Entre 1914 et bien après la fin des combats, des milliers de soldats souffrent de troubles psychiques. Faute de compréhension médicale, beaucoup sont accusés de lâcheté, internés ou soumis à des traitements brutaux. Un siècle plus tard, leurs blessures invisibles portent un nom : le syndrome de stress post-traumatique. À l’image de la tranchée immersive grandeur nature ouverte récemment, le musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux vient de lancer une campagne très innovante par son mode de création, conçue par l’agence BBDO Paris. Elle permet de comprendre l’expérience intime et psychologique des soldats de la Grande Guerre.
En faisant dialoguer passé et présent, la campagne rappelle une évidence : quand la guerre s’arrête sur le terrain, elle continue dans l’esprit des soldats.
Pour incarner ces « âmes cassées », une série d’affiches revendique un processus volontairement lent, physique, expérimental.
Les images ne sont pas générées. Elles sont altérées, dissoutes, éprouvées. Comme les hommes qu’elles représentent.
« À l’heure où la guerre frappe de nouveau l’Europe, la campagne établit un pont entre les traumatismes d’hier et ceux d’aujourd’hui et rappelle l’importance de préserver la mémoire et l’Histoire, comme le rappelle la signature : N’oublions jamais ceux qui n’ont jamais pu oublier” explique Audrey Chaix, directrice du musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux.
“À l’image de ce qu’ont vécu les soldats de la Première Guerre, nous avons voulu que ces affiches subissent une forme d’épreuve. (…) Il y avait une part d’imprévisibilité dans ces installations et sur le rendu final des visuels” explique Julien Beuvry, Directeur Artistique BBDO Paris.
Lancée au début de mars 2026, la campagne de communication intitulée « Les âmes cassées » se compose de 3 affiches impactantes, d’une série de 3 vidéos en cours de diffusion et d’un film.
Ce projet a été réalisé par l’agence BBDO Paris, avec le soutien des Gueules cassées et de l’ECPAD (pour les images).
- Trois portraits de soldats. Trois métaphores visuelles de troubles mentaux.
Chaque affiche est pensée comme « une mise en abîme du vécu des poilus dans les tranchées ».
La campagne est illustrée par trois portraits de soldats qui symbolisent trois métaphores visuelles de troubles mentaux :
. « Souffrance » : 1 916 impressions d’un même portrait, découpées puis superposées pour former une tranchée.
. « Détresse » : un portrait laissé 10 jours au fond d’une véritable tranchée, durée moyenne passée en première ligne.
- Trois mini-documentaires tournés au cœur du musée
La campagne comprend également une série de trois mini-documentaires tournés au cœur du musée et de sa tranchée qui sera mise en ligne progressivement.
Trois destins de soldats racontés par des descendants, un historien et des psychiatres, qui créent un parallèle entre les traumatismes d’hier et la psychiatrie actuelle:
Anthelme Mangin, “Le soldat inconnu vivant”; Baptiste Deschamps, “Le blessé sans blessure”; Ernst Jünger, “Le soldat devenu écrivain”.
. « Le blessé sans blessure » – Baptiste Deschamps, atteint de troubles neurologiques sévères. Après l’explosion d’un obus, il est resté définitivement courbé, bien qu’il n’ait subi aucune blessure physique. Il est connu pour s’être rebellé contre un traitement par électrochocs, une pratique très courante à l’époque.
. « Le soldat inconnu vivant » – Anthelme Mangin, soldat amnésique, il a été retrouvé sur un quai de gare, la mémoire effacée, incapable de se souvenir jusqu’à son propre nom.
Différents experts prennent la parole dans cette série : Jean-Yves Le Naour, historien de la Grande Guerre; le professeur Frédéric Paul, psychiatre et conseiller de l’UBFT (« Gueules Cassées »); le docteur Cécile Gorin, psychiatre spécialiste du syndrome post-traumatique et Marylène Touzet et Nicolas Pons, descendants d’un soldat traumatisé.
Leurs regards croisés permettent de comprendre comment les traumatismes d’hier résonnent encore aujourd’hui.
“Traiter un sujet aussi sensible demande une grande justesse. Notre rôle a été d’utiliser la création pour rendre perceptible l’indicible. La mémoire se transmet aussi par l’émotion ”, précise Alexander Kalchev, CEO/CCO de BBDO Paris.
- Un film qui détourne un symbole patriotique
Enfin, la campagne s’achève par un film qui révèle un symbole patriotique, celui du « Poilu victorieux ».
Présente dans près de 900 communes françaises, la statue du soldat héroïque est ici détournée. Le film révèle ce que le monument tait : la blessure invisible derrière la figure triomphante.
Campagne visible dans différents réseaux franciliens :
. Campagne d’affichage urbain avec JC Decaux dans le secteur de Marne-la-Vallée
. Vidéos diffusées sur www.bfmtv.com et sur www.la-croix.com
. Affichage digital dans de nombreux commerces à Paris et Ile-de-France.
Ainsi qu’une présence sur le web et les réseaux sociaux du musée (Youtube, Instagram, Facebook).
La campagne conçue par BBDO Paris, dans le cadre d’un mécénat de compétences, s’appuie sur l’iconographie de l’Établissement de Communication et de Production audiovisuelle de la Défense (ECPAD).
Avec le soutien de l’Union des Blessés de la Face et de la Tête – Gueules Cassées.
SOURCE : musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux (CP et site web)
PHOTO du carrousel : les 3 affiches de la campagne de communication intitulée « Les âmes cassées »
Date de première publication : 02/04/2026
Le musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux est membre du CLIC

