SMK Open : quelques leçons des 12 premiers mois de la collection en ligne de la Galerie Nationale du Danemark

La collection en ligne du SMK – Statens Museum for Kunst vient de fêter son premier anniversaire. Le temps passe vite, je sais. Mais que s’est-il passé ? Comment les utilisateurs ont-ils réagi ? Et qu’avons-nous appris de ces 12 premiers mois? Jonas Heide Smith, Responsable du numérique à la Galerie nationale du Danemark / SMK dresse un premier bilan d’une première année de la collection en ligne du musée, diffusée en Open Content. 

Fin novembre 2019 – dans ce qui semble être une autre ère – nous avons lancé avec enthousiasme la nouvelle collection en ligne de SMK open.smk.dk en grande pompe. (Article Clic France : L’intelligence artificielle et l’Open Content vont contribuer à valoriser et diffuser la plus grande collection d’art du Danemark)

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Soirée de lancement officiel de SMK Open le

Oh, les jours grisants de 2019 ! Quel plaisir nous avons eu de réunir nos amis. Il y avait de la lumière, il y avait de la bière, il y avait des discussions de dernière minute avec les serveurs, et j’avais d’ailleurs décidé de partager quelques réflexions au sujet de ce lancement .

Dans cet article, je vais analyser les chiffres d’utilisation du nouveau site des collections Open SMK, expliquer les changements que nous avons apportés et discuter brièvement de nos projets importants et hybrides pour notre avenir numérique.

  • Les chiffres

La collection en ligne de SMK fait partie d’un programme plus vaste, mais à ce projet était avant tout destiné à toucher les étudiants, les élèves, les éducateurs, les universitaires et le grand public intéressé par l’art.

C’est pour cela que l’audience du site et sa portée (sous forme de visites ou de «sessions») n’est pas une mesure déraisonnable du succès.

Voyons donc combien de visiteurs sont passés, ce que nous savons d’eux et ce qu’ils recherchaient.

Ce graphique montre l’audience mensuelle du site collection en ligne en 2020.

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Nombre de sessions mensuelles en 2020

Pendant ces 12 mois de 2020, le nombre moyen de sessions par jour a ainsi atteint 337.

Selon toute vraisemblance, ce graphique aurait dû montré une croissance assez régulière tout au long de l’année sans « un certain blocage printanier » induit par une pandémie. Même si le confinement a brusquement éclairé nos offres numériques, et incité les habitants à se connecter en ligne pour accéder à l’art.

En moyenne, les internautes visiteurs ont vu 2,3 ​​œuvres d’art par session totalisant 288 000 visionnages d’œuvres d’art.

Parmi ces visiteurs, 78% se trouvaient au Danemark et 72% utilisaient leur ordinateur (mobile 23%, tablette: 6%).

43% ont exploré le site en franchissant la porte d’entrée, c’est-à-dire que leur «page de destination» était la première page du site Web de SMK.

L’œuvre la plus populaire est de loin celle du peintre danois Erik Henningsen, « Locataires expulsés » de 1892.  (voir le top dix)

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Les locataires expulsés du réalisme social d’Erik Henningsen à partir de 1892

Selon les données collectées par Google Analytics, en 2020, la «répartition des visites» a été la suivante :

  • Direct: 46%
  • Recherche organique: 38%
  • Courriel: 6%
  • Référencement: 6%
  • Réseaux sociaux: 5%.

Rien dans ces chiffres n’est totalement surprenant, mais la prévalence de l’utilisation des ordinateurs de bureau (et la forte popularité des locataires expulsés ) suggèrent fortement un biais éducatif. Le nouveau site a rencontré un succès important auprès des élèves et des enseignants.

  • Ce que nous avons fait depuis le lancement 

On dit souvent, de manière déprimante et non mensongère, que le jour où vous lancez votre offre numérique est le jour où toutes les difficultés et le travail commencent vraiment. Et cela a été vrai pour nous. Dès le lancement de al collection en ligne, nous avons été très occupés à résoudre les problèmes.

Heureusement, nous avons également réussi à ajouter quelques fonctionnalités.

Juste après le lancement, nous avons ainsi enrichi le site des thèmes, des collections d’œuvres d’art liées entre elles par un éditeur SMK – comme celui-ci sur «L’âge d’or danois».

Nous avons volontairement choisi ces thèmes de manière simple, mais nous pourrons choisir d’établir des relations plus complexes entre des œuvres à l’avenir.

Nous nous sommes également empressés d’ajouter des modèles 3D, qui sont directement intégrés à partir de nos comptes chez CompressFactory (327 modèles) et Sketchfab (9 modèles).

