La galerie d’art du NSW (Sydney) ouvre un nouveau bâtiment durable permettant de valoriser l’art autochtone et numérique

Après 10 ans de travaux et un investissement de 344 millions de dollars australiens (222 millions de dollars), la Art Gallery of New South Wales (AGNSW) a ouvert les portes de son nouveau bâtiment et de son campus le samedi 3 décembre. Cette extension, conçue avec les normes environnementales les plus strictes, double presque l’empreinte architecturale et l’espace d’exposition de la galerie. Dans le cadre du Sydney Modern Project, la galerie a ainsi entrepris le plus grand programme d’extension de ses 151 ans d’histoire. Il va permettre au musée de Sydney de donner plus de visibilité à l’art autochtone et aux nouvelles créations, notamment numériques.

Conçu par les architectes lauréats du prix Pritzker Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa de la société SANAA basée à Tokyo, le nouveau bâtiment est la pièce maîtresse du Sydney Modern Project de la Art Gallery of New South Wales (AGNSW).

« Notre vision a été de transformer la galerie d’art en un campus de musée d’art avec des liens transparents entre l’art, l’architecture et le paysage », a déclaré Michael Brand, directeur de la Art Gallery of New South Wales.

  • Un doublement de l’empreinte architecturale

Reliée au bâtiment néoclassique du XIXe siècle par une place d’accueil et une série de jardins paysagers, la nouvelle galerie se compose d’une série de pavillons tentaculaires, aérés, vitrés et imbriqués et de 3 400 mètres carrés de « terrasses d’art » et de cours accessibles sur le toit.

Ce nouveau bâtiment constitué de trois pavillons en pierre calcaire est intégré au sein du parc du Domaine, et surplombe le port de Sydney.

Vue générale du nouveau bâtiment et de la nouvelle organisation architecturale de la AGNSW. Photo: AGNSW / Iwan Baan

Le nouveau bâtiment, sur quatre niveaux, comprend une galerie présentant l’art aborigène et insulaire du détroit de Torres; une nouvelle galerie de 1 300 mètres carrés pour les grandes expositions; une galerie pour les « nouveaux médias » (vidéo, art numérique, réalité virtuelle); des studios dédiés à l’éducation et à l’engagement; et une galerie souterraine de 2 200 m² qui était autrefois un réservoir de pétrole pour l’armée, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Surnommé « Sydney Modern » par beaucoup, le nouveau bâtiment n’a pas encore de nom officiel. « Avec le développement du campus, nous cherchions à avoir un nom autochtone pour le nouveau bâtiment et le bâtiment existant », a expliqué Michael Brand, à ABC News. « Mais pour le faire de manière appropriée, nous sommes en consultation avec la communauté – et nous poursuivons cette consultation afin que nous puissions trouver le bon moment pour le faire, la bonne façon de le faire et les bons noms. »

  • L’investissement culturel le plus important de Sydney depuis son Opéra

Lors de la visite presse, le premier ministre de la Nouvelle-Galles du Sud, Dominic Perottet, le ministre des Arts, Ben Franklin, et le directeur de la galerie, Michael Brand, ont souligné l’importance financière et culturelle de l’investissement dans le Sydney Modern Project.

Le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud a contribué au projet à hauteur de 244 millions de dollars australiens (157.4 M Euros) complété par des dons privés couvrant les 100 millions de dollars australiens (64.5 M Euros) restants.

Ce partenariat artistique associant gouvernement et philanthropie est le plus grand jamais réalisé avec succès en Australie.

« Il s’agit de la construction culturelle la plus importante depuis l’opéra de Sydney, en 1973 », a déclaré le premier ministre Dominic Perottet.

Le ministre des arts, Ben Franklin a ajouté: « Au cours des 25 prochaines années, ce projet injectera un milliard de dollars dans l’économie de l’État. »

Sydney Modern n’est pas le seul projet artistique et muséal majeur d’Australie. À Melbourne, la National Gallery of Victoria (NGV) a  reçu un don record de 100 millions de dollars australiens (64.5 M Euros) pour construire The Fox : NGV Contemporary, le plus grand musée d’art contemporain du pays, qui devrait ouvrir en 2028. (ARTICLE CLIC: La famille Fox promet 100 millions de dollars à NGV Contemporary, la plus grande galerie d’art et de design contemporains d’Australie)

  • Un bâtiment 100% renouvelable

Pharaonique par son investissement, le projet est également emblématique du point de vue de sa durabilité.

Avec cette extension, la Art Gallery of South West Wales est le premier musée d’art public d’Australie à obtenir une note de conception 6 étoiles Green Star.

Le nouveau bâtiment, qui fonctionne à 100 % avec de l’énergie renouvelable, comprend des panneaux solaires, des capacités de captage et de récupération des eaux de pluie, et plus de 8 000 m² d’espaces paysagers et de toits végétalisés, avec notamment des espèces indigènes australiennes.

