Le 23 février 2013, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et l’université Ca’ Foscari, avec le concours industriel de Telecom Italia, ont annoncé la création d’un programme transdisciplinaire en faveur de l’éducation et de la recherche. Les arts et les sciences s’unissent ainsi pour imaginer et proposer au public l’xploration numérique de la ville de Venise et de sa riche histoire.

(c) Enac Epfl

L’EPFL et l’université Ca’ Foscari ont lancé un centre transdisciplinaire pour l’éducation et la recherche à Venise, dans les domaines des arts et des sciences. La ville de Venise accueillera ce nouveau centre de recherche mais deviendra également le sujet d’étude du principal programme de recherche « Venice Time Machine ».

Ce projet de simulation historique et géographique de l’une des villes les plus documentées au monde sera mené en collaboration avec Telecom Italia, le premier partenaire industriel du Centre, qui accueillera les bureaux et le laboratoire au sein de son Telecom Future Center – un centre de recherche sur le rôle des télécommunications pour le développement économique.

(c) EPFL

Pour l’heure, la création du Centre repose sur un échange de compétences et d’infrastructures entre les 3 différents partenaires. A terme, ces derniers devront trouver des financements complémentaires afin d’assurer la réalisation de projets ambitieux et innovants.

Cet accord signé entre l’EPFL et l’université Ca’ Foscari marque les premiers pas du développement, à Venise, d’un centre de recherches dédié aux humanités digitales et aux villes futures, sous le nom de Digital Humanities Venice (DHV).

Ces annonces ont été faites par les présidents des deux universités, en présence du président de Telecom Italia, du ministre italien de l’éducation et de la recherche et du secrétaire d’état suisse à l’éducation, à la recherche et à l’innovation.

Une machine à remonter l’histoire de Venise

« Venice Time Machine », premier programme de recherche du DHV, sera une simulation historique et géographique de Venise, permettant de « reconstruire le passé de la ville, d’offrir une meilleure compréhension de son présent et d’anticiper son futur ».  « Il permettra de pouvoir zoomer dans le temps et reconstituer le contexte riche et précis d’un jour et d’un lieu », promet Frédéric Kaplan, cheville ouvrière du projet, dans un article paru dans le journal suisse Le Temps.

Ce programme ambitieux suppose la numérisation, l’indexation, la documentation et la conservation des archives ainsi que l’organisation de grandes masses de données, la conception d’outils de visualisation telles que des cartes interactives en trois dimensions, ainsi que la création de mises en scène muséographiques.

Durant la première phase du projet, qui commencera cette année et durera quatre années, de petites équipes de chercheurs se pencheront sur Venise et son histoire, dans des secteurs aussi divers que l’histoire de l’art, la musicologie, l’architecture, la géophysique et d’autres sciences.

Une plongée, analyse et organisation des gigantesques archives de Venise couvrant une période allant du IXe siècle à nos jours sera le socle du programme Venice Time Machine. « Les archives d’Etat contiennent 80 km de documents s’étalant sur douze siècles », dit Frédéric Kaplan. Cette masse d’information permettra de mieux comprendre la vie quotidienne de la cité des Doges, sa vie culturelle et artistique, sa puissance économique mais également les interactions et le réseau que la ville avait tissé sur toute la Méditerranée. « Nous pouvons modéliser la démographie, mais aussi les échanges, au sein de la lagune puis de l’empire maritime. »

Comme l’écrit Le Temps, « Le défi de la Venice Time Machine sera d’amener toutes les recherches à s’articuler les unes par rapport aux autres, de façon à livrer une vision globale de la ville à travers mille deux cents ans d’histoire. »

L’un des objectifs de la Venice Time Machine, via le développement d’une interface muséographique publique, sera aussi, « selon le public visé, chercheurs ou touristes, de transformer les modèles créés en « expériences »", dit Frédéric Kaplan. « Nous voulons développer des outils numériques pour rendre le passé aussi accessible et intéressant que le présent. A l’image de Google Street View, qui permet en deux clics de souris d’explorer les rues de n’importe quelle ville, ou de Facebook, qui décrit les liens sociaux. »

À partir du mois de septembre 2014, un groupe d’étudiants titulaires d’un Bachelor en sciences humaines, en ingénierie ou en informatique sera sélectionné pour participer à un programme de Master commun aux deux universités. Ces étudiants de Master partageront leur temps entre les deux universités.

Ce programme est piloté par le Laboratoire d’humanités digitales (DHLAB) de l’EPFL, fondé en 2012 par Frédéric Kaplan (diplomé de l’ENST et de Paris VI, spécialiste de l’intelligence artificielle), qui « développe de nouvelles approches pour redécouvrir le passé et anticiper le futur ». D’autres chercheurs de l’EPFL, spécialisés dans de nombreuses autres disciplines, collaboreront aux humanités digitales de l’EPFL en général, et au programme Venice Time Machine

Interview de Frédéric Kaplan sur la chaine radio suisse RTS

Informations fournies par l’EPFL et le journal Le Temps

SUR LE WEB:

. visite virtuelle de Venise par l’office du tourisme