Par exemple, l’utilisateur du site collection peut examiner le modèle 3D du Discoboles directement à partir de la page de cette oeuvre.

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Dans le même souci d’enrichissement de l’expérience, nous avons connecté des fichiers audio et vidéo YouTube à des œuvres d’art.

Désormais, une vidéo comme celle ci apparaît directement sur la page du tableau La Chute des Titans.

Il convient également de mentionner que nous indiquons dorénavant à l’utilisateur si l’œuvre est actuellement exposée avec un lien vers une carte mettant en évidence la galerie concernée.

  • La bataille des données

Mais surtout, nous nous débattons avec les données. Au fur et à mesure que nous construisions le site, le système de gestion de la collection SMK devait prendre sa retraite alors que les musées danois se dirigeaient vers une nouvelle solution nationale: le système SARA.

Cela nous a placé dans un dilemme. Travaillez avec l’ancien système et affronter des problèmes à venir. Viser directement le nouveau système non déployé et travailler en partie à l’aveugle avec des spécifications en cours de développement.

Audacieusement, nous avons choisi ce second choix et nous sommes ainsi devenus l’utilisateur extrêmement précoce (en fait nous sommes toujours le seul utilisateur) d’une API et d’un système totalement nouveau. Essuyer les plâtres d’un projet herculéen censé inclure tous les musées danois n’a pas été une partie de plaisir. Même si ce n’est vraiment la faute de personne, ce contexte a parfois créé un peu trop d’énervement.

Néanmoins, les données ont circulé, et elles sont passées directement des mains de l’équipe SMK, à la plateforme SMK Open, via le système SARA. De cette manière, nous avons réussi à ajouter environ 15 000 nouvelles œuvres d’art sur le site depuis le lancement, et nous nous pouvons donc aujourd’hui offrir 93 495 œuvres en consultation (dont 48 785 avec photos).

Cette belle gravure de Giovanni Battista Piranesi est l’un des trésors de notre collection en ligne, aujourd’hui si riche.

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Giovanni Battista Piranesi, « vue de l’intérieur du soi-disant Temple de Bacchus, maintenant l’église de San Urbano, à l’extérieur de Rome, 1767
  • Les projets à venir

Nous avons encore des projets, de grands projets.

De manière logique, nous souhaitons maintenant revoir des choix de conception et nous prévoyons donc une refonte majeure de l’interface en mars ou avril 2021.

Nous sommes également impatients de développer nos fonctionnalités de recherche pour faciliter une exploration plus fine de notre grande collection, avant juin 2021. Et nous envisageons également des moyens d’améliorer notre visionneuse IIIF pour ouvrir la voie à une «narration» plus organisée.

En parallèle, nous travaillons sur l’amélioration de la visualisation de données et sur une gamme de partenariats.

Par exemple, nous utilisons des données de localisation pour placer toutes les œuvres d’art sur une carte du Danemark afin de montrer les endroits préférés des artistes danois et pour permettre aux utilisateurs de découvrir des œuvres d’art de leur ville natale.

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Des œuvres de la collection SMK placées à l’endroit qu’elles représentent

Nous souhaitons également promouvoir l’usage de nos ressources numériques par d’autres institutions, et si possible de manière physique.

Nous collaborons ainsi avec la bibliothèque de Ringsted, au Danemark, pour organiser des expositions numériques basées sur des contenus du SMK Open.

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Et nous nous intéressons de plus en plus à l’intelligence artificielle. Par exemple, nous avons appris à des « machines infatigables » de générer de l’art «original» en étudiant un genre particulier de peinture.

S’appuyant sur les principes du GAN, voici par exemple une «illustration» générée par la machine et montrant un arbre volant.

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  • Tant de choses à faire et si peu de temps!

Avec la liste actuelle des idées que nous avons en tête, nous en avons assez pour nous occuper pendant au moins un an.

Nous espérons que vous nous suivrez dans notre voyage au cœur des « données artistiques », et nous apprécions chaque petite suggestion, commentaire et retweet!

Merci à Jonas Heide Smith, Responsable du numérique à la Galerie nationale du Danemark / SMK, Twitter Linkedin d’avoir autorisé la traduction en français et la publication de son article sur le site du Clic France. 

La version originale de cet article en anglais a été publié le sur le site medium.com le 13 janvier 2021.

SOURCE: SMK

PHOTOS: SMK

PHOTO du carousel: une reproduction  de l’œuvre de CW Eckersberg « une vue à travers trois arches du troisième étage du Colisée » (1815) sur un ordinateur portable

Date de première publication: 15/02/2021

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