Lancé en août 2015, l’application mobile OhAhCheck! se veut le futur réseau des amoureux du patrimoine architectural, artistique et historique. Géolocalisation, reconnaissance, d’image, partage, Oh Ah Check offre de nombreuses fonctionnalités pour explorer l’Histoire de notre pays. Pierre Croizet, dirigeant de GMT éditions qui a conçu l’application, revient pour le CLIC France sur cette première année d’usages.

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Pouvez-vous vous présenter ?

IMG_5640J’ai 46 ans et je suis le fondateur et dirigeant de GMT Editions (Agence digitale) et d’OhAhCheck!

J’interviens depuis près de 15 ans dans le domaine des nouvelles technologies appliquées au tourisme et à la culture, avec un intérêt tout particulier pour les dispositifs de médiation en mobilité. Je suis également secrétaire du cluster TOPOS Aquitaine, membre du CA de Digital Aquitaine et de l’artothèque de Pessac.

Quelle est la genèse d’OhAhCheck! ? 

OhAhCheck! est un projet que j’ai initié et qui est porté conjointement par GMT Editions et l’Association Nationale des Villes et Pays d’Art et d’Histoire (ANVPAH) et soutenu par la Région Aquitaine. OhAhCheck! a également bénéficié du soutien de la Fondation du Patrimoine, de Emakina, Ulule et de quatre villes pilotes : Bordeaux, Pau, Périgueux et Sarlat.

Pouvez-vous expliquer le principe de l’application ?

OhAhCheck! est composé d’une application grand public et d’un back-office professionnel.

L’application permet de reconnaître un « objet patrimonial » (monument ou autre) à partir d’une photo, d’obtenir des informations de médiation le concernant, de partager son expérience et d’aimer cet objet.

C’est à la fois un outil de découverte et un réseau social, à destination de la communauté des amoureux du patrimoine.

Quelles sont les fonctionnalités de l’application ? 

Il faut distinguer l’application et le back office, actuellement en version 1.0, en téléchargement sur l’App Store et Google Play pour ce qui concerne l’application et ouvert aux professionnels en accès privés pour ce qui concerne le back office.

Les fonctionnalités sociales de l’application sont les suivantes :

  • Partage de la découvert de tel ou tel édifice ou site sur Twitter et Facebook ;
  • Commentaire libre pour partager son impression ou des informations ;
  • Création d’un lieu : lorsque la base de données ne reconnaît pas l’objet patrimonial, l’utilisateur est invité à le nommer et s’il ne sait pas le faire, il peut quand même créer lieu avec un point d’interrogation ou un nom temporaire. La correction s’effectuera a posteriori.
  • Abonnement à un lieu pour être tenu informé de son actualité (inauguration, exposition, campagne de mécénat…)
  • Niveau d’amour : si vous déclarez aimer le lieu, OhAhCheck! vous demande jusqu’à quel point ? En l’occurrence, seriez-vous prêts à donner du temps ou de l’argent pour participer à sa préservation ? De là si une campagne de mécénat populaire ou de crowfunding est en cours, l’application vous en informe et vous propose une mise en relation avec l’organisateur de la campagne. Sinon, vous pouvez répondre à un mini sondage qui vous demande combien vous seriez prêts à donner. Cette fonctionnalité très forte va évoluer prochainement pour aller plus loin dans la mesure de l’engagement potentiel des utilisateurs.
  • Check des lieux : uniquement à condition d’être sur place. Chaque check rapport des points qui seront valorisés à terme sous forme de récompenses.
  • Possibilité de créer des collections thématiques (en cours de développement).

Trailer de l’application

Au niveau du back office (réservé aux professionnels) :

  • Chaque professionnel dispose d’une zone géographique de pouvoir au sein de laquelle il verra tout ce qui se passe via l’application : les créations de lieux, les commentaires, les likes, etc. Généralement les collectivités nous adressent la liste des communes composant leur territoire. Nous veillons à ce que la zone de pouvoir corresponde au périmètre d’intervention du demandeur.
  • Création de lieux : géolocalisation, commentaire sous forme d’une notice texte de 300 mots maximum
  • Modération a posteriori : faculté de dépublier des commentaires et de répondre.
  • Ajout de photos
  • Certification des notices et des lieux : permet de valider les contenus soit rédigés par l’organisme détenteur du compte, soit proposés par un utilisateur.
  • Création d’événements (en cours de développement)
  • Créations de parcours thématiques (en cours de développement)
  • Envoi de notifications (en cours de développement)

Et plusieurs autres fonctionnalités suggérées par nos utilisateurs !

