Compte rendu de l’atelier 14 « Facebook et ses nouvelles fonctionnalités »

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Jeudi 27 octobre dernier, le Musée des Arts et Métiers accueillait le 14 ème atelier du CLIC consacré à Facebook et ses nouvelles fonctionnalités. Réseau social de masse, utilisé par 800 millions d’internautes dans le Monde, cette plateforme communautaire s’est imposée dans les pratiques numériques et sur le web. Si les institutions culturelles et musées américains ont très vite compris l’intérêt de ce nouvel outil, leurs homologues français ont commencé plus tardivement, mais ils rattrapent leur retard.

Aujourd’hui, en tant que musée, faut il créer une page ou un groupe Facebook ? Comment peut on judicieusement enrichir sa page ? Comment générer et fidéliser une réelle audience ? Peut on optimiser sa présence sur Facebook en lançant des opérations spéciales ou widget ?

Pour répondre à ces questions, deux experts Xavier Blouet-Kraimps de la société 909c et Patrice Bonfy de la société  Sociabliz ont présenté leur visions et solutions pour des institutions culturelles.

Ces interventions ont été également renforcées par les témoignages de Niko Melissano du Musée du Louvre, Gonzague Gauthier du Centre Pompidou et Florence Raymond du Palais des Beaux Arts de Lille.

Facebook : état du marché

Comme indiqué précedemment Facebook revendique plus de 800 millions d’utlisateurs dans le monde.

– 70 % des utilisateurs Facebook sont hors Etats-Unis
– Plus de la moitié se connecte chaque jour sur Facebook
– Un utilisateur possède en moyenne 130 amis sur Facebook
– Plus de 20 millions de personnes utilisent Facebook chaque mois en France
– Plus de 12 millions d’utilisateurs quotidiens français (contre 6.6 millions de français qui regardent le journal télévisé,  2.3 millions qui lisent l’équipe et 1.3 millions qui lisent le figaro).

Présentation PDF de Pierre-Yves Lochon

Page ou Groupe Facebook ?

Il faut avant tout dissocier les Fans Pages et Groupes qui sont deux objets différents sur Facebook.

. Le groupe possède un objectif plutôt privé et entend rassembler des personnes autour d’une thématique, des professions, des intérêts… Facebook peut alors être utilisé comme un outil de travail ou un intranet.

. La Page Fan relève plus de la publicité sociale, elle est ouverte et accessible selon les intérêts de chacun.

Avant toute présence sur Facebook, les institutions culturelles ou musées doivent établir une stratégie et identifier leur(s) objectifs. Souhaitent-ils créer une communauté ? créer du trafic de contenus ? Diriger vers d’autres plateformes de l’institution ? Promouvoir des produits et inciter à venir sur place ? L’inscription sur Facebook n’est en effet pas une fin en soit. Tout commence ensuite !

Comment enrichir une page ?

. Xavier Blouet-Kraimps insiste sur l’identité même des musées qui sont des lieux physiques, ce qui rend la stratégie de communication et diffusion sur facebook particulière.

Pour enrichir une page et inviter les internautes à devenir « fans », les onglets d’accueil peuvent être une bonne solution. On peut y insérer des contenus photos, vidéos voire flash. Une géolocalisation de l’internaute peut également être mise en place pour proposer des contenus selon la langue du visiteurs.

Les onglets spécifiques permettent d’insérer des sondages, des votes et commencer une interaction avec l’internaute. On peut également penser à des suggestions d’e-commerce.

Les applications virales peuvent également faire participer les fans en optimisant leurs données personnelles. Ces derniers acceptent une fois l’utilisation de leurs données comme ressources pour générer un contenu. C’est par exemple le cas avec l’application lancée par IBM qui réutilise les photos facebook des internautes pour réaliser un accrochage virtuel. L’application My Art Match permet d’analyser les préférences et goûts en quelques questions et proposent par la suite quelques oeuvres d’art à publier sur son mur !

 

In situ, les musées peuvent également utiliser facebook. ils peuvent s’appuyer sur une action physique pour générer un contenu virtuel. C’est ainsi le cas avec les « check-in« . Désormais répandu, cet usage permet de voir où sont nos amis sur Facebook. Chacun peut ainsi se localiser dans un lieu culturel.

En France, le Louvre arrive en 5ème position et le Centre Pompidou en 33ème position en tant que lieu « checked in ». Les institutions culturelles et musées peuvent capitaliser sur cette action et penser par exemple à une offre promotionnelle pour les personnes qui s’identifie sur place.

Autre système exploré, la RFID connectée à Facebook. Après s’être connecté à son profil, un badge RFID vous est remis et vous permet de « liker » des objets, dans une exposition par exemple. Cette action est automatiquement, sous réserve d’une connection 3G cependant, reliée sur le profil Facebook qui publie les oeuvres aimées par le visiteur.

. Patrice Bonfy rappelle une fonctionnalité méconnue et peu exploitée de facebook. Si beaucoup de personnes ont aujourd’hui intégré l’usage « Like », peu de personnes utilisent par la suite ces objets « likés ». En effet, une fois « liké » et mis sur le profil, l’objet, disons l’oeuvre d’art pour poursuivre notre exemple, devient un objet virtuel sur Facebook. Par la suite, cet objet peut  développer du contenus et s’adresser à toutes les personnes qui ont aimé cette oeuvre. Un message dans le fil d’actualité peut par exemple être publié.

