En suisse et en France, les musiques électroniques construisent leur mémoire numérique

En ce mois de septembre 2018, mois de la techno Parade à Paris, la musique électronique devient un élément du patrimoine. Tandis que le Swiss Museum & Center for Electronic Music Instruments en appelle au crowdfunding pour financer l’accès du public à sa collection de 5 000 synthés, la SACEM lance une exposition numérique totalement virtuelle intitulée « Musiques électroniques : des laboratoires aux dancefloors » pour retracer l’histoire du genre.

Une collection de 5000 synthés et instruments électroniques à disposition du public

C’est l’objectif de l’association Swiss Museum & Center for Electronic Music Instruments (SMEM) qui a lancé une campagne de crowdfunding sur la plateforme Kickstarter. Le projet, intitulé « The Playroom », se concentre sur la collection de Klemens Niklaus Trenkle, un suisse-allemand qui a réuni un véritable trésor instrumental pendant 35 ans et qui l’a légué au SMEM.

Vidéo de présentation de la campagne de crowdfunding:

Claviers, synthétiseurs, tables de mixages et autres amplificateurs seront ainsi mis à la disposition des  professionnels comme des amateurs, le but de cette initiative étant la rencontre autour d’un intérêt commun : la musique électronique.

Tous les trois mois, le contenu de la Playroom va être modifié pour que tous les appareils puissent y trouver une seconde vie.

Des conférences et des ateliers sont également prévus afin de favoriser cette mise en commun. Il sera même possible de louer la Playroom pour des enregistrements ou bien de la privatiser pour des événements.

L’objectif de la collecte, fixé à 42 000€, était presque atteint à une semaine de la fin de la campagne, le 3 octobre 2018.

La Playroom devrait ouvrir ses portes en novembre 2018.

L’exposition numérique « Musiques électroniques : des laboratoires aux dancefloors »

En septembre 2018, la SACEM a mis en ligne sa nouvelle exposition numérique« Musiques électroniques : des laboratoires aux dancefloors ».

Cette exposition vient enrichir le musée virtuel de la Sacem. Elle se découpe en six chapitres et podcasts audios qui couvrent autant de périodes historiques différentes.

La SACEM, qui aura par ailleurs son propre char à la Techno Parade le samedi 22 septembre 2018, accompagne ainsi la promotion de la culture électronique.

Claire Giraudin, responsable du musée numérique, explique au magazine Trax que le projet représente « une ambition de longue date », avec pour ambition de « remonter à la genèse de la musique électronique ».

Comme l’écrit la Sacem sur la page d’accueil de l’exposition virtuelle: « depuis 2010, la musique électro, et la culture DJ qui l’accompagne, figurent parmi les phénomènes les plus populaires auprès de la jeunesse. Présente en occident depuis la fin des années 1980, elle s’est implantée au cours des années 2000 en Asie, en Amérique du sud et en Afrique et a récemment conquis le grand public américain, lui assurant un immense rayonnement culturel et un profond impact sur le marché de la musique et l’économie du spectacle. La musique électronique, qui fait aujourd’hui danser plusieurs générations, de Paris à Los Angeles, des métropoles de Tokyo, Londres, Berlin ou New York, aux quartiers populaires de Mexico, Baltimore, Durban ou Luanda, possède une longue histoire, souvent méconnue du grand public, que nous vous présentons ici sous la forme de six chapitres et podcasts audio ».

Découpée en chapitres, l’exposition virtuelle propose une sélection de documents, parfois inédits, complétés par des podcasts. 

« C’est ce qui est intéressant avec ce musée. Malgré le fait qu’il soit sur Internet, il s’en dégage une certaine proximité » ajoute Claire Giraudin.

Parmi les archives papier « d’émouvantes découvertes » : une photo de Jean-Michel Jarre enfant, une signature au coin d’un des premiers disques du pionnier de la musique concrète Pierre Henry, une partition manuscrite de Kraftwerk

Cette exposition virtuelle va progressivement s’enrichir puisque l’intégralité du contenu n’a pas encore été mis en ligne. Des maquettes inédites de morceaux emblématiques seront par exemple mises à disposition. 

L’exposition a été conçue en collaboration avec Jean-Yves Leloup, spécialiste des musiques électroniques et commissaire de la prochaine exposition de la Philharmonie de Paris, « Rêve électro ».

SOURCES: SMEM, Kickstarter, Sacem, Trax

Date de première publication: 20/09/2018

Photos: SMEM, Sacem

Clic-separateur(A LIRE SUR LE SITE DU CLIC) (3)

DOSSIER / Quand les musiques actuelles s’invitent dans les musées ou les lieux patrimoniaux

Avec Uniqlo, la Tate Britain lance une nouvelle série de soirées Late at Tate Britain en 2018

Avec son nouveau musée virtuel, la SACEM souhaite raconter l’histoire de la musique en France

Le Van Gogh Museum enrichit son guide multimédia de visite avec les contributions du DJ international Armin van Buuren

Laisser un commentaire