Le Musée Nelson-Atkins récompense son principal donateur en lui donnant une copie numérique des 29 oeuvres reçues

En 2015, Henry Bloch, riche collectionneur, a fait don de 29 chefs d’oeuvres de Cézanne, Matisse et Manet au Musée Nelson-Atkins. Fin 2016, le musée lui a fait don des copies numériques des oeuvres, qu’il a décidé d’accrocher aux murs de son domicile.

Le donateur Henry Bloch devant les reproductions numériques de ses chefs d'oeuvres accrochées sur les murs de son domicile. (c) Jason Tracy, The Wall Street Journal
Le donateur Henry Bloch devant les reproductions numériques de ses chefs d’oeuvres accrochées sur les murs de son domicile. (c) Jason Tracy, The Wall Street Journal

Le Wall Street Journal a révélé dans son édition du 25 janvier 2017 que le Nelson-Atkins Museum of Art de Kansas City qui a reçu 29 chefs d’oeuvres de Manet, Van Gogh, Cézanne et Matisse les a « rendu » au généreux donateur Henry Bloch, sous la forme d’une copie numérique.

Le musée a produit des impressions numériques haute définition de chacun des 29 tableaux reçus en 2015 et a livré les répliques encadrées au domicile du donateur il y a deux mois.

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Trois des 29 chefs d’oeuvres offerts au musée et reproduits: Paul Gauguin, « The Willow Tree », 1889; Paul Cézanne, « Man with a Pipe », 1890-1892; Vincent van Gogh, « Restaurant Rispal at Asnières », 1887; Donation Henry W. and Marion H. Bloch, 2015.13.9.

« Les copies, explique Henry Bloch, 94 ans, sont si crédibles que je les ai accroché à l’endroit même où se trouvaient les chefs d’oeuvres avant la donation. Ces copies empêchent mes murs de se retrouver orphelins. Chaque musée devrait offrir ce service ».

Le collectionneur explique au WSJ qu’il n’a pas honte de vivre avec des copies parce que « cela lui donne une chance de dire aux visiteurs que les originaux se trouvent maintenant dans les nouvelles galeries Bloch du musée, financées par lui même. Il peut également dormir plus profondément parce qu’il ne craint plus les cambrioleurs ou un incendie comme c’est déjà arrivé dans le passé et il n’a plus à payer des polices d’assurance au tarif incroyable ».

Remercier son plus fidèle ami

"Stammer Mill" de Piet Mondrian. Nelson Atkins Museum
« Stammer Mill » de Piet Mondrian. Nelson Atkins Museum

Il n’est pas étonnant que M. Bloch, co-fondateur du groupe H & R Block, soit le premier bénéficiaire de cette offre.

Henry Bloch est l’un des principaux et fidèles ami du musée depuis plus de 40 ans. Il a même occupé la position de Président du conseil d’administration du Nelson-Atkins de mai 2004, à mai 2007. En Juin 2007, le musée a ouvert un nouveau bâtiment, baptisé en l’honneur de Marion et Henry Bloch.

En 2010, les Bloch ont annoncé qu’ils donneraient leur collection personnelle de peintures impressionnistes et post-impressionnistes au musée, soit 29 œuvres d’artistes tels que Monet, Van Gogh, Cézanne, Renoir et Degas.

La collection a été officiellement intégrée dans la collection permanente du musée en Juillet 2015. A la même occasion, le musée a commencé une rénovation de 12 millions de $ de ses galeries d’art européen, 1800-1945, financée par la Fondation de la famille Henry et Marion Bloch. La nouvelle galerie ouvrira le 11 mars 2017.

En octobre 2016, une nouvelle donation, « Stammer Mill » de Mondrian a été intégrée dans la collection européenne de peintures, de sculptures et d’arts décoratifs du musée.

Vidéo sur la nouvelle galerie Bloch:

Une pratique qui devrait se développer

Catherine Futter, directeur de la conservation au musée comprend comment Henry Bloch a pu faire « le saut de l’authenticité à l’art de l’imitation ». « Quand il arrive et voit la copie du Cézanne, il se souvient de l’original car la copie numérique permet d’admirer les coups de pinceau et l’empâtement de l’oeuvre originale ».

D’autres musées et maisons de ventes, comme Christies, ont déjà offerts ce service mais cette pratique avait rarement été rendue public.

Julian Zugazagoitia, Président et directeur du Nelson-Atkins Museum, explique que d’autres donateurs du musée ont commencé à demander des copies similaires pour leurs propres collections.

« Ce service est en train de devenir une partie de ma trousse à outils dans mes démarches de recherche de donateurs », raconte Julian Zugazagoitia. « Mais le musée, continuera à ne montrer dans ses galeries que des oeuvres originale. Les visiteurs qui viennent ici veulent admirer les originaux. »

SOURCE: Musée Nelson-Atkins, WALL STREET JOURNAL

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