Pour accompagner son anniversaire, le musée d’Orsay a commandé au collectif suisse Plonk & Replonk un catalogue raisonné mais très décalé portant sur les oeuvres léguées en 1910 au musée parisien du Luxembourg puis à Orsay par Hippolyte de L’Apnée. L’ouvrage est devenu une série de 14 mini-vidéos qui réinterprètent ces chefs d’oeuvres.

L’institution parisienne, consacrée à l’art occidental de 1848 à 1914, commémore cette année ses 30 ans. Du 2 au 4 décembre 2016, durant un long week-end, elle a fêté l’anniversaire par une série d’événements, dont un grand bal costumé Second Empire. D’autres initiatives ont été prises par le Musée.

Inspiré par l’humour décalé et absurde des Monty Python ou de Pierre Deproges, le collectif suisse Plonk & Replonk, spécialisé dans l’édition de cartes postales humoristiques de la Belle Epoque, a créé le livre «L’art d’en bas au Musée d’Orsay». Publié aux éditions Futuropolis / Musée d’Orsay. l’ouvrage a fait l’objet d’une très bonne critique avant les fêtes de Noel et a été accompagné par une série de 14 mini-vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et sur la chaîne YouTube du 2 au 30 décembre 2016. Un « calendrier de l’avent » artistique animé et particulièrement réussi.

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D’abord un catalogue raisonné et très décalé 

Pour ses 30  ans, le musée national a donc demandé un catalogue irraisonné au collectif suisse.

«Nous aurions pu publier un nouveau catalogue standard et comme il faut, mais nous avons préféré en confier la réalisation à Plonk & Replonk!» explique la direction du Musée d’Orsay.

orsay-art-den-bas-selfies-replonkOrsay a donc confié les clés de ses collections aux facétieux artistes, qui les ont mises sens dessus dessous, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Imaginé par les frères Jacques et Hubert Froidevaux, accompagnés par Miguel-Angel Morales, alias Plonk & Replonk, ce catalogue de 80 œuvres réhabilite une collection oubliée. Celle léguée en 1910 au musée parisien du Luxembourg puis à Orsay par Hippolyte de L’Apnée.

Le livre est l’occasion de (re)découvrir des artistes dits mineurs, qui peignaient à l’ombre de géants: Narcisse Sapeur, Jean-Paul Cattin, Jean-Charles Errance, Théophraste Chassieux ou Georges Deboulesmorts. « Des peintres du bas relevés par des Neuchâtelois du Haut », comme l’écrit le journal suisse hebdo.ch.

Dans l’ouvrage, tout est faux, détourné et décalé. La couverture du catalogue propose Les ballerines ninja d’Edgar Poquémon (1873) alors que le dos de l’ouvrage présente L’enfer des selfies de John Fitzgerald Bocadilleau (1851). Le premier tableau réinterprète un Degas, le second un William Bouguereau. Des oeuvres plus anciennes ont aussi droit à un traitement de faveur, comme Victor Hugo sur son rocher d’exil, pris d’une envie de pêcher la morue salée. Beaucoup de grands peintres en prennent pour leur grade: Cézanne, Van Gogh, Manet, Courbet ou Fantin-Latour.

Et les auteurs n’ont pas épargné les peintres Suisses conservés à Orsay, comme Paul  Vallotton (Paul Baloton), Ferdinand Hodler (Fernand Holster) ou Cuno Amiet (Tenu Amico). Des textes aussi savants qu’absurdes accompagnent les réinterprétations œuvres.

L’ouvrage s’inscrit dans une série de publications réalisées par l’éditeur Futuropolis et Orsay, destinées à élargir le public du musée du bord de Seine. Mais avec «L’art d’en bas au Musée d’Orsay», le musée a souhaité faire preuve d’une audace encore plus grande pour les 30 ans de l’institution.

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«L’art d’en bas au Musée d’Orsay», Plonk & Replonk, Futuropolis/Musée d’Orsay.

Et 14 vidéos courtes désopilantes

A la croisée entre La vie secrète des animaux, Le petit détournement des grands tableaux, des sketches des deschiens et le générique du magazine télévisé d’Art d’Art, les artistes suisses se sont appropriés les œuvres, pour encore plus les réinterprétées et les les détournées. Résultat: 14 petites capsules vidéos drôles et ludiques faites d’anachronismes. Les films ont été réalisés par Stéphane Calles.

Un excellent outil de buzz marketing sur les réseaux sociaux et un moyen original de faire découvrir l’art aux plus jeunes.

Séquence « gare aérienne »:

Séquence « l’enfer des selfies »:

Séquence « Degas Ninja »:

Ces capsules vidéos ont été publiées chaque jour sur les réseaux sociaux du musée d’Orsay à partir du 2 décembre 2016. Elles sont maintenant toute disponibles sur un album dédié de la page Youtube du musée.