« Grimoire, mon beau Grimoire, entre sciences et légendes »: la nouvelle publication numérique du Museum de Toulouse

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Le Museum de Toulouse a lancé le 25 janvier 2021 une initiative en ligne qui vient « compléter » son exposition physique « Magies – Sorcelleries » qui n’a pas pu ouvrir au public en raison de la crise sanitaire. Cette plateforme se présente sous la forme d’un grimoire numérique dans lequel l’internaute est en immersion dans quatre univers différents, entre sciences et légendes.

Maud Dahlem, chargée des projets culturels numériques au Museum de Toulouse, raconte dans cet article les coulisses de cette création numérique.

Au Moyen-âge, le grimoire désigne un ouvrage écrit en latin, mélange de recettes diverses pour guérir les maux, conjurer ou invoquer les démons, fabriquer des talismans ou des amulettes, lever ou jeter des sorts…

A l’occasion de l’exposition Magies Sorcelleries, le Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse a imaginé un grimoire numérique contemporain proposant une expérience immersive.

 

 

 

 

 

 

  • Des choix éditoriaux affirmés

L’exposition est axée principalement sur les Magies, la sorcellerie y est abordée dans une moindre mesure.

Le Muséum a donc fait le choix de prolonger l’exposition avec le webdoc « Grimoire, mon beau grimoire » qui fait la part belle aux sorcières.

La base de réflexion était :

– de partir des objets exposés et de développer leur lien à la sorcellerie, d’un point de vue naturaliste

– de donner une place à la représentation de la sorcière et de la femme au cours de l’histoire

– d’être sur une représentation moderne d’un grimoire

– d’offrir une expérience immersive, esthétique et sensitive où la navigation au fil des envies est privilégiée, où les liens se découvrent au fil de l’exploration.

  • Entre sciences et légendes

Dans un monde fantastique en 4 tableaux, l’internaute plonge dans l’imaginaire collectif et dans des vérités scientifiques autour de 4 portraits emblématiques de 4 femmes légendaires.

Chacune invite à voyager dans le temps et retrace l’histoire de la sorcellerie, depuis les légendes de l’Antiquité jusqu’au retour contemporain de cette figure féminine puissante.

Animaux symboliques, plantes guérisseuses, minéraux aux pouvoirs étonnants, livrent tour à tour leurs secrets au gré d’une exploration dont l’internaute est le seul maître…

  • Les fonctionnalités du webdoc

L’internaute peut parcourir 4 univers et passer de l’un à l’autre par une navigation de gauche à droite via la molette de sa souris.

Chacun des mondes est imaginaire et est centré sur une femme. Mais toutes les informations sur les objets documentés sont bien réelles, c’est ce qui fait la force de ce dispositif : naviguer entre légendes et sciences.

Le premier monde est le plus ancien, antique. C’est le monde de Circé. Par affinité, des minéraux, des plantes et des végétaux lui ont été associés. Mais aussi la lune. Cinq éléments sont cliquables depuis le tableau. L’internaute découvre qu’un élément peut en cacher d’autres. Par exemple, depuis le personnage de Circé, l’internaute accède au jaguar et à la jusquiame. Magicienne qui transforme les compagnons d’Ulysse en porc (ici un clin d’œil au jaguar/chamane) et qui dans sa potion met des graines de Jusquiame.

Le second tableau s’intéresse à Morgane, la fée magicienne et à l’élément eau.

Le troisième tableau met à l’honneur Hildegarde de Biggen tandis que le dernier tableau fait le lien historique entre Michée Chaudron accusée de sorcellerie et Mystic Moon féministe contemporaine.

Une musique envoûtante accompagne l’internaute dans son exploration. 

  • Un projet numérique développé au sein du Museum

Ce projet est une initiative de la direction lancée en mars 2020 lors du premier confinement. Un groupe de travail constitué de 3 personnes a été constitué de la chargée des projets culturels en ligne  à la Communication, Annabel Fontecave, de la documentaliste Laëtitia Bartholomé et de la chargée des projets culturels numériques aux expositions Maud Dahlem.

Cette initiative a également fait l’objet de contributions transversales proposées par les médiateurs, un jardinier-botaniste, les agents du service collection et du service bibliothèque, et aussi avec le Jardin Botanique Henri-Gaussen (Université Paul Sabatier).

Le développement et le graphisme du site web ont fait l’objet d’un appel d’offre.

 L’agence Noise Gate Agency (100% EDITO) de Toulouse a été retenue. Dans l’équipe, Gilles De Bagneaux, directeur artistique et « magicien du graphisme » avec ses effets cinématographiques, Jean Belloir qui a accompagné l’écriture et les choix entre éléments, et Fidel Balbona qui « a coordonné ce grand chantier pour une réalisation en un temps record ».

Au groupement NGA, était associée l’Agence J pour le développement informatique.

  • 4 axes d’écriture

La méthodologie d’écriture de ces articles s’est appuyée sur 4 axes : botanique-zoologie (aspect naturaliste proposé par nos équipes internes), ethnologique (usage), mythologique et rituels (croyances et pratiques), historique (contexte). La thématique « Magie », avec ses contours très hétérogènes, est sujette à toutes les interprétations et fantasmes. Celle-ci draine de facto son lot d’amalgames et de manipulations, de distorsions, autant de portes ouvertes menant à la réécriture de textes et à la création de nouveaux mythes. Pour éviter en partie cet écueil, l’étude des sources textuelles d’origine a été privilégiée autant que possible.

Une bibliographie de 59 ouvrages principalement de la bibliothèque Cartailhac au Muséum a été établie. Celle-ci a été séparée en trois corpus : « savant » à caractère scientifique, historique et littéraire incluant des sources originales (21) ; « intermédiaire » à caractère de vulgarisation incluant nombre de citations (34) ; « périodiques » incluant revues de vulgarisation et bulletins de sociétés savantes (4).

A cette bibliographie s’ajoute une webographie de 44 sites internet.

  • Premiers retours

« Grimoire, mon beau grimoire » a rencontré son public. Des retours qualitatifs enthousiastes nous reviennent avec des personnes qui disent passer plus d’une demi-heure. Il est vrai que la page d’accueil peut parfois être un peu longue à s’ouvrir mais le bouche-oreille semble donner envie de dépasser les quelques secondes d’attente.

natureetsorcellerie.fr

SOURCES: Museum de Toulouse

PHOTOS: Museum de Toulouse

PHOTO du carousel: capture d’écran du grimoire en ligne

Date de première publication: 09/02/2021

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