Le Retable de Gand retourne dans son église d’origine et offre une nouvelle visite en réalité augmentée

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« L’Adoration d’Hubert et Jan van Eyck de l’agneau mystique », le chef-d’œuvre peint en 1432 mais également le tableau le plus volé au monde revient dans la cathédrale Saint-Bavon de Gand, protégé par une vitrine anti-effraction. A cette occasion, les visiteurs sont invités à une exploration artistique et historique du Retable de Gand en réalité augmentée.

L’un des plus grands chefs-d’œuvre du monde, et sûrement l’œuvre d’art la plus volée de tous les temps, l’Adoration de l’agneau mystique d’Hubert et Jan van Eyck, également connu sous le nom de Retable de Gand dispose désormais d’une nouvelle vitrine dont le coût a atteint 30 millions d’euros.

Tout en restant dans la cathédrale Saint-Bavon de Gand, en Belgique, pour laquelle il a été peint en 1432 par les frères Van Eyck, le polyptyque à 12 panneaux sera situé dans la chapelle du Sacrement, la plus grande de la cathédrale, dans une vitrine pare-balles de de 100 mètres cubes et de 6 mètres de haut.

Ce nouvel écrin garantit de meilleures conditions climatiques pour l’œuvre, qui a été complètement restaurée au cours des sept dernières années, pour un budget de 2,4 millions de dollars.

Cette protection maintiendra le retable dans une température constante alors que celle de la cathédrale non chauffée peut descendre jusqu’à 2 ° C en hiver.

Mais la priorité de ce projet pharaonique a été la sécurité du chef-d’œuvre. Au cours de ses 588 ans d’histoire, le Retable de Gand a connu plus d’une douzaine de tentatives de vols ou de dommages en tout genre.

Il a ainsi failli être brûlé par les émeutes calvinistes, volé par Napoléon pour être emmené au musée du Louvre, coupé en deux après être tombé entre les mains du roi de Prusse, convoité par Adolf Hitler avant d’être retrouvé dans une mine de sel autrichienne où il était destiné à être détruit à la dynamite.

Le polyptyque à 12 panneaux sera situé dans la chapelle de la Sainte-Cène

Au fil de ces soubresauts, le chef d’œuvre a d’ailleurs perdu son intégrité. L’un de ses 12 panneaux a disparu depuis un braquage dans la soirée du 10 avril 1934.

Dans sa nouvelle vitrine ultra sécurisée, l’œuvre d’art sera positionnée au-dessus d’un autel de la chapelle de la Sainte-Cène où elle sera suspendue à un support en acier à commande pneumatique. Chaque matin et chaque soir, le polyptyque sera ainsi automatiquement ouvert et fermé. De grandes portes blindées ont également été installées dans la cathédrale pour permettre l’évacuation aisée des panneaux de bois en cas d’urgence.

Pour permettre l’accès aux visiteurs dans le respect de règles drastiques de sécurité, certains des anciens murs de pierre de la cathédrale ont été modifiés.

Avec un ascenseur et des escaliers supplémentaires, le site vieux de 746 ans est désormais entièrement accessible.

Ces aménagements expliquent en partie la facture importante, 30 millions d’euros, payée par le gouvernement flamand et des mécènes. Le seul boîtier en verre translucide de haute sécurité aurait coûté 5 millions d’euros.

Le retable de Gand à la cathédrale Saint-Bavon. Photo: Cedric Verhelst.

« Jan van Eyck était un génie qui étonne le monde depuis plus de cinq siècles avec ses techniques innovantes », a déclaré Jan Jambon, le Premier ministre de Flandre. « La magnifique restauration et les circonstances dans lesquelles le Retable de Gand peut maintenant être admiré sont étonnantes. La splendeur des couleurs, les détails, l’éclairage: tout est parfait. Cela nous rend fiers. Nous sommes heureux que le gouvernement flamand ait pu y contribuer et que nous puissions montrer ce chef-d’œuvre à nos enfants et petits-enfants et, espérons-le, bientôt à de nombreux touristes ».

  • Une visite augmentée à partir du lundi 29 mars 2021

Dès le lundi 29 mars 2021, le chef d’œuvre pourra à nouveau être admiré par le public.

En raison des restrictions de Covid mais cette règle pourrait être maintenue en temps normal, les visiteurs seront invités à réserver en ligne une visite horodatée (créneau de 1H20, entre 10.00 et 16.00) du chef-d’œuvre. 

Auparavant entassés dans une petite chapelle près de l’entrée de la cathédrale, les visiteurs écoutaient un audioguide tout en regardant l’œuvre.

« Il a été décidé que nous ne pouvions pas continuer à offrir une expérience de visite comme celle-là parce que cela ne correspondait pas à la virtuosité des frères Van Eyck » , a déclaré Ben De Vriendt, représentant l’Office du Tourisme de Flandre.

Pour en faciliter l’exploration, la cathédrale propose dorénavant une nouvelle expérience de réalité augmentée qui guide virtuellement les visiteurs dans l’espace et dans le chef d’œuvre.

« L’héritage religieux et chrétien est dévoilé ici d’une manière unique » explique l’évêque de Gand, Lode Van Hecke. « Ce n’est pas seulement important pour le passé, mais encore plus pour aujourd’hui et demain. Il nous confronte à l’éternelle quête de mystère de l’homme. Je suis convaincu que de nombreuses personnes trouveront ici une résonance personnelle. »

Afin de favoriser la compréhension l’une des pièces les plus importantes de l’art du début de la Renaissance, les visiteurs ayant réservé leur créneau peuvent choisir une médiation numérique en 9 langues (néerlandais, anglais, espagnols, français, italien, japonais, portugais et russe) utilisant 2 supports différents. 

Désormais, les visiteurs traversent donc la crypte, avec des lunettes (réalité mixte, à partir de 10 ans) ou des tablettes de réalité augmentée révélant les mystères de 600 ans de ces panneaux colorés, « l’histoire mouvementée du retable de Gand comme si vous y étiez vous-même », avant d’atteindre la chapelle la plus grande et admirer le retable dans sa nouvelle vitrine.

Chacun peut choisir entre la visite «standard», «maître du détail» ou «familiale» et opter pour un parcours de 40 ou 60 minutes.

La technologie de réalité augmentée devrait ainsi contribuer à plonger les visiteurs dans une œuvre complexe au passé si troublé.

La visite horodatée, incluant l’expérience en réalité augmentée, est vendue au tarif de 15 euros et 8 euros (pour les moins de 12 ans).

La ville de Gand prévoyait d’accueillir l’année Van Eyck en 2020, toutes les parties du retable étant retournées à la cathédrale Saint-Bavon après restauration, mais la pandémie a décalé cette nouvelle présentation du chef d’œuvre à mars 2021.

En attendant une visite réelle ou pour la remplacer, le retable peut toujours être exploré en version numérique et en très haute définition sur le site internet dédié Closer to Van Eyck.

SOURCES: sintbaafskathedraal.be, presse

PHOTOS: sintbaafskathedraal.be, Cedric Verhelst et Bas Bogaerts / artinflanders.be

Date de première publication: 29/03/2021

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