Après 378 millions d’albums vendus, une comédie musicale en 1999, un film en 2008 et une exposition itinérante en 2010,  « l’abbamania » s’enrichit d’un nouvel instrument: Abba the museum. Ouvert le 7 mai, ce musée conjugue disco et techno.

Mardi 7 mai, le musée consacré au groupe mythique suédois a ouvert ses portes au centre de Stockholm, ville natale des quatre chanteurs; Björn Ulvaeus, Agnetha Fältskog, Anni-Frid Lyngstad et Benny Andersson.

Plusieurs années de gestation

C’est le 11 novembre 2006 que le couple d’entrepreneurs Ewa Wigenheim-Westman et Ulf Westman ont annoncé leur intention de créer un musée portant sur l’histoire d’ABBA. Ils en ont eu l’idée après avoir visité le Musée des Beatles à Liverpool.

Le 22 mai 2007, les fondateurs annoncent qu’ils ont choisi le lieu où sera construit le musée : un entrepôt abandonné près du parc d’attractions Gröna Lund. Le 5 décembre 2007, le musée annonce l’ouverture de ses portes en Mai 2013.

Entre temps, les Westman ont convaincu les membres d’ABBA que le musée serait une bonne idée. Résultat atteint: Björn Ulvaeus (guitariste, compositeur et parolier du groupe) accepte de devenir président du conseil d’administration du musée et d’en être l’un des principaux garants sur le plan financier en prenant 70% des parts de « l’entreprise »…

 «J’ai été dubitatif (à l’idée) de devenir un objet dans un musée avant ma mort, mais maintenant je comprends que nous avons créé énormément ensemble. C’est une histoire à la Cendrillon qui vaut le coup d’être racontée. Je me suis dit: si ce n’est pas moi, qui est le mieux placé pour réaliser ça», a expliqué Björn Ulvaeus.

« C’est l’implication totale de Björn qui a permis de rendre l’exposition aussi personnelle. Nous avons des contacts quotidiens, et il a accepté d’être le président du conseil d’administration », a confié Mattias Hansson, directeur du musée ABBA.

Devenez le 5ème membre d’Abba !

Exposition des objets fétiches, boutiques et objets dérivés à gogo … le musée Abba ne pouvait se résumer à cela. Dès le départ, dans l’esprit de ses fondateurs il deviat être innovant et proposer une expérience originale à ses visiteurs. D’où le choix d’une forte dose d’interactivité et l’identification des visiteurs aux membres du groupe.

Comme l’explique Matthias Hansson, « dans les 1 300 m² d’espaces d’exposition, nos visiteurs vont pouvoir vivre ce que les membres d’ABBA ont vécu et même devenir un instant le 5ème membre du groupe. Nous allons offrir aux visiteurs une expérience unique».

. Le groupe aujourd’hui séparé s’était reconstitué pour l’inauguration de leur musée. On promet même qu’ils seront régulièrement présent dans ses murs. En attendant, ce sont les voix des 4 chanteurs qui guident le visiteur à travers les 35 étapes du musée. Pour ces commentaires audioguide. les quatre Suédois ont été interviewés par Catherine Johnsson, qui avait déjà signé le script de la comédie musicale Mamma Mia !

. Le visiteur est d’abord accueilli par une vidéo résumant l’ascension du groupe, signée du réalisateur Jonas Åkerlund. Entouré d’un écran circulaire à 360 degrés, le visiteur se retrouve au milieu du public d’un stade gigantesque comme celui de Wembley.

. Afin de pousser plus loin le processus d’identification, le visiteur peut chanter et danser sur scène en compagnie des hologrammes d’ABBA. Il peut également s’enregistrer et se filmer. Après avoir scanné son billet d’entrée, il peut partager sa « performance » sur les réseaux sociaux.

. Dans une autre salle baptisée « The Shrine », une cabine d’essayage virtuelle permet au visiteur de revêtir les vêtements de scène du groupe.

. Dans une pièce consacrée au succès « Ring Ring » trônera un téléphone rouge des années 1970. Quatre personnes connaissent le numéro: les membres d’Abba bien sûr. «C’est l’idée de Frida (Anni-Frid Lyngstad), (…) donc bien sûr elle va appeler», assure la conservatrice Ingmarie Halling. D’heureux visiteurs auront donc la chance de pouvoir converser avec elle, ou avec l’un des trois autres membres.

. Elements muséographiques plus classiques, de nombreuses reconstitutions permettent de faire replonger le public dans la légende Abba : le studio fétiche du groupe, une loge, l’atelier de leur styliste, la cuisine d’un des deux couples, le bureau de leur manager, décorés des costumes, instruments, disques d’or et d’autres objets appartenant à ABBA.

« On y parle aussi de la vie quotidienne, de la vie avec les enfants, de la rupture, des crises, des choses dont on n’a pas beaucoup parlé, de nos divorces » a déclaré l’un des membres du groupe.

Les hologrammes sont tirés de l’exposition itinérante « Abbaworld », tout comme la moitié des pièces de l’exposition.

Les 2 000 mètres carrés de l’édifice (dessiné par le cabinet d’architectes Johan Celsing) accueillent également un « Hall of Fame » consacré aux grands noms de la musique suédoise. Un restaurant est déjà ouvert dans le musée et un hôtel est annoncé.

Les promoteurs du musée espèrent accueillir 250.000 visiteurs en 2013. Les mythiques pantalons à pattes d’ef et les paillettes devraient donc être de retour massivement dans les rues de Stockholm.

Au sein du musée, tous les règlements devant être effectués par carte bancaire. « Sur Internet, les billets (195 couronnes, soit environ 23 euros) des premières semaines sont déjà presque totalement vendus, majoritairement à des étrangers », estime le directeur du musée.

«Money, money, voilà comment on va parler de ça», s’est amusé Björn Ulvaeus dans un entretien au tabloïd suédois Aftonbladet

Trente ans après leur séparation, les membres d’Abba sont à nouveau réunis par leur musée. En attendant un retour sur scène, annoncé et démenti si souvent ….

L’«abbamania» en quelques dates

1974: Création du groupe

1977: Film « Abba The Movie »

1982: dernière scène

1983: Séparation du groupe

1999: Comédie musicale « Mama Mia »

2008: 2nd Film « Abba »

2010: Exposition itinérante«Abba World»

2013: Musée « Abba The Museum »

Site web du musée

Page facebook

Reportage vidéo sur l’ouverture du musée (BFM TV)

Informations fournies par le Abba Museum

Date de première publication: 09/05/2013

SUR LE WEB:

Un musée pour les Abba-maniaques (Courrier International)