Facebook va désormais plus loin que ce bouton « Like » et développe également des usages. Les internautes peuvent ainsi spécifier à leurs amis qu’ils écoutent de la musique sur deezer ou spotify. Pourquoi ne pas développer un usage « observe la Joconde dans l’aile Renaissance du Louvre » ? En ce sens, le « like » peut être customisé et générer une actualité.

Les nouvelles fonctionnalités facebook

Facebook a également ajouté de nouvelles fonctionnalités à Facebook Insights, son sytème de statistiques qui permet aux éditeurs de mesurer le partage ainsi que l’engagement du contenu distribué par l’intermédiaire – ou pas – de ses plugins sociaux.

La grande nouveauté de Facebook Insights est que les données présentes sont affichées en temps réel facilitant ainsi une optimisation plus rapide des informations diffusées. Les données analysées dans Facebook Insights sont le bouton « Like », les commentaires, les pages populaires, les données démographiques et les partages.

Selon Patrice Bonfy, l’objectif de Facebook est de générer aujourd’hui plus de contenus dans l’idée d’un web social. Il faut ainsi mieux connaître ses utilisateurs, fans pour créer de l’(inter)activité.

Retours d’expériences

Le Palais des Beaux Arts de Lille sur Facebook

Tout nouveau, sur Facebook et parmi le CLIC, le Palais des Beaux Arts de Lille a du affronter autant d’intérêt que de réticences quant à sa présence sur les réseaux sociaux. Désormais acté, Florence Raymond a su trouver un appui et soutien majeur parmi les équipes avec une jeune conservatrice en charge de la collection du XVIIIème mais également des nouveaux Médias. Une pluridisciplinarité qui tombe à pic ! (Page Facebook)

Le Centre Pompidou et Facebook

Après un an et demi d’existence, Gonzague Gauthier dresse le bilan actuel de la page du musée sur Facebook. L’objectif est d’aujourd’hui d’aller plus loin en thématisant des onglets par exemples. La page peut également servir de relai vers d’autres plateformes ou site (IRI, Dailymotion…).  Pour ne pas perdre le follower le jour de fermeture du musée, des publications plus numériques sont éditées ce jour là.

Au Centre Pompidou, il a fallut récréer un écosystème entre les différentes pages existantes et non-officielles. La page 13/16 est par contre indépendant et géré par une agence. Il reste un centre de ressources a créer au sein du musée pour créer des liens vers les oeuvres par exemple. L’idée d’un agenda commun sur différentes pages serait également un atout pour l’institution, même s’il ne paraît pas encore réalisable. (Page Facebook)

Le Louvre sur Facebook

Ainsi que nous le traitions récemment, le Louvre vient tout juste de dépasser les 400 000 fans sur Facebook (article à lire). Sa présence sur Facebook remonte à 2009 mais n’était pas pour autant exploitée à son maximum. Niko Melissano estime qu’il passait il y a deux ans 10 % de son temps pour Facebook et les réseaux sociaux du musée. Il y consacre aujourd’hui presque tout son temps. Le Louvre n’a pas fait appel à une agence pour développer sa page et les adhésions naturelles et spontanées se sont multipliées. Des outils simples ont été mis en place, tel que le multilinguisme pour ne pas générer de frustrations ou des publications régulières pour entretenir un dialogue avec les internautes. Tout ce travail repose également sur un benchmark, des tests tel que le site Communauté Louvre et l’élaboration d’une charte éthique sur Facebook pour novembre 2011.

Pour remercier ses fans, Le Louvre organise des évènements en ligne tel que les Fans en couleurs. Un after work réservé au fans Facebook au musée Eugène Delacroix, qui est géré par le Louvre, a remporté un grand succès ! Ce petit musée, méconnu, compte pourtant plus de 12 700 fans ! Ces derniers ont réagi très rapidement à l’annonce de l’after work un mardi, jour de fermeture du musée. Intimiste, privilégié et couronné d’un verre, cet évènement à accueilli près de 120 fans, alors que les inscriptions ont très vite du être fermées à 250 inscrits !

La plupart des fans du Musée Louvre sur Facebook sont américains, puis français, italiens et brésilien (les chinois et russent n’étant pas sur facebook !). Rappelons également que 70 % des visiteurs physiques sont étrangers.

A la question sur le décalage entre le nombre de fans (400 000) et de followers (6 800) sur Twitter, Niko Melissano précise qu’il n’existe pas encore de stratégie pour ce réseau sociaux. La direction de production audiovisuelle avait déjà anticipé la chaîne sur Dailymotion et Youtube. Une harmonisation et stratégie générale pour toutes les plateformes est en cours d’élaboration. (Page Facebook)

Écoutez l’interview radio de Niko Melissano.

Retrouvez prochainement les présentations de Xavier Blouet-Kraimps et Patrice Bonfy ainsi que les sites de 909c et Sociabliz.

Auteur : Simon Hübe

Article du Figaro – 28.10.2011 : Le Louvre et Beaubourg, champions de Facebook

 

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