Le 2 juillet 2026, dans le cadre du projet « Le Prado au féminin », le musée du Prado a annoncé le lancement de « Créatrices du Prado », une série de publications qui mettent en lumière deux grands profils de femmes : celles qui ont contribué à la protection, à la collection et à la promotion des arts, y compris celles qui ont utilisé l’image artistique comme forme de représentation ou de pouvoir politique ; et les créatrices – principalement des peintres et des sculptrices – dont les œuvres sont conservées dans la collection du musée du Prado. Le premier volume, consacré à Christine de Suède (1626-1689), analyse le rôle déterminant de cette souveraine dans la constitution de la collection de sculptures classiques du musée et son influence unique sur la culture baroque européenne.
Par ailleurs, à l’occasion du 400e anniversaire de sa naissance, commémoré cette année, le musée du Prado a mis en place un vaste programme d’activités visant à mettre en lumière la figure de la reine Christine de Suède et l’importance de son héritage artistique.
En mars 2026, le musée du Prado avait déjà lancé « les créatrices », une plateforme numérique pour mettre en valeur l’héritage des femmes dans l’art et la culture (ARTICLE CLIC : Le musée du Prado lance « les créatrices », une plateforme numérique pour mettre en valeur l’héritage des femmes dans l’art et la culture)

- Nouvelle collection d’ouvrages dédiées aux femmes
Le Musée national du Prado présente « Créatrices du Prado », une nouvelle série de publications dirigée par Noelia García Pérez, professeure d’histoire de l’art et directrice du projet « Le Prado au féminin », qui, depuis des années, promeut la recherche et la diffusion du rôle joué par les femmes dans l’histoire de l’art et dans la formation des collections du Prado, et Carlos G. Navarro, conservateur de la peinture du XIXe siècle au sein de l’institution.
Coéditée avec Sílex Ediciones, maison d’édition de référence en sciences humaines, et plus particulièrement en histoire, reconnue pour la qualité et le prestige académique de ses publications, cette collection comprendra quinze volumes consacrés à des femmes dont l’œuvre a joué un rôle fondamental dans la constitution du patrimoine du musée.
Elle s’ajoute à d’autres collections thématiques telles que « Genre et art au musée : la collection du Prado », coéditée avec Routledge et visant à assurer le rayonnement international de ce champ de recherche, témoignant ainsi de l’engagement de l’institution à intégrer de nouveaux récits.
- La vie de femmes remarquables
Chaque publication explorera la vie de femmes remarquables telles que Marie de Hongrie, Sofonisba Anguissola, Isabelle-Claire-Eugénie, Clara Peeters, Artemisia Gentileschi, Christine de Suède, Mariana d’Autriche, Mariana de Neubourg, Isabelle Farnèse, Isabelle de Bragance, Rosario Weiss, Rosa Bonheur, Isabelle II, Antonia de Bañuelos et María Blanchard.
Après Christine de Suède, des publications sur Isabelle Farnèse et Mariana d’Autriche paraîtront plus tard en 2026.
Ces 3 femmes figurent également dans le programme d’expositions actuel du musée du Prado.
- Christine de Suède
La collection s’ouvre sur le volume consacré à Christine de Suède (1626-1689), écrit par Manuel Arias, conservateur de la collection de sculptures du musée du Prado jusqu’en 1700.
L’ouvrage analyse la figure de cette souveraine exceptionnelle, considérée comme l’une des personnalités les plus singulières de l’Europe baroque.
Surnommée la « Minerve du Nord », Christine de Suède a transformé l’art, la pensée et le collectionnisme en instruments de pouvoir. Sa vie, marquée par son abdication du trône de Suède et sa conversion au catholicisme, a culminé avec son installation à Rome, où elle a fondé un centre intellectuel et artistique influent au Palazzo Riario.
De là, elle a rassemblé une remarquable collection de sculptures classiques qui, au fil du temps, est devenue une partie essentielle des collections du musée du Prado, constituant l’un des noyaux les plus importants de sa sculpture antique.

- Un héritage fondamental des collections du Prado
L’héritage de Christine de Suède est aujourd’hui évident dans certaines des œuvres les plus emblématiques du musée, telles que les huit Muses — qui président à la salle ovale —, le Groupe de San Ildefonso ou le Faune au chevreau.
Son rôle dépassait la simple collection. Elle participait activement à l’interprétation et à la réinterprétation des œuvres, comme en témoigne le cas de la muse Thalie, dans laquelle elle a intégré son propre portrait. Cette attitude révèle une conception de l’art comme langage de pouvoir et de construction intellectuelle.
De même, ses liens avec la Couronne espagnole ont laissé des traces importantes, comme le don à Philippe IV de l’œuvre Adam et Ève de Dürer, œuvres fondamentales de la galerie d’art.
- Un regard contemporain sur une figure historique
L’étude de Manuel Arias propose une analyse rigoureuse de la figure de la reine Christine, en s’intéressant aux tensions entre politique, religion et culture qui ont marqué sa vie.
« Cette publication restitue la profondeur intellectuelle de Christine de Suède et souligne la pertinence durable de sa pensée, la présentant comme une figure capable d’interagir avec le présent et la réaffirmant comme une femme qui concevait l’art comme le langage ultime de la sagesse et du pouvoir, dont l’influence demeure palpable dans les galeries du musée » explique le Prado.
SOURCE : Prado Museo
PHOTO du carropusel : portrait de Christine de Suède par Sébastien Bourdon
Date de première publication : 03/07/2026




















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