Par ailleurs, OhAhCheck! propose un service complet incluant la fourniture d’opérations et de formations d’animation numérique du patrimoine ainsi que, prévu début 2017 des mallettes pédagogiques.

Combien de lieux sont partenaires de l’application ? Comment peuvent-ils le devenir ?

Actuellement, 63 collectivités et professionnels (architectes du patrimoine, responsables d’association de sauvegarde, crowdfunders…) disposent d’un accès au back office.

Pour rejoindre la communauté il suffit de nous envoyer une demande à hello@ohahcheck.com exposant votre motivation et précisant votre territoire (liste de communes).

Nous vérifions l’adéquation de votre intention avec les objectifs d’OhAhCheck! avant de vous ouvrir l’accès. L’inscription et l’usage sont gratuits jusqu’au 31/12/2016.

Nous sommes ouverts à des partenariats d’utilisation et à des partenariats de fourniture de services, pour établir des passerelles avec des crowdfunders ou des plateformes de mise en relation (de type Meetrip par exemple).

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Neuf mois après le lancement de la bêta, quel bilan (qualitatif et quantitatif) en tirez-vous ?

Nous avons passé avec succès la phase d’amorçage : plus de 1.500 lieux ont été créés en quelques mois en France et ce nombre augmente chaque jour et de plus en plus vite, plus de 60 collectivités s’impliquent dans l’animation de la communauté et nous avons plusieurs milliers d’utilisateurs fidèles alors même que nous n’avons pas encore engagé notre stratégie de communication !

Nous sommes actuellement focalisés sur une importante levée de fonds et sur les développements liés à notre feuille de route.

L’application est gratuite; quel est votre modèle économique ?

Notre modèle économique repose sur diverses sources de profits. Il est plutôt B to C pour commencer mais va évoluer très vite vers du B to B majoritaire.

Côté grand public : achats intégrés, publicité, divers services de mise en relation.

Côté professionnels : abonnements d’accès au back office (la tarification sera dévoilée cet automne, elle sera inférieure à 100 € par mois).

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Vous avez établi un partenariat avec Ulule autour de l’application: quel est-il ?

Ulule nous a suivi dés le début et nous a aidé à comprendre les mécanismes fondamentaux du crowdfunding appliqué au patrimoine. Nous nous testons avec eux et avec d’autres plateformes. Notre but est plus d’engager la communauté que d’être des collecteurs de fonds.  Nous essayons de voir comment nous rendre les plus utiles possible.

Pourquoi avoir choisi Ulule pour ce partenariat ?

Le partenariat est global : Ulule est venu avec Emakina qui est venu avec GMT Editions qui est venu avec l’ANVPAH qui est venu avec la Fondation du Patrimoine, etc.

Quels sont les lieux concernés par ce partenariat avec Ulule ?

Tous les lieux concernés par une opération de crowdfunding. Mais pour l’instant nous sommes dans une logique d’expérimentation.

Quelles évolutions sont prévues pour OhAhCheck! ?

Une version 1.1 concernant l’application et le back office sortira dés que nous serons prêts.

Nos efforts concernent en priorité l’extension des fonctionnalités du back office. Pour l’application nous sommes concentrés sur les fonctionnalités liées à la photo et au classement des lieux en collections thématiques.

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Des projets à l’international ?

En fonction du succès de la levée en cours, nous projetons de nous implanter au plus vite au Royaume-Uni et aux USA, en priorité. Mais l’Italie et l’Espagne et le monde entier sont aussi des terrains de jeux formidables !

Tous les pays nous font rêver !

Quel était le budget de l’application ? Et son financement ?

L’amorçage, depuis l’élaboration du projet jusqu’à la livraison de la v1.0 lors des JEP 2015 a représenté 250 000 € HT d’investissement, partagé à parité entre GMT Editions et l’ANVPAH et soutenu à hauteur de 50% par la Région Aquitaine.

Des institutions sont déçues par les faibles volumes de téléchargement des applications culturelles. Que pensez-vous de cette situation ? comment éviter cet écueil  ?

Le niveau de téléchargement est directement lié à l’effort de communication. A l’heure actuelle les éditeurs d’application consacrent en moyenne 1,50 € pour obtenir un téléchargement.

Ce budget est souvent sous estimé ou employé dans le cadre de stratégies un peu inadaptées à la logique de téléchargement sur terminaux mobiles. C’est un sujet qui concerne globalement tous les services numériques mis en place par les institutions.

Par ailleurs, les meilleurs scores sont obtenus par les sites qui proposent le téléchargement rapide au plus près des sites de visite.

Propos recueillis par mail le 12/05/2016

Photos: OhAhCheck!

Source: OhAhCheck!

Date de première publication: 19/05/2016

GMT éditions est membre associé du CLIC France

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