direction de la culture et du patrimoine du Département de l’Isère (Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère et pôle innovation) et le musée de Grenoble à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale. Il a bénéficié du soutien de la la succession Friesz. La programmation et la réalisation des dispositifs numériques a été confiée à la société Opixido.

Le dispositif numérique présenté en vidéo (Place Grenet):

Visiter les deux musées pour résoudre les énigmes

Le partenariat entre les deux musées grenoblois offre également une dimension ludique. Le scénario du dispositif numérique implique les deux musées (distants de 5 minutes de marche) et incite même à les visiter de manière réelle.

Ainsi, lorsque le visiteur «adopte» une pièce sur l’écran tactile de l’œuvre, une question apparaît pour susciter sa curiosité et la réponse se trouve dans l’autre musée. L’écran fournit alors un code de 8 caractères à noter sur un document prévu à cet effet que le visiteur doit entrer sur l’écran de l’autre musée. Pour favoriser cette navigation entre les deux lieux, un visiteur qui démarre au musée de la résistance et de la déportation est accueilli gratuitement au musée de Grenoble.

Ce projet collaboratif n’est peut-être qu’une première étape

Car Olivier Cogne estime que «ce passage au numérique dans les musées est essentiel. Il intéresse un grand nombre de personne. C’est un dispositif innovant, qui se veut attractif, ludique osons le mot, même si nous renvoyons à une période très tragique de notre histoire».

Éric Chaloupy d’ajouter : «c’est aussi une nouvelle forme de médiation pour le public. Il y a un espace de liberté supplémentaire».

Une belle initiative à suivre !

L’exposition numérique “1915, fragments d’histoire” est ouverte jusqu’au 12 octobre 2015.

SOURCES: grenoble.fr, placegrenet.fr

Date de première publication: 18/05/2015

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