TikTok, centre de recherche, hors les murs et rénovation de son bâtiment principal … la National Gallery de Londres prépare son bicentenaire !

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Dans la perspective de son 200e anniversaire en 2024, la National Gallery de Londres vient de dévoiler une stratégie d’investissement et de transformation sur cinq ans. Par ce programme ambitieux, le musée d’arts souhaite atteindre plusieurs objectifs:  renforcer son audience à l’échelle nationale et mondiale grâce aux médias sociaux et aux contenus numériques, valoriser sa collection dans le pays avec une tournée de ses chefs-d’œuvre dans les régions du Royaume-Uni et mieux accueillir les visiteurs par la rénovation majeure de son bâtiment historique.

« Pour fêter les 200 ans de notre fondation en 1824, nous planifions un programme d’expositions inspirantes et de sensibilisation à travers le pays et dans le monde, sous la bannière NG200. Cela comprendra également l’achèvement d’une première phase de travaux dans nos bâtiments de Trafalgar Square afin d’améliorer «l’accueil» que nous offrons à nos millions de visiteurs que nous recevons chaque année » annonce le musée de Londres.

Le plan stratégique, intitulé « The National Gallery at 200: For the Nation – For the World » intervient à une période de « difficultés sans précédent » pour le musée d’art de Trafalgar Square, en raison de la pandémie Covid-19. Des mois de fermeture et l’absence de tourisme de masse ont entraîné une baisse de 14 millions de livres sterling des revenus propres au cours de l’exercice 2020/21.

Lors de la présentation du projet, le directeur du Musée des beaux-arts, Gabriele Finaldi, déclarait: « Durant les cinq prochaines années, nous devrons nous battre pour sortir de la crise, en tirant parti de nos forces, en répondant aux défis et aux opportunités et en ouvrant la voie à la Galerie nationale du futur. »

  • Se transformer en une « organisation médiatique numérique »

Sans attendre les grands travaux dans ses salles historiques, qui accueillait environ six millions de visiteurs physiques un an avant la pandémie, la National Gallery annonce sa première ambition: se transformer en une « organisation médiatique numérique pouvant potentiellement toucher des centaines de millions de personnes à travers le monde ».

À la suite du premier confinement au printemps 2020, la galerie a accueilli un large public en ligne en organisant de nombreux événements numériques gratuits et payants et en diffusant sur son site et ses réseaux sociaux une offre très étoffée de contenus.

L’institution a été l’une des premières dans le monde à migrer en ligne une grande partie de ses cours payants, et le succès de cette offre a prouvé la demande et la satisfaction du public. La National gallery a également été l’un des premiers musées à tenter de monétiser une visite vidéo de l’exposition très attendue et fermée consacrée à Artemisia Gentileschiil. Vendue au prix de 8 £, cette expérience linéaire non interactive n’a pas rencontré le succès escompté et s’est transformée en un contenu bonus offert gratuitement à ses membres.

Souhaitant capitaliser sur ces expérimentations, le musée de Londres cherche maintenant à développer son activité numérique dans deux directions:

. Faisant écho au modèle d’abonnement des services de streaming vidéo, la nouvelle stratégie numérique aspire aujourd’hui à « créer une communauté d’adhésion ancrée dans le contenu numérique », y compris davantage de films de style documentaire, d’événements en ligne interactifs et en direct et de cours éducatifs vidéo qui seraient exclusifs aux membres.

. Dans la recherche d’une « audience numérique radicalement plus importante », la galerie annonce qu’elle intensifiera également sa présence et son activité sur médias sociaux, en rejoignant notamment et prochainement de nouvelles plates-formes telles que Snapchat et TikTok.

Interview de Chris Michaels (Directeur du numérique de la National gallery de Londres) enregistrée le mardi 15 décembre 2020 :

  • La collection hors les murs

Après avoir proposé la visite d’un autoportrait d’Artemisia Gentileschi dans une prison ou un cabinet médical en 2019, parmi d’autres lieux non conventionnels, le musée se prépare à célébrer son bicentenaire avec un ambitieux programme d’itinérance de sa collection, en proposant d’autres « visites communautaires » de chefs-d’œuvre dans des lieux culturels et de la société civile.

Les détails de ce projet qui vise à offrir « une galerie nationale en miniature à chaque endroit » ne sont pas encore révélés.

Mais le prochain tableau de la collection à tourner dans le pays est déjà annoncé:  celui de Jean-Siméon Chardin, The House of Cards , vers 1740–171.

À l’échelle nationale, la galerie prévoit également de lancer un service d’apprentissage à l’échelle du Royaume-Uni pour les enfants et les jeunes ainsi qu’un programme de financement de la conservation des principales peintures des collections des musées régionaux.

  • Un programme de rénovation de 25 à 30 millions de livres

Au début de l’année 2021, la galerie a annoncé un projet d’investissement de 25 à 30 millions de livres sterling connu sous le nom de NG200, qui vise à améliorer les installations pour les visiteurs de l’aile Sainsbury ajoutée en 1991, à réinventer son espace extérieur en bordure de Trafalgar Square et à créer un nouveau centre de recherche dans le bâtiment néoclassique Wilkins de 1838.

La première partie de ces projets devra être finalisée au moment du bicentenaire de l’institution en 2024: la reconfiguration de l’entrée du rez-de-chaussée de l’aile Sainsbury pour améliorer les équipements des visiteurs « et créer de nouveaux espaces qui offriront une expérience bienvenue digne d’une institution de classe mondiale et qui répondra aux attentes des visiteurs maintenant et dans le futur ».

Le 8 avril 2021, le nom des six équipes de conception présélectionnées a été révélé: Asif Khan, Caruso St John Architects, David Chipperfield Architects, David Kohn Architects, Selldorf Architects et Witherford Watson Mann Architects. Le gagnant sera sélectionné en juillet 2021.

  • Un centre de recherche « physique et numérique »

Le nouveau centre de recherche est présenté dans le plan stratégique comme une « entité physique et numérique », rendant l’étude de l’histoire de l’art et des sciences de la conservation accessible aux jeunes et aux étudiants ainsi qu’aux universitaires. Tous les projets de recherche auront « un impact public » intégré dès le départ, selon la galerie.

Présentation détaillée du plan stratégique 2021 2026

Présentation détaillée du projet NG200

SOURCES: National Gallery, presse

PHOTOS: National Gallery

Date de première publication: 03/05/2021

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