Avec l’opération «Une œuvre à la maison», l’artiste Olivier Masmonteil propose de « déconfiner » l’art

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Alors que les musées sont fermés en France depuis le 30 octobre, rejoints par les galeries d’art depuis avril 2021, l’artiste Olivier Masmonteil a eu l’idée de faire venir l’art à domicile à défaut de pouvoir accueillir le public dans les lieux d’exposition. Lancée le 1er avril 2021, l’opération « Une œuvre à la maison » consiste à prêter durant le temps du confinement une œuvre d’art à des particuliers. Une initiative soutenue par 130 artistes et galeries, qui permet de démontrer que l’art est bien essentiel !

Pour participer à l’opération et pouvoir ainsi accueillir une œuvre chez soi, chacun peut consulter le compte Instagram @uneoeuvrealamaison, dans lequel lequel les œuvres d’art disponibles sont présentées, et faire son choix. Puis les candidats doivent envoyer quelques lignes à la galerie ou l’artiste prêteur pour exprimer ses motivations.

S’il accepte la proposition, le prêteur apporte lui même chez le particulier qui doit se trouver dans un rayon de 10 km le tableau, la sculpture ou la photo qui sera accroché au domicile, durant la période en cours de mesures de restrictions sanitaires.

« Je pense que l’œuvre a une vertu d’évasion, enfin l’art en tout cas. La culture, c’est ce qui permet de s’évader » explique Olivier Masmonteil, artiste-peintre à l’origine de l’initiative. « Et quand on est dans un moment où on va être confiné, où on va être un peu angoissé aussi, on va se poser des questions qui sont des questions d’éternité, face à l’existence, face à la beauté du monde. C’est bien d’avoir cet élément chez soi. »

Le prêt de l’œuvre d’art peut durer jusqu’à deux mois et est totalement gratuit. Tous les artistes qui le souhaitent peuvent participer en prêtant une œuvre, dont la valeur ne doit pas excéder 10 000 euros, et ne pas être trop fragile.

Partenaire de l’opération, APPIA Art & Assurance prend en charge l’assurance tous risques du dépôt des œuvres.

« On ne reste pas cantonnés à Paris. Nous avons des artistes en Normandie, mais aussi à Brive-la-Gaillarde par exemple » annonce l’artiste initiateur du projet. Des œuvres peuvent être ainsi empruntées depuis Nice, Strasbourg, Reims, Nantes, Lille ou encore La Seyne-sur-Mer.

  • 130 artistes, galeries et même un musée partenaires

Plus de 130 artistes, galeries et centres d’art (Perrotin, Thomas Bernard, Les Filles du Calvaire, Martel, Paris-Beijing et Sator, la Maison des arts de Châtillon ou l’École et Espace d’art contemporain Camille Lambert à Juvisy-sur-Orge) et même un musée participent déjà à l’opération.

Ainsi, l’artiste plasticienne Hélène Marcoz, exposée en ce moment au PBA, Palais des Beaux-Arts de Lille, prête une de ses photographies

 Hélène Marcoz, Still alive, Lys roses, 2010. Photographie argentique couleur, 80 cm x 54 cm
Hélène Marcoz, Still alive, Lys roses, 2010. Photographie argentique couleur, 80 cm x 54 cm. Courtesy de l’artiste – Droits réservés

« Partager une œuvre dans l’espace intime, c’est une nouvelle expérience. C’est chouette de se dire que les gens vont vivre avec une œuvre sous leurs yeux pendant 2 mois. Je trouve que c’est un très beau retour du travail » explique l’artiste sur le site web de France Bleu.

« Là, on est un peu dans une forme d’euphorie, parce que de plus en plus d’artistes souhaitent participer, c’est vraiment très agréable« , se réjouit Olivier Masmonteil sur le site web de RFI et du HuggingtonPost. « La possibilité de prêter des sculptures, des peintures, des photos à des particuliers, pour nous c’est génial, on est super contents de voir l’effet que ça provoque. On voulait que les gens puissent partager l’expérience de l’œuvre comme quand ils vont au musée. « Je voudrais transformer la France en une artothèque géante et que cette opération devienne virale. On adorerait même que le Louvre prête une petite œuvre !. Et, le jour où les lieux d’art rouvriront, ce serait bien que chacun vienne raccrocher les oeuvres qu’il a reçues en prêt, en une gigantesque performance »

Olivier Masmonteil n’en est pas à son coup d’essai. Lors du premier confinement en mars 2020, l’artiste français avait lancé Traversée, un journal vidéo d’échanges entre artistes sur les réseaux sociaux, et encouragé le don d’œuvres pour des ventes au profit des hôpitaux.

  • Les précédents d’Ixelles et de la fondation Beyeler

Le projet est inspiré du modèle des artothèques, centres de prêts d’œuvres d’art qui sont environ une dizaine en France dont le plus connu, créé il y a trente ans, se trouve à Caen. “7 500 prêts ont lieu chaque année dans la structure de Caen, ça m’a motivé à bâtir un projet similaire”, explique Olivier Masmonteil.

Mais des institutions muséales ont également prêtés leurs œuvres.

. Depuis 2020, le Musée d’Ixelles fermé pour travaux d’agrandissement et de rénovation expose des œuvres d’art chez ses voisins durant un week-end. Les 20 et 21 juin 2020, une dizaine de personnes ont ainsi accueilli un chef d’œuvre de la collection du musée. L’expérience « Musée Comme Chez Soi » a déjà été renouvelée plusieurs fois avec une dernière édition le 12 et 13 décembre 2020. Autant d’occasion pour le Musée d’Ixelles « de rencontrer encore plus de voisins ! ».

Le principe est simple: pendant un week-end, une dizaine de personnes « adoptent » une œuvre du musée. Le samedi, les « familles d’accueil » font connaissances avec l’œuvre et le dimanche, elles reçoivent leurs voisins et leur présentez l’œuvre à leur façon.

(Article Clic: Fermé pendant trois ans pour rénovation, le Musée d’Ixelles (Bruxelles) expose ses oeuvres chez ses voisins)

. En mars 2019, à l’occasion de l’exposition «Le jeune PICASSO – Périodes bleue et rose», la Fondation Beyeler et son partenaire Swisscom avait lancé l’opération #myprivatepicasso et « prêté » pour un jour, un tableau de Pablo Picasso, appartenant à la prestigieuse collection du musée. 

Avec cette initiative unique, proposée par la Fondation Beyeler et son mécène Swisscom, le chef d’œuvre Buste de femme au chapeau (Dora) de 1939 a donc été prêté à un foyer privé en Suisse, le 16 avril 2019.

Après réception des candidatures, du 19 mars au 1er avril 2019, un vote public et un jury composé de représentants de la Fondation Beyeler et de Swisscom a choisi le bénéficiaire du prêt. (Article CLIC: Grace à son partenaire, la Fondation Beyeler va accrocher un Picasso de sa collection dans un foyer suisse)

SOURCES: Une œuvre à la maison, presse

PHOTOS: Une œuvre à la maison

Date de première publication: 16/04/2021

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