Sur un nouveau site web, la Fondation Calder dévoile progressivement ses archives sur la vie et la carrière de l’artiste

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Le 19 février 2021, la Fondation Calder a lancé ses archives en ligne au cœur d’un site web calder.org repensé et élargi. 45 ans après la mort de l’artiste en 1976, à 78 ans, l’institution offre ainsi un accès public et gratuit à une base de données qui facilite « les explorations dynamiques de la carrière, de la vie et des oeuvres d’art » d’Alexander Calder. Mis en ligne un mois avant l’ouverture d’une exposition rétrospective majeure au Moma de New York, ce nouveau site cherche à « enrichir la compréhension de l’artiste par le public, de manière scientifique et expérientielle ».

Le nouveau site web de la Fondation, calder.org, arrive à point nommé, à un moment où les chercheurs ne peuvent plus explorer les archives papier de la Fondation Calder. Pour la première fois, cette nouvelle expérience numérique rend largement disponible les archives de la fondation, pour tout le monde, des conservateurs de musée aux chercheurs et experts, en passant par les étudiants et les amateurs d’art.

Cette innovation numérique marque un nouveau chapitre pour la Fondation, dont la vocation est de protéger les intérêts de l’artiste décédé en 1976, et de ses ayant droits.

« Le nouveau site Web de la Fondation Calder est un kaléidoscopique dans sa profondeur, sa portée et sa portée. C’est exactement ce qu’il faut pour explorer l’art et la vie d’Alexander Calder, une figure dominante du mouvement moderne et un homme qui ne s’est jamais arrêté longtemps. Vous êtes encouragé à suivre un premier aperçu d’un mobile ou d’un stabile avec une plongée profonde dans le moment historique et la signification durable de l’œuvre. Le site est un trésor, avec des centaines d’œuvres d’art, des photographies, des films, des documents et des textes, ainsi qu’une carte sur laquelle vous pouvez suivre les sculptures monumentales de Calder installées à travers le monde. Une partie du matériel a rarement, voire jamais, été vue, y compris des lettres mettant en vedette la belle et audacieuse écriture manuscrite de l’artiste » explique Alexander SC Rower, président de la Calder Foundation et petit-fils de l’artiste.

  • Plusieurs milliers de documents d’archives inédits

Le site régulièrement mis à jour comprend actuellement la reproduction de 1 377 œuvres d’art sur tous supports, 1 000 photographies historiques et documents d’archives et 48 textes scientifiques historiques et contemporains. 

Ces documents, dont la plupart sont mis à la disposition du public pour la première fois, sont entièrement intégrés dans la vaste base de données du site.

Les archives et la collection en ligne de la Fondation Calder permettent une exploration totalement inédite qui n’est pas disponible hors ligne.

Les visiteurs peuvent filtrer et trier les documents de diverses manières mais également faire des découvertes interconnectées dans les œuvres d’art, les expositions, les publications, les photographies et les documents historiques ainsi que les entrées chronologiques détaillant les événements de la vie et de la carrière de l’artiste.

L’exploration de ces archives permet ainsi de (re)découvrir les stabiles célèbres tels que le Flamingo rouge de 53 pieds de haut (1973) installé au centre-ville de Chicago ou le Grand Crinkly multicolore (1971) du Samsung Museum of Art à Séoul, en Corée du Sud. Mais au delà des chefs d’oeuvres, ces archives révèlent aussi des bijoux (comme un bracelet et un collier des collections du Smithsonian American Art Museum), des rares photos de famille, un autoportrait de 1907 dessiné avec des crayons de couleur à l’age de 9 ans, une sculpture de chien de 1909, des croquis d’animaux, des études de trapézistes du début des années 1920 et des sculptures en fil de fer de contemporains de Calder, comme Josephine Baker ou des mobiles plus tardifs tels que Snow Flurry (1950).

« Notre objectif avec ce projet est d’offrir aux visiteurs une version de l’expérience extraordinaire que j’ai vécue en parcourant les papiers de mon grand-père, lors de la construction des archives de la Fondation Calder. Je crois que cela transformera notre compréhension de son génie. Désormais, n’importe qui – des étudiants aux conservateurs en passant par les universitaires qui écrivent un livre ou les commissaires qui planifient une exposition – peut établir des liens qui auraient été impossibles auparavant », se réjouit Alexander SC Rower, sur le site de la galerie Pace.

La publication des archives en ligne est un projet fondamental qui s’inscrit dans le cadre de la mission de la Fondation Calder d’élargir les connaissances du public et « diffuser des interprétations nuancées du travail de l’artiste ».

Conçue par le studio CHIPS basé à Brooklyn et développée en trois ans, cette nouvelle plateforme numérique de ressources vise à « établir une nouvelle norme dans les archives numériques d’artistes ».

  • La vie et la carrière de Calder 

La section « vie et carrière de Calder » est particulièrement riche avec 2 composantes.

Une Introduction est principalement consacrée à sa vie et richement illustrée d’archives personnelles. Cette chronologie personnelle démarre avec des photos de ses parents avant sa naissance en 1898 et se termine avec une photo de l’artiste en 1976, au Whitney Museum de NYC peu avant l’ouverture d’une exposition qui lui est consacrée.

