Reims « accroche » les chefs d’œuvres de ses musées sur les trams et dans les vitrines de la ville

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Les musées de Reims sont toujours fermés, mais leurs œuvres sont de plus en plus visibles, de manière numérique. Le 16 avril 2021, le tramway est ainsi devenu le « 7ème musée de la Ville de Reims ». A l’occasion de son 10ème anniversaire. le service de transport urbain permet de mettre en contact le public avec certaines des plus belles œuvres des collections de la Cité des Sacres. La ville va encore plus loin dans sa stratégie « hors les murs » en accrochant certains de ses tableaux dans les vitrines d’un grand magasin.  

En année normale, les musées rémois accueillent environ 130.000 personnes, par an. Ce fut le cas en 2019, avant la pandémie du Covid 19. En 2020, avec 135 jours de fermeture, la fréquentation a baissé de 50%.

« Privé des touristes, britanniques, notamment, le musée de la Reddition a perdu les 2/3 de ses visiteurs », précise Georges Magnier, directeur des musées de Reilms. « Le numérique est une opportunité d’exister dans le contexte actuel, d’entretenir un lien avec le public ».

  • Le tram partenaire du musée numérique

Transdev Reims qui exploite le réseau Citura des transports en commun de Reims est aujourd’hui associée à cette découverte des musées municipaux, à travers un partenariat original.

Le vendredi 16 avril 2021, pour marquer les dix ans d’entrée en service du tramway, le réseau n’a pas pu organiser un évènement, en raison du confinement mais a proposé de participer à la découverte des richesses des musées rémois. Une manière originale d’habiller ses rames, d’animer la ville et d’affirmer son attachement au patrimoine local.

« Nous bénéficions avec ce partenariat d’une belle visibilité« , indique Georges Magnier. « Nous allons toucher un public qui n’est pas habitué aux musées ».

En échange de ce partenariat, la Ville a offert 300 billets d’entrée, gratuits, pour deux personnes, dans les musées de Reims, ainsi qu’à la chapelle Foujita.

L’opération devrait toucher un vaste public car en 2019, le tramway transportait 35 000 voyageurs, par jour.

Ce portrait de Louis XV, sillonne les rues de Reims, sur les flancs du tramway.
Portrait (un peu retouché) de Louis XV, par Hyacinthe Rigaud, sur le flanc d’un tramway de Reims • © Sandra Julien FTV.

En outre, pour les voyageurs les plus curieux, le QR Code sur les flancs du tramway permet d’accéder aux œuvres et à leurs informations.

Et chaque jour, jusqu’au 25 avril, « Citura a présenté sur sa page Facebook, une œuvre du musée numérique, avec des explications ». 

A travers les réseaux sociaux, les usagers du tramway, pourront ainsi découvrir le patrimoine, et notamment, des toiles des années 20, où étaient représentés les premiers trams.

  • Des vitrines pour élargir le public des musées

Le musée des Beaux-arts s’associe également aux Galeries Lafayette de la ville, implantées au centre-ville de Reims (33-45 rue de Vesle).

D’une vitrine à l’autre, le passant (re)découvre des œuvres majeures de la collection reproduites en très grand format (1,5 à 1 m de large pour 2 m de haut) : Le Repas des paysans, d’après les Frères Le Nain, Les Enfants Habert de Montmor, Philippe de Champaigne, La Danse italienne, de Jean-Baptiste Corot et Les Monts de Champagne –l’arbre, Jean Goulden.

Cette « exposition capsule » est agrémentée de notices d’œuvres et d’un puzzle « géant » en bois. Elle sera visible jusqu’à la réouverture des Galeries Lafayette.

  • Promouvoir le musée numérique

Ces 2 initiatives visent à la fois à valoriser les collections muséales de la ville aujourd’hui inaccessibles en raison du confinement mais également de promouvoir le nouveau musée numérique, qui lui est toujours ouvert.

C’est en 2019, avant le début de la pandémie qu’avait été décidée la création d’un musée numérique, regroupant les collections des musées de Reims. « La fermeture du musée des Beaux-Arts, pour restauration et restructuration, jusqu’en 2024, a en quelque sorte accéléré les choses« , indique Pascal Labelle, Adjoint-au-maire, en charge de la culture et du patrimoine.

15 000 des 100 000 œuvres détenues par les musées de la Ville, ont déjà fait l’objet d’une numérisation, et sont maintenant visibles sur le site du musée numérique.

« Moins de 10% de nos collections sont exposées, et certaines ne peuvent pas le rester longtemps, à cause de leur fragilité. Même s’il n’y a rien de mieux que de découvrir une œuvre, en réalité, nous avons la volonté de monter en puissance, au niveau du numérique. Cela donne ainsi un accès à toutes les œuvres, même celles qui ne sont pas exposées« . Pascal Labelle

« Le numérique est une opportunité d’exister, dans le contexte actuel, d’entretenir un lien avec le public ». Georges Magnier, directeur des musées de Reims.

Tant que les mesures sanitaires liées à la pandémie interdirons la réouverture des musées, le musée numérique constitue une opportunité unique de découvrir une des œuvres de Corot, Cranach, Foujita, Courbet, David, Monet, Vuillard, Delacroix, Renoir ou Millet appartenant aux collections de la Ville de Reims. Une manière de laisser un peu ouvertes les portes du musée des beaux-Arts, Saint-Remi, Le Vergeur, mais aussi les musées militaires, de la Reddition ou du Fort de la Pompelle, pour lesquels la numérisation est en préparation.

SOURCES: Musées de Reims, Ville de Reims, France TV, France Bleue, Citura, lunion.fr

PHOTOS: Citura, Ville de Reims, Musées de Reims

PHOTO du carousel: Citura, Ville de Reims

Date de première publication: 29/04/2021

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