Plan de relance: le ministère de la Culture consacre plus de 600 millions d’euros aux musées et au patrimoine

« L’Etat n’abandonnera personne », a promis la nouvelle ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, dans un entretien au journal Le Monde. Le plan de relance du gouvernement apportera 100 milliards d’euros tous secteurs confondus, dont 2 milliards d’euros pour la culture. Un chiffre dévoilé et expliqué le 3 septembre dans un communiqué du ministère de la Culture. Ces aides s’ajoutent aux mesures d’urgence mises en place au printemps. Sur ce montant global, 614 millions sont affectés au secteur du patrimoine des musées, soit 31% de l’enveloppe.

« La Culture, au cœur de notre construction intime et de notre cohésion sociale, marqueur du rayonnement international de la France, a été très durement touchée par la crise sanitaire. Avec 2 milliards d’euros pour la Culture, la réponse est massive et globale. L’enjeu du plan de relance dans la Culture est à la fois de reconstruire les secteurs culturels et de refonder les politiques culturelles, afin de pouvoir soutenir les reprises d’activité et se projeter dans l’avenir » explique le Ministère de la culture dans son communiqué.

La Culture a été frappée de plein fouet par la crise sanitaire. Or, comme le rappelle le ministère dans son communiqué, la Culture dans l’ensemble de l’économie en 2018, représente:

  • Près de 2,3 % du PIB ;
  • 80 000 entreprises culturelles, pour la plupart TPE et PME ;
  • 670 000 emplois, soit 2,5 % de la population active.

En 2020, l’État avait déjà mis en place des mesures d’urgence, qui se sont traduites par la mobilisation de 856 M€ d’aides spécifiques pour la Culture, auxquelles s’ajoutent « l’année blanche » pour l’intermittence (949 M€) et des aides transversales (activité partielle, exonérations de charges sociales, fonds de solidarité, prêts garantis par l’Etat pour un total de près de 3,3 Mds€). Ces aides se poursuivront pour partie et selon des modalités adaptées, jusqu’à la fin de l’année 2020.

« Le plan de relance, avec 2 Mds€ complémentaires, permettra de soutenir le patrimoine dans les territoires, de favoriser la reprise du spectacle vivant et la reconquête de notre modèle de création, ainsi que de consolider nos grandes filières économiques culturelles » se réjouit le ministère.

Cinq grandes priorités ont été dégagées :

1. La restauration du patrimoine,

2. L’aide au spectacle vivant et aux établissements publics de création,

3. Le soutien aux artistes et aux jeunes créateurs à travers des aides spécifiques à l’emploi, un programme exceptionnel de commande publique et un renforcement de l’enseignement supérieur culturel,

4. La consolidation des filières culturelles stratégiques (presse, cinéma et audiovisuel, livre, audiovisuel public…),

5. Des investissements d’avenir pour les industries culturelles et créatives.

Le volet « restauration du patrimoine et accompagnement des musées » obtient la part du lion avec plus de 614 millions d’euros, soit 31% du plan de relance culture. Et le secteur pourra aussi bénéficier de manière induite d’autres apports financiers de l’état.

Une relance par et pour le patrimoine, alliant activité dans les territoires et attractivité de la France (614 M€)

  • Valorisation des métiers d’art et les savoir-faire d’excellence (280 M€)

Le patrimoine innerve les territoires. Or il a cruellement besoin d’être entretenu et restauré, alors que la crise sanitaire a pesé sur les financements. Le plan de relance permettra de le remettre en état, avec des effets très concrets en termes de développement économique, d’attractivité et de rayonnement international de notre pays, et de fréquentation des monuments et des autres équipements patrimoniaux (musées, archives, archéologie) dans les territoires.

Le plan de relance permettra notamment de mettre en œuvre un « plan cathédrales » sans précédent, doté de 80 M€ et de soutenir, au-delà des moyens pérennes mobilisés chaque année par l’Etat, la restauration des monuments historiques appartenant aux communes et aux propriétaires privés (40 M€). Au-delà, il permettra également d’accélérer la restauration des monuments nationaux présentés par le Centre des monuments nationaux à travers l’ensemble du territoire (40 M€) et de mener pleinement le projet de restauration et de mise en valeur du château de Villers-Cotterêts (100 M€). Enfin, une enveloppe spécifique de 20 M€ est prévue en faveur de la rénovation d’autres équipements patrimoniaux (musées, archives, archéologie).

  • Un soutien à la reprise d’activité des établissements publics patrimoniaux soutenant l’attractivité et le rayonnement international de la France (334 M€)

Les établissements publics patrimoniaux (musée du Louvre, château de Versailles, Centre des monuments nationaux, musée d’Orsay et de l’Orangerie, RMN-GP, Centre Pompidou, Universcience, etc.) font face aujourd’hui à une crise sans précédent, qui affecte leur modèle économique et culturel. Leur fréquentation, qui dépend pour une part importante du tourisme international, s’est effondrée (entre -40 et -80%) réduisant considérablement leurs ressources de fonctionnement et leur capacité à investir et à se projeter en termes de programmation pluriannuelle scientifique, artistique et culturelle.

