Du 4 juillet au 8 novembre 2026, LUMA Arles présente « Correspondences », une collaboration évolutive entre le collectif Soundwalk, mené par l’artiste Stephan Crasneanscki et la productrice Simone Merli, et l’emblématique écrivaine, artiste et performeuse Patti Smith. Fruit de plus d’une décennie d’échanges, « Correspondences » mêle son, film et poésie pour créer des paysages où la création artistique, l’imagination scientifique et la lutte politique se confrontent à la fragilité du monde naturel.
Présentée à LUMA Arles sous forme d’installation immersive, l’exposition marque la première grande présentation européenne du projet.
Elle réunit l’intégralité des œuvres audiovisuelles de Correspondences réalisées à ce jour – huit films créés entre 2023 et 2026 – ainsi que deux nouvelles œuvres commandées par LUMA et ancrées en Camargue.
L’exposition comprend également des compositions sonores, des documents d’archives, des estampes et des installations.
- « Des explorateurs et des visionnaires intrépides »
Les œuvres évoquent « des explorateurs et des visionnaires intrépides qui ont tracé de nouveaux territoires mentaux et physiques à travers le temps et l’espace, en quête de savoir ».
Parmi eux figurent des personnalités telles qu’Andreï Roublev, le grand peintre russe médiéval d’icônes et de fresques; Pier Paolo Pasolini, le poète, écrivain et cinéaste italien ; Alfred Wegener, le climatologue, géologue et chercheur polaire allemand et Piotr Kropotkine, l’anarchiste, philosophe politique, naturaliste et géographe russe.
- Le son au coeur de l’installation
Le son est au cœur de Correspondences.
Stephan Crasneanscki a recueilli des enregistrements de terrain dans certains des environnements les plus reculés et vulnérables de la planète, des glaciers en train de fondre aux déserts, en passant par les forêts, les zones humides et les régions contaminées.
Se déployant comme des paysages sonores, ces enregistrements font ressurgir des souvenirs qui traversent des géographies, des histoires et des habitats naturels lointains.
En réponse à ces paysages acoustiques par le biais de poèmes et de chansons intimistes, Patti Smith canalise une multiplicité de voix qui circulent entre les corps, les histoires et les états d’être.
Elle incarne tour à tour les enfants de Tchernobyl, la grande prêtresse et magicienne Médée, les forces de la nature et une multitude de présences humaines et non humaines.
À la fois exaltante et inquiétante, sa voix se fait invocation, berceuse et lamentation, reflétant les intrications de la nature, de l’histoire humaine et de la création artistique.
- Images d’archives et images originales
Entrelacés d’images d’archives et d’images originales, ces champs sonores remettent en question la primauté de la vision, permettant au son de façonner, de déstabiliser et d’amplifier son pendant visuel.
Si les enregistrements de terrain renforcent le sentiment de présence, ils évoquent aussi l’absence.
« Correspondences constitue ainsi une archive d’un monde en voie de disparition, hanté par des traces, des ruines, l’extinction et la mémoire. Au sein de cette constellation, les figures du poète, de l’artiste et du chaman convergent en tant que guérisseur et devin, intermédiaires ou messagers entre le visible et l’invisible, le matériel et le spirituel » explique Luma Arles.
- Des extraits de films dans la Grande Halle
Dans le cadre singulier de la Grande Halle, l’exposition met en parallèle des paires de films : Les Enfants de Tchernobyl et L’Acolyte, l’Artiste et la Nature; Médée et Pasolini ; Prince de l’Anarchie et Le Cri des âmes perdues; Burning 1946-2024 et Extinction de masse 1946-2024 ; La Fonte et Le Mistral.
Par fragmentation et recombinaison, l’installation ouvre un espace de réminiscence, de résonance et d’associations inédites.
Les visiteurs sont invités à tracer leur propre chemin à travers les images, les sons et les récits qui les entourent.