Cette biographie interactive rappelle notamment que Calder s’est installé à Paris dans les années 1920, et s’est lié d’amitié avec des artistes d’avant-garde aussi réputés que Jean Cocteau, Marcel Duchamp et Piet Mondrian.

La seconde section Timelines raconte la carrière de Calder en 7 chapitres, également abondamment illustrés. L’histoire démarre avec ses premiers pas artistiques (1898-1925) et se termine avec les « sculptures monumentales (1936-1976).

  • Une base de données collection très complète

La base de données des oeuvres, section « works » du nouveau site web, présente 1 439 créations de Calder. Elle peut être explorée en choisissant une des 7 périodes de sa carrière ou un type d’art (sculpture, peinture, dessin etc).

Chaque fiche oeuvre inclut une image grand format et une description de celle-ci (date de création, medium, dimension, collection actuelle). La page renvoie également vers une carte interactive pour localiser son emplacement actuel, des documents d’archives et informations sur la vie de Calder qui lui sont associés ainsi que d’autres oeuvres en relation.

  • Histoire des expositions Calder
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Photographie d’installation, Alexandre Calder: Volumes – Vecteurs – Densités / Dessins – Portraits , Galerie Percier, Paris, 1931, Photographie de Marc Vaux © Bibliothèque Kandinsky, Centre Georges Pompidou, Collection Marc Vaux

Les nouvelles archives en ligne de la Fondation présentent également une sélection de ressources liées aux 43 expositions les plus importantes de la vie de Calder, de 1931 à 2019.

Le site évoque ainsi l’exposition personnelle de l’artiste en 1931 à la Galerie Percier de Paris, dans laquelle il a fait ses débuts avec ses premières sculptures non objectives.

Parmi le matériel jamais publié auparavant, le site dévoile notamment la liste de contrôle manuscrite de l’artiste, un document qui délimite les différentes œuvres de l’exposition « sous forme de sphères, d’arcs, de densités ou de mouvements arrêtés ».

  • Tour du monde des installations et des expositions

Une autre fonctionnalité nouvelle du site web de la Fondation est la carte interactive «Calder Around the World», qui permet aux visiteurs de localiser les installations publiques de sculptures monumentales de l’artiste dans 20 États américains et 21 pays du monde.

Chaque point sur la carte est cliquable et affiche un pop up présentant l’oeuvre, sa localisation et renvoyant vers la fiche oeuvre de la base de données.

Une fonction « shuffle » permet d’explorer la carte et les oeuvres de manière aléatoire.

Cette carte interactive recense également les musées et lieux culturels disposant d’importantes collections Calder ainsi que les expositions permanentes et les expositions temporaires dédiées à l’artiste.

« La richesse des documents disponibles dans ces archives numériques, compilées par le personnel très compétent de la Fondation Calder, a facilité des recherches clés pour ma prochaine exposition, « Alexander Calder: Modern from the Start ». Cette histoire continuera sûrement à inspirer les générations à venir », déclare Cara Manes, conservatrice associée, Département de peinture et de sculpture, The Museum of Modern Art, New York.

  • En attendant l’exposition du Moma de NYC

La mise en ligne des archives numériques de la Fondation est intervenue 33 jours avant l’ouverture de la grande exposition rétrospective « Alexander Calder: Modern from the Start », programmée au Museum of Modern Art MoMA de New York, du 14 mars au 7 août 2021.

Les visiteurs du nouveau site web de la Fondation Calder peuvent également visionner des vidéos telles que ce court métrage de 1963 du réalisateur d’avant-garde allemand Hans Richter sur le processus artistique du sculpteur. Ce documentaire court sera d’ailleurs présenté dans la prochaine rétrospective Calder du MoMA.

  • Quelles modalités d’utilisation du contenu ? 

Mort en 1976, l’oeuvre de Calder n’est évidemment pas encore tombé dans le domaine public. Et la Fondation s’attache a faire respecte de manière très stricte les droit de propriété et les droits d’auteur afférant à l’artiste.

Le site web de la Fondation précise ainsi que le « contenu publié est mis à disposition pour un usage limité non commercial, éducatif et personnel uniquement, ou pour un usage loyal tel que défini dans les lois sur les droits d’auteur des États-Unis ».

Les utilisateurs sont donc invités à « citer l’auteur et la source de ce matériel comme ils le feraient de n’importe quel travail imprimé ». La citation doit inclure l’URL «http://www.calder.org». En téléchargeant, imprimant ou en utilisant de toute autre manière des fichiers texte et image à partir de ce site Web, les utilisateurs « garantissent et déclarent qu’ils limiteront leur utilisation de ces fichiers à un usage loyal, et ne violeront pas les droits de propriété de la Fondation Calder ou les droits de tout titulaire ».

Les nouvelles archives en ligne de la Fondation Calder sur calder.org

SOURCES: Fondation Calder, news.artnet.com, hyperallergic.com, smithsonianmag.com, pacegallery.com

PHOTOS: Fondation Calder

Date de première publication: 11/03/2021

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