Érigée pour l’Exposition universelle de 1900, l’ancienne gare d’Orsay a été transformée en musée et ouverte au public en décembre 1986. Quarante ans après son ouverture, le musée initie d’importants travaux pour améliorer les conditions d’accès et l’accueil de ses visiteurs, améliorer la performance énergétique de ses ouvrages extérieurs et rénover son patrimoine bâti. Ce mercredi 10 mars a marqué le démarrage du chantier qui s’achèvera à l’été 2028. Son budget évalué à 30 millions d’euros est couvert à hauteur de 20 millions d’euros par un mécénat de Louis Vuitton. Le solde étant apporté par les fonds propres de l’établissement public. L’accès à l’ensemble des collections, aux expositions et à la programmation du musée sera maintenu pendant tout le chantier.
Mené par l’architecte en chef des monuments historiques, Marie-Suzanne de Ponthaud, le projet est résolument tourné vers la restauration du patrimoine. Ces travaux visent tout d’abord à répondre au défaut d’étanchéité du parvis – esplanade devant le musée sur laquelle chemine l’ensemble des visiteurs au quotidien. Ils vont également permettre d’améliorer la performance énergétique de la marquise, ouvrage classé monument historique. Cette rénovation s’inscrit ainsi dans les objectifs ambitieux de politique environnementale de l’établissement.
- Améliorer l’accueil des visiteurs
Ces travaux sont aussi l’occasion de repenser l’organisation de l’accueil des visiteurs.
« Le musée est un lieu vivant, façonné par celles et ceux qui l’animent, visiteurs et agents. Le souhait de l’établissement n’est pas d’accueillir plus mais d’accueillir mieux. L’objectif est donc d’améliorer l’expérience de visite des 3,7 millions de personnes qui franchissent chaque année les portes du musée et leurs accès aux collections » explique l’Etablissement Public des Musées d’orsay et de l’Orangerie (EPMO).
Pour cela, le musée a fait le choix, après des études approfondies sur les flux de visiteurs, de séparer les entrées et les sorties. Les architectes internes du musée ont également repensé les espaces de vente, de contrôle des billets, d’accueil et de librairie-boutique, qui seront réagencés et parfois déplacés.
Cette nouvelle organisation s’attache également à améliorer les conditions de travail des personnels du musée.
- Création de deux espaces distincts d’entrée et de sortie
Le réaménagement des espaces intérieurs poursuit un objectif affirmé de fluidité : les entrées et les sorties du musée seront désormais séparées en deux espaces distincts afin d’améliorer significativement l’expérience des visiteurs.
Premier point de contact du visiteur avec le musée, la séquence d’entrée est entièrement réorganisée. La marquise sera dédiée au contrôle de sûreté, permettant de rationaliser et fluidifier cette étape essentielle. Le hall des arrivées permettra ensuite aux visiteurs d’accéder aux services de vestiaires et aux caisses. Les postes de contrôle seront positionnés dans la perspective de la grande nef, invitant clairement les publics à poursuivre le parcours vers les collections.
Sur le plan architectural, cette transformation de l’ancien hall des arrivées permettra aux visiteurs de disposer d’un espace d’entrée de plus de 1100 m² environ contre 600 m² aujourd’hui partagé avec les flux de sortie, offrant une aisance d’accueil sans commune mesure.
La nouvelle organisation des flux est complétée par la création d’une sortie dédiée, côté Seine. Cette nouvelle sortie permet de gagner 500 m² supplémentaires dédiés à l’accueil des publics.
Une nouvelle librairie-boutique prendra place dans le hall Montherlant, l’ancien hall de l’hôtel d’Orsay, offrant aux visiteurs un parcours de sortie agréable au niveau du Quai Valéry Giscard d’Estaing et lui permettant de découvrir l’escalier monumental du Palais d’Orsay.
Le projet comprend le développement d’une ligne de mobilier (comptoir d’accueil, boutique, guichets de vente…) établissant un dialogue entre l’architecture de 1900 et le langage architectural des années 80, développé par l’agence ACT-Architecture, MM. Bardon, Colboc et Philippon et Gae Aulenti lors de la transformation de la gare en musée. Pour ce mobilier conçu spécialement, les matérialités sont simples : métal et travertin (roche calcaire de couleur claire). Le travertin choisi répond à la pierre de façade et à la pierre de Buxy présente dans la grande nef, le métal résonne avec le métal riveté de la gare et les caillebotis métalliques caractéristiques du musée.