- Médée et la mer noire
Médée (2023-2026), par exemple, retrace le périple du collectif Soundwalk à travers la région de la mer Noire, où ils ont collecté des sons le long du parcours imaginaire de la figure mythologique.
Sur ces enregistrements et des extraits inédits du film Médée (1969) de Pasolini, la voix de Patti Smith incarne Médée après le meurtre de ses enfants, donnant forme au deuil, à l’exil et à la rupture irréversible. Son œuvre complémentaire, Pasolini (2023-2026), revient sur les derniers instants précédant l’assassinat non élucidé de Pier Paolo Pasolini en 1975.
- Des films inédits tournés en Camargue
Une série de films inédits, créés spécialement pour l’exposition, explore la Camargue comme un territoire façonné par l’eau, les mythes, les transformations environnementales et la présence humaine.
Le Mistral (2026) entrelace des images de fouilles archéologiques sous-marines d’épaves romaines datant des Ier et IIe siècles de notre ère, provenant du Rhône et du bassin méditerranéen, évoquant des civilisations englouties qui refont surface. Patti Smith imagine l’arrivée de Marie-Madeleine sur le rivage. Ce poème s’achève sur un chant où Patti Smith prête sa voix à Sara, l’énigmatique Vierge Noire vénérée au Sanctuaire des Saintes-Maries-de-la-Mer et respectée par les communautés roms.
Le Mistral dialogue avec La Fonte (2026), qui évoque la fonte accélérée des glaciers au Groenland et dans les Alpes. À l’inverse, la fonte des glaciers et le dégel du pergélisol libèrent des vestiges anciens, des animaux, des micro-organismes et de la matière autrefois figés dans le temps.
Dans ces œuvres, l’eau apparaît à la fois comme matériau et comme métaphore, traitée ici, selon les mots de Stephan Crasneanscki, « comme une présence spatiale et acoustique plutôt que comme une image ».
- Des enregistrements de terrain
À intervalles réguliers au sein du cycle de l’installation vidéo multicanaux composée de dix films, l’espace entre dans un second mouvement où le son prend le pas.
Des enregistrements de terrain, captés à la source sacrée de l’église des Saintes-Maries-de-la-Mer et dans la grotte de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume – l’un des plus anciens lieux de pèlerinage du monde chrétien, où sainte Marie-Madeleine aurait vécu pendant trente ans – résonnent dans l’espace.
À proximité, des lumières vacillantes révèlent une cabane, « The Outpost » (2026), reconstituée à partir d’une photographie d’archives d’Alfred Wegener, né à Berlin en 1880 et disparu lors d’une expédition au Groenland en 1930. Célèbre pour sa théorie de la dérive des continents, Wegener apparaît ici comme une figure d’imagination scientifique et d’endurance physique dont les explorations ont ouvert de nouvelles perspectives en géologie, climatologie et chronologie.
De part et d’autre de « The Outpost », une série d’estampes oscillent entre révélation et disparition. Leurs images spectrales évoquent une cosmologie chamanique sibérienne abstraite, des paysages et des animaux totems.
Sur ces surfaces fantomatiques, Patti Smith a inscrit de délicats vers de poésie et de subtiles touches de couleur.
Combinant crayon, pastel et encres naturelles développées par l’Atelier LUMA à partir de plantes locales poussant dans des sols salins, comme la lavande de mer, Baccharis halimifolia et Tamarix gallica, les œuvres s’inscrivent dans un cycle de matériaux, de symboles et de significations locales, suggérant la persévérance, l’adaptation et le renouveau.
- Constellations d’archives
Composée comme un atlas complexe de superpositions visuelles et de strates d’images superposées. La première rassemble des références à Pier Paolo Pasolini et à Médée, mêlant les poèmes manuscrits de Patti Smith, des reliques romaines récupérées d’épaves, des matériaux liés à la mort de Pasolini et des photographies altérées chimiquement. La seconde œuvre étend cette méthode par stratification à la Camargue, rassemblant des traces de Marie-Madeleine et de Sara, ainsi que des cartes locales, des herbiers, des dessins sous-marins, des fragments et artefacts archéologiques, des images satellites et des reliques chamaniques sibériennes.