Vue extérieure de la nouvelle Welcome Plaza. Photo: AGNSW / Iwan Baan.
  • Un « musée d’art du XXIe siècle »

L’extension du musée double presque son espace d’exposition et inclut une plus grande galerie dédiée à l’art aborigène et insulaire.

Pour sa réouverture le 3 décembre 2022, les deux bâtiments du campus AGNSW présentent des œuvres de plus de 900 artistes australiens et internationaux.

Michael Brand, nommé directeur en 2012, juste avant le lancement du projet Sydney Modern, décrit le nouveau campus comme un « musée d’art du XXIe siècle où la voix des artistes est centrale ».

Le nouveau musée d’art australien du XXIe siècle sera le reflet « de la coexistence ici à Sydney et en Australie de multiples traditions culturelles : de celles de nos Australiens autochtones, qui remontent à 65 000 ans, à celles d’une longue série de traditions ultérieures. arrivées au cours des 250 dernières années ».

Mais la Art Gallery of NSW souhaite également présenter l’art international « dans un monde de plus en plus fluide et facilement connecté ».

Pour sa réouverture, la galerie a ainsi commandé neuf nouvelles grandes œuvres spécifiquement pour le lieu : à des artistes australiens et néo-zélandais mais également aux artistes internationaux Yayoi Kusuma et Lee Mingwei.

Dans le nouveau bâtiment, des acquisitions et des commandes récentes composent une exposition intitulée Making Worlds, qui présente le travail et le dialogue entre des artistes australiens et internationaux de la collection d’AGNSW.

  • Valoriser la collection autochtone du musée

Un objectif majeur du projet Sydney Modern a été la valorisation de la collection d’art autochtone du musée.

Cela se manifeste par le déplacement symbolique de l’espace aborigène et insulaire, sa galerie Yiribana, qui signifie « par ici » dans la langue arborigène, du niveau inférieur 3 de l’ancien bâtiment à un espace beaucoup plus grand à l’entrée du nouveau bâtiment.

Ce choix architectural est complété les commandes majeures à des artistes autochtones

Groundloop, nouvelle œuvre vidéo de l’artiste maorie Lisa Reihana (Ngā Puhi, Ngāti Hine, Ngāi Tūteauru, Ngāi Tūpoto), commandée par le musée pour l’atrium. Photo: AGNSW / Jenni Carter

Tony Albert, artiste et descendant des tribus Girramay et Kuku Yalanji, est l’un des administrateurs de la galerie explique: « L’art a la capacité de guérir et de transcender la culture, l’âge et la langue pour éduquer et défier. Avec l’ouverture de Sydney Modern, ce musée d’art a la possibilité d’impliquer beaucoup plus de personnes que jamais auparavant. Notre histoire coloniale est complexe ; elle ne peut pas être éteinte. Nous avons besoin de mettre en œuvre et de valoriser les peuples, les perspectives et les connaissances autochtones. Nous devons ouvrir la porte d’entrée pour permettre aux peuples autochtones de raconter leurs histoires à leur manière ».

  • La galerie souterraine de l’ancien réservoir

Vestige de la seconde guerre mondiale, la réserve souterraine de pétrole qui est maintenant connu sous le nom de galerie Tank. Sur ses 2 200 mètres carrés, elle abrite désormais l’œuvre la plus ambitieuse de la galerie : une commande spécifique au site qui changera chaque année.

Pour l’ouverture, AGNSW a commandé une création originale à l’artiste argentin Adrián Villar Rojas, qui a déjà créé des œuvres pour le toit du Metropolitan Museum of Art de New York et pour la Biennale d’Istanbul 2015, sur l’île de Büyükada.

Le travail de Rojas pour la galerie Tank, intitulé « The End of Imagination », est composé de cinq formes sculpturales monumentales suspendues, qui sont animées par les ombres de projecteurs.

La descente sombre d’un grand escalier en colimaçon dans le réservoir se veut également une expérience immersive mémorable.

  • 8 jours de fêtes

Du 3 au 11 décembre 2022, pour célébrer l’ouverture du campus, le musée accueillera un programme spécial de conférences, d’ateliers, de performances et de concerts dans les deux bâtiments et les espaces extérieurs de la galerie d’art.

Cette programmation festive inclut également un spectacle nocturne de drones conçu par l’artiste Kamilaroi Reko Rennie, diffusé chaque soir à 20.30 et un concert gratuit dans le domaine le 10 décembre.

Les heures d’ouverture des anciens et des nouveaux bâtiments seront prolongées jusqu’à 22 heures chaque soir pendant cette période.

Plus de 15 000 personnes étaient déjà inscrites pour effectuer une visite dès le premier week-end.

 

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www.artgallery.nsw.gov.au/visit/plan-your-visit/campus/

www.artgallery.nsw.gov.au/art/watch-listen-read/read/new-era/

SOURCES: Art Gallery of New South Wales AGNSW (CP), presse

PHOTOS: Art Gallery of New South Wales AGNSW

Date de première publication: 5/12/2022

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