- Concilier patrimoine historique et modernité
Sur le plan architectural, le projet vise à concilier patrimoine historique et modernité. Cette approche, également adoptée par les architectes du musée pour les espaces intérieurs, permet de retrouver les volumes historiques de la gare tout en préservant l’héritage des années 1980.
Cette continuité s’exprime notamment à travers la restauration de l’œuvre de Guy de Rougemont sur le parvis. L’artiste pluridisciplinaire français déploya dans les années 1980 une composition polychrome sur le parvis. Cette œuvre géométrique, constituée d’un dallage en granit gris des Vosges et en marbres colorés, sera restaurée afin de retrouver sa matérialité d’origine.
Créées en 1878 pour orner le Trocadéro à Paris, les statues monumentales des six continents ainsi que celles de l’éléphant, du cheval et du rhinocéros, qui accueillent les visiteurs du musée d’Orsay sur le parvis depuis 1986, ont temporairement quitté l’esplanade Valéry Giscard d’Estaing car elles font également l’objet d’une restauration. Après leur restauration, elles seront présentées en dépôt au Jardin des Plantes du Muséum national d’Histoire naturelle, afin que le public puisse les redécouvrir avant leur réinstallation définitive sur le parvis du musée d’Orsay, à l’achèvement du chantier en 2028.
« L’objectif du projet de restauration de la grande marquise est double : la remise en valeur des dispositions architecturales de la marquise 1900, à savoir la légèreté et l’élégance de ses structures métalliques et l’amélioration des conditions d’accueil du public. La restauration du parvis permettra elle de remettre à l’honneur l’œuvre de Guy de Rougemont. Pour assurer une continuité entre l’extérieur et l’intérieur, et ainsi souligner le rôle d’accueil et d’espace de transition de la marquise, le dallage existant en pierre de Buxy sera remplacé par un granit gris des Vosges, identique au parvis afin de replacer la limite entre le dedans et le dehors à la façade de pierre » explique Marie-Suzanne de Ponthaud, architecte en chef de monuments historiques.
- Enjeux sanitaires et environnementaux
Cette campagne de travaux prévoit la réfection complète du complexe d’étanchéité du parvis. Mise en œuvre il y a près de quarante ans, l’étanchéité existante est aujourd’hui très dégradée. Sa défaillance provoque des infiltrations dans la gare RER, située sous le parvis, ainsi que dans les espaces de l’auditorium du musée.
La marquise présente également des défauts d’étanchéité à l’air et à l’eau, engendrant une consommation énergétique excessive.
Engagé dans une politique environnementale forte, l’établissement intervient ainsi sur le clos et couvert pour réduire ses consommations et son empreinte carbone.
- 20 millions d’euros de mécénat de Louis Vuitton
Deux ans et demi de travaux seront nécessaires pour réaliser ce chantier de grande ampleur réalisé en site ouvert.
Après une première phase (10 mars 2026-1er trimestre 2027), une seconde phase (1er trimestre 2027 jusqu’à l’été 2028) verra l’emprise des travaux s’élargir sur le parvis et englober la marquise.
Si les accès seront adaptés en raison des travaux, le musée continuera tout au long de leur déroulement à accueillir le public qui pourra accéder à l’ensemble des collections permanentes, aux expositions temporaires et à la programmation culturelle.
Sur le plan opérationnel et afin de limiter l’impact sur les visiteurs, les travaux portants sur les différents ouvrages (parvis, marquise et espaces intérieurs) seront mutualisés. Découvrez les informations d’accès pendant les travaux
Le coût total du chantier s’élève à 30 millions d’euros, dont 20 pris en charge par la maison de luxe Louis Vuitton (groupe LVMH) en tant que mécène exclusif, et 10 provenant des fonds propres du musée. (ARTICLE CLIC : Le musée d’Orsay et LVMH renouvellent leur partenariat pour la période 2026-2030)
Du 6 janvier au 22 mars 2026, le musée propose de découvrir les dessins commandés à l’artiste canadienne Larissa Fassler, qui a cartographié la vie quotidienne du bâtiment et les mouvements de ses visiteurs avant sa transformation.
SOURCE : Musée d’Orsay (CP)
PHOTOS : © EPMO, DAMSB, Golem Image
Date de première publication : 10/03/26
L’EPMO est membre du CLIC

