Quel avenir pour le #Livetweet au musée ?

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Alors que les livetweets à caractère culturel ont débuté l’année dernière en France avec des événements comme La Nuit des musées ou La Nuit Blanche,  le phénomène semble s’être récemment étendu aux expositions de certains établissements culturels.

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Il ne s’agit pas ici de recruter spécifiquement une équipe de reporters, mais de proposer à quelques membres de la communauté de se rejoindre dans l’exposition programmée afin d’en donner librement ses impressions sur Twitter. Ainsi, les membres deviennent, le temps d’une visite, les relais du community manager et les portes paroles virtuels de l’institution.

Le livetweet d’exposition, une nouvelle tendance

Le Centre Pompidou a déjà invité quelques personnes à livetwitter l’exposition #mondrian, l’Usine de films amateurs proposés par Michel #Gondry dans le cadre du Nouveau Festival (#nfestival), la clôture de l’accrochage #Elles ou encore l’exposition François #Morellet. D’autres livetweets devraient être prochainement organisés, pour les expositions consacrées à Jean-Michel Othoniel.

Omer Pesquer, tweeter initié, a également été convié à livetwitter au Jeu de Paume pour l’exposition André Kertész, au musée des Arts et métiers pour la clôture de muséogames ou encore pour l’exposition inaugurale de la Gaïté Lyrique.

Livetwitter au musée : quel(s) intérêt(s) ?

La seule condition à remplir pour participer à un livetweet est d’être équipé d’un Smartphone. Le potentiel de contributeurs est donc vaste. Mais pour quelle finalité ?

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Le livetweet d’exposition peut permettre la construction d’un lien tangible et d’une connivence entre l’institution et son public. Cette pratique repose sur la présence réelle dans l’institution de personnes ayant à l’origine une identité virtuelle dans la communauté Twitter : d’un côté les « followers » et de l’autre, le community manager. Le livetweet est alors l’occasion de rencontres à la fois humaines et artistiques. Car l’apprentissage et l’appropriation des contenus muséaux sont également en jeux. Comment, en effet, twitter de façon cohérente et transmettre son impression si l’on a pas un minimum observer, expérimenter, lu les cartels etc ? Le livetweet demande en cela une réflexion et une implication personnelle dans l’exposition. Noémie Couillard, doctorante à l’Ecole du Louvre, nous offre sur son blog un retour intéressant de son expérience du livetweet d’expositions et notamment à propos du phénomène d’appropriation des contenus muséaux qui semble s’opérer.

Du côté de l’institution, le livetweet crée du buzz autour de l’exposition. Il peut par exemple, intriguer les autres membres de la communauté, leur rappeler que l’exposition a lieu et souvent leur en dévoiler quelques images par les photographies prises par les live-tweeters. Quoi qu’il en soit, le livetweet confère à l’institution un caractère chaleureux, dynamique et attentif à ses publics.

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Quel intérêt pour le contributeur ?

Basé sur un échange gratuit entre l’institution et le contributeur, le live twitt peut également faire l’objet d’actions incitatives de la part des musées. Ainsi, l’American Museum of Natural History (AMNH) de New York a offert un accès gratuit au musée en échange d’une contribution sur Twitter. Une telle pratique ne risque-t-elle cependant pas de dénaturer la relation institution / contributeur ?

Les réseaux sociaux et notamment le live twitt peuvent se révéler un bon moyen de passer du virtuel au réel pour fidéliser les publics initiés mais également pour attirer de nouveaux publics. Ce second objectif reste encore à explorer et à développer, notamment en termes d’action culturelle. Dans ce contexte, inviter des adolescents ou étudiants à live-twitter une exposition nous semble être une initiative intéressante pour sensibiliser et conquérir les publics jeunes. Les expériences américaines du Brooklyn semblent prometteuses. Nous attendons les premiers retours d’expériences françaises.

Pour aller plus loin :

Article de blog Regard sur le Numérique

Et dans la presse américaine: « speaking digitally about exhibits » (NY Times, 16/03/2011)
Dossier rédigé le 8 avril 2011, par Clélia Dehon

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