Dans les deux œuvres, images, textes et objets forment une archive où mythe, écologie, perte et mémoire s’associent et convergent.
« L’exposition installation « Correspondances » offre un hommage poignant et poétique au monde naturel, à la créativité et à la résilience face à la perte et à la transformation. Les visiteurs sont invités à un espace d’écoute attentive, où des géographies lointaines et des histoires enfouies résonnent dans le présent » explique Luma Arles.
- Week-end inaugural de concerts live
Le dimanche 5 et lundi 6 juillet 2026, LUMA Arles a proposé une performance live unique, entre concert, installation et expérience cinématographique.
CORRESPONDENCES (Live) se présentait comme une performance de Soundwalk Collective et Patti Smith, une rencontre singulière entre son, poésie, film et installation. La performance constituait une expérience de résonance à travers le temps et la géographie où le son, l’image et la voix se répondent et où l’écoute permet de renouveler notre regard sur le monde.
Programmée à l’occasion de l’ouverture de l’exposition CORRESPONDENCES à LUMA Arles, la performance résulte d’une collaboration de plus de dix ans entre Soundwalk Collective et Patti Smith.
Les enregistrements de terrain [field recordings] collectés par Stephan Crasneanscki dans des lieux qui comptent parmi les plus chargés et les plus vulnérables de la planète – depuis les glaciers en train de fondre, les déserts aux paysages urbains – étaient au cœur de la performance.
La voix et les mots de Patti Smith mêlaient littérature, réflexions personnelles, mémoire historique et attention poétique à l’intérieur de cet environnement en mutation. Sa présence a transformé la performance en lamentation autant qu’en invocation : un appel à l’écoute profonde de ce qui disparaît, de ce qui reste et ne cesse de persévérer pour être entendu.
CORRESPONDENCES (Live) était interprétée par Patti Smith, Stephan Crasneanscki et Simone Merli de Soundwalk Collective, accompagné·es de Lucy Railton, Diego Espinosa Cruz Gonzales et Pedro Maia.
Le billet d’accès à la performance (25 euros pour 1 heure) incluait l’entrée à l’exposition CORRESPONDENCES, ouverte jusqu’à 20h00.
Les performances étaient suivies de DJ set, avec Jeune Pouce, Gabrielle Kwarteng et DJ Blaze. En accès libre.
« Correspondences »
Grande Halle
Du 4 juillet au 8 novembre 2026
- Une autre exposition installation immersive de l’artiste et cinéaste ouzbèke Saodat Ismailova
Une seconde exposition installation immersive est préserntée suir le site des Forges, Parc des Ateliers.
« Amanat, La Forêt sacrée » réunit des œuvres nouvelles et anciennes de l’artiste et cinéaste ouzbèke Saodat Ismailova (@saodatismailova). L’exposition est articulée autour d’un film récemment commandé et tourné à Arslanbob, l’une des plus vastes forêts de noyers au monde, située dans le sud du Kirghizistan. Travaillant à travers le film, l’installation, les archives et le son, Saodat Ismailova explore les histoires culturelles et spirituelles de l’Asie centrale à travers les mythes, les traditions orales, les rituels et les réalités vécues. L’exposition déploie le tissu social, les légendes et les questions patrimoniales qui émergent d’Arslanbob, un lieu où écologie, mémoire, croyance et héritage s’entremêlent.
« Amanat, La Forêt sacrée »
Les Forges, Parc des Ateliers
Du 4 juillet 2026 au 10 janvier 2027
luma.org/arles/programmation/correspondences
luma.org/arles/programmation/amanat
SOURCE : LUMA Arles (CP)
PHOTOS : LUMA Arles © Victor&Simon – Grégoire d’Ablon
Date de première publication : 7/07/2026
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