Michel-Ange, Eiffel ou Daniel Arsham … avec la RMN, Versailles et la Galerie Perrotin, Instagram diffuse des œuvres en réalité augmentée

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Depuis le 10 décembre 2020, le réseau social du groupe Facebook propose au public d’afficher en réalité augmentée une série de sculptures en 3D, proposées par le château de Versailles, le Grand Palais et la Galerie Perrotin.

Mais ce n’est pas une première. En 2017, l’application Snapchat avait lancé des filtres permettant d’activer une série d’œuvres de Jeff Koons en réalité augmentée. Plus récemment, l’application Acute Art a permis l’affichage virtuel d’œuvres de Kaws ou Tomas Saraceno, la RMN-GP a proposé d’installer dans son salon un objet issu de Pompei tandis que le Met a mis à disposition de son public des objets de sa collection, également en réalité augmentée.

Le 10 décembre 2020, Instagram a donc annoncé une première collaboration en France, dans le champs de la réalité augmentée, avec la Réunion des musées nationaux (RMN)-Grand Palais, le château de Versailles et la Galerie Perrotin. « Cette nouvelle expérience, ludique et immersive, est basée sur la découverte de chefs-d’œuvre en réalité augmentée, grâce à des effets disponibles sur Instagram » annonce le communiqué de presse de la plateforme américaine.

Le réseau social au milliard d’utilisateurs propose ainsi une série de filtres utilisables gratuitement et qui permettent de placer autour de soi virtuellement la reproduction 3D d’une oeuvre existante.

 

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En allant sur le compte de l’institution. l’utilisateur peut choisir son filtre et mettre l’objet 3D à l’échelle de son intérieur ou d’un paysage, mais également le faire pivoter à 360°, zoomer pour en voir les détails en haute définition et découvrir des informations, via un « cartel ».

« Notre mission de défense de l’art est pleinement soutenue par la technologie de la réalité augmentée : donner accès à un large public, s’engager auprès de notre public, et proposer des rencontres ludiques mais aussi instructives pour promouvoir les arts » se réjouit Roei Amit, directeur adjoint du numérique de la RMN-GP.

  • Des oeuvres en 3D 

Le château de Versailles propose le monumental bassin d’Apollon, dans lequel « le dieu du soleil émerge de l’eau, tiré par quatre chevaux ». La RMN-Grand Palais met à disposition quatre filtres avec des sculptures d’époques très différentes : le Moïse de Michel-Ange, dont l’original se trouve à Rome, l’Aurige de Delphes, conservée en Grèce, la Dame de Brassempouy abritée au Musée d’archéologie de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), et même une statue de la Liberté, dont le modèle original est au Musée d’Orsay.

Cette expérience associe donc les quatre moulages provenant de l’atelier des moulages de la RMN, qui dispose des droits de reproduction tant physiques que numériques, l’agence photographique qui les a numérisé et l’outil de réalité augmentée développé par « Facebook Reality Labs » (département de réalité augmentée et virtuelle de Facebook). 

« Les moulages sont une activité moins connue de la RMN, mais très importante, et qui remonte au XVIIIe siècle », explique au Monde, Roei Amit. « C’est une nouvelle étape, ou facette, de l’histoire de la reproduction, qui est au cœur de la transmission dans l’histoire de l’art. Au début, l’utilisation de cette technologie était limitée, on n’imaginait pas qu’on pourrait la manier sur un portable et les réseaux sociaux si facilement. Au Grand Palais, nous avons récemment utilisé l’AR dans les expositions “Venise” et “Pompéi”, cela devient un outil de médiation à explorer, et le filtre crée de nouvelles manières de s’engager avec l’art ».

La Galerie Perrotin est associée à ce projet avec le « prêt » d’une « Venus de Milo » de l’Américain Daniel Arsham.

 

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« Daniel Arsham est un artiste technophile, et avec sa série de sculptures antiques érodées, qui déplace des icônes de l’art – en l’occurrence ici la Vénus de Milo – dans des temps flous, le filtre apporte une résonance très à-propos en cette période de confinement » explique la galerie.

  • Un partenariat technologique

Le partenariat entre la société Instagram et les institutions culturelles, publiques ou privées, n’a fait l’objet d’aucune transaction financière.

« Nous disposons de notre propre plate-forme de création de filtres en réalité augmentée, Spark AR, qui a déjà permis aux utilisateurs d’Instagram de créer quelque 400 000 filtres depuis sa création en 2019 » explique Julie Bogaert, responsable des partenariats du groupe Facebook, avec la culture et les producteurs de contenus. « Nous avons souhaité apporter notre soutien technologique à ces trois partenaires culturels car nous savons qu’ils sont très portés sur l’innovation ».

Instagram annonce cette initiative et reconnait travailler sur de nouveaux projets culturels au moment où TikTok France organise une semaine d’évènements culturels. L’art semble devenir un nouveau terrain de bataille entre les géants de la tech !   

SOURCES: Instagram, RMN-GP, presse

PHOTOS: Instagram

Date de première publication: 12/12/2020

La RMN-GP est membre du Clic France

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