Photo: (c) musée du Louvre – Olivier Ouadah

Les contraintes sanitaires nécessitent par ailleurs de pouvoir adapter l’offre et les formes culturelles. Au regard de leur rôle essentiel en termes de rayonnement international et d’attractivité de la France et de locomotive du tourisme, le plan de relance permettra de soutenir ces établissements dans leur reprise d’activité.

  • 13 M€ pour soutenir l’emploi artistique

Afin de favoriser la reconquête de notre modèle de création et soutenir l’emploi artistique sous toutes ses formes, un dispositif de soutien aux populations fragilisées par la crise, venant s’ajouter aux dispositifs transversaux, sera mis en place pour un montant total de 13 M€, dont 7 M€ sera consacré au spectacle vivant et 6 M€ aux arts visuels.

  • 30 M€ pour une grande commande artistique

Ce plan exceptionnel de commande publique donnera un nouvel élan à la création dans toutes les disciplines (les métiers d’art, le spectacle vivant, la musique, la littérature, les arts plastiques…).

Ce programme sera en priorité dédié aux jeunes créateurs, pour les soutenir dans un contexte qui a particulièrement fragilisé le début de leur parcours artistique et leur insertion professionnelle à la sortie des écoles.

  • 70 M€ pour rénover les écoles de l’enseignement supérieur culturel

Le plan de relance permettra également de mettre en place un plan inédit pour moderniser les établissements d’enseignement supérieur culturel et soutenir la formation (école supérieure d’art de Cergy, Conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse de Lyon et de Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, ENSA Paris-Malaquais, Normandie, Bordeaux, etc.).

Les bâtiments de ces écoles qui ont souvent plus de 30 ans ne répondent plus du tout aux normes environnementales, aux normes pédagogiques réglementaires, ni enfin aux contraintes légitimes de la vie étudiante. Au-delà des opérations déjà lancées (comme pour les écoles d’architecture de Toulouse et de Marseille), le plan de relance soutiendra un plan global de rénovation des bâtiments des écoles d’enseignement supérieur culturel pour un montant de 70 M€ sur deux ans.

Enfin, la crise sanitaire a également révélé une obsolescence manifeste des capacités d’enseignement à distance qui appelle un important investissement en matière de numérique.

Une stratégie d’avenir pour l’ensemble des industries culturelles et créatives (19 M€ de crédits budgétaires et 400 M€ au titre du PIA4 sur 5 ans)

Le plan de relance permet d’apporter une réponse transversale et immédiate à la problématique d’accès des industries culturelles et créatives (ICC) françaises aux opportunités économiques indispensables à leur relance, que ce soit en termes d’inscription dans les territoires, de visibilité dans l’environnement numérique et d’accès au financement bancaire. En effet, si la France peut s’appuyer sur un savoir-faire, un patrimoine et une histoire culturelle reconnus internationalement, son positionnement dans l’environnement numérique mondial n’est pas acquis, alors que les grands acteurs de l’Internet, pour la quasi-totalité extra-européens, concentrent une grande partie des usages culturels.

Au-delà des moyens budgétaires, le ministère de la Culture porte, en liaison avec le Secrétariat général pour l’investissement, le ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, une stratégie globale visant à court et moyen terme à accélérer la transition numérique des industries culturelles et créatives, à renforcer leur place dans l’économie mondiale numérique et à améliorer leur résilience. Elaborée dans le cadre des Etats généraux des ICC, lancés par le Président de la République l’an dernier, cette stratégie sera dotée d’une enveloppe de 400 M€ sur 5 ans dans le cadre du 4ème Plan d’investissement d’avenir. Elle s’appuiera sur la mise en place, prochainement, d’un comité stratégique de filière « industries culturelles et créatives ».

Communiqué de presse du ministère de la culture

SOURCE: Ministère de la culture et de la communication (CP)

PHOTOS: divers

PHOTO carousel: vue aérienne du Château de Villers Cotterêts (france3-regions.francetvinfo.fr/)

Date de première publication: 03/09/2020

À-lire-sur-le-site-du-CLIC13

« Services numériques innovants »: l’appel 2020 est ouvert jusqu’au 1er octobre.

Le Cnap lance un nouveau programme de commande publique : des œuvres temporaires et réactivables pour l’espace public

Ministère de la Culture: l’édition 2019 de l’appel à projets Services numériques innovants est lancée

500 euros se cultiver ou se divertir : le Pass Culture jeune a démarré sa phase de test

Laisser un commentaire