Des «archéologues numériques» ont scanné officieusement les marbres d’Elgin au British Museum

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Des archéologues numériques ont secrètement scanné les marbres du Parthénon vieux de 2 500 ans à l’intérieur du British Museum dans l’objectif de créer des répliques «parfaites» qui pourraient un jour conduire au rapatriement des originaux en Grèce. Comme l’a révélé le MailOnline, les chercheurs ont pris furtivement ces images 3D après que le musée ait rejeté une demande officielle ».

Ces marbres formaient autrefois une partie du Parthénon sur l’Acropole à Athènes, mais ont été « décrochés » et expédiés en Grande-Bretagne lorsque Lord Elgin est arrivé en Grèce au début des années 1800. Ces trésors archéologiques sont présentés au British Museum depuis 1916. Depuis 1983, le gouvernement britannique subi une pression croissante pour restituer les objets et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a réaffirmé en 2021 qu’elles avaient été « volées ». « Le Premier ministre a déclaré qu’il comprenait la force des sentiments du peuple grec sur cette question, mais a réitéré la position de longue date du Royaume-Uni selon laquelle cette question relève des administrateurs du British Museum », avait alors déclaré un porte-parole de Downing Street. Depuis, un musée italien a rendu un morceau des marbres du Parthénon à la Grèce, ajoutant une pression supplémentaire sur la Grande-Bretagne.

  • Créer des répliques 3D

Roger Michel, directeur exécutif de l’Institut d’archéologie numérique (Institute for Digital Archaeology – IDA) basé à Oxford a procédé de manière non officielle à la numérisation d’une demi-douzaine de sculptures, également connues sous le nom de marbres d’Elgin, afin que les fichiers puissent être utilisés pour la fabrication de répliques par un «robot sculpteur». 

Dans l’article du Daily Mail, les archéologues numériques espèrent que « les blocs de marbre pourront être créés avec des ciseaux métalliques, de la même manière que les sculptures ont été créées par l’ancien architecte grec Phidias vers 447-438 av ».

Roger Michel et son collègue, le Dr Alexy Karenowska, directeur technique de l’IDA, ont utilisé une combinaison de la technologie Lidar et de photogrammétrie pour créer les scans 3D. Lidar, récemment ajouté à l’iPhone d’Apple, utilise la lumière laser pour créer une représentation 3D.

  • Refus préalable du musée

L’équipe de chercheurs a du prendre furtivement ces images 3D après que le musée ait rejeté une demande officielle.

« Je pense que le musée était réticent à nous donner une autorisation formelle car il ne veut pas être considéré comme complice de ce projet » a ajouté le directeur exécutif de l’Institut d’archéologie numérique.

Roger Michel a raconté sa session de scan, en présence du personnel de sécurité du musée: « Ils n’étaient pas contrariés, ils semblaient plutôt amusés. Nous étions respectueux ».

L’IDA estime que le musée aura du mal à s’opposer au retour des originaux en Grèce si son équipe réussit à fabriquer des répliques extrêmement précises.

« Nous espérons que les répliques donneront au British Museum l’occasion d’afficher les marbres d’une manière honnête et passionnante et encore plus éducative, peut-être même avec les technologies AR (réalité augmentée) et VR (réalité virtuelle) pour améliorer l’expérience du spectateur. » 

Selon le quotidien The Times, le British Museum s’est dit « profondément préoccupé » par la divulgation selon laquelle des archéologues numériques auraient effectué « un scan non autorisé » des marbres d’Elgin afin d’en faire une réplique.

Roger Michel a déclaré que l’institut envisageait d’intenter une action en justice pour faire appel de la décision du British d’interdire le scan.

https://www.britishmuseum.org/about-us/british-museum-story/contested-objects-collection/parthenon-sculptures

Les marbres d’Elgin sur la plateforme Google Arts & Culture

SOURCES: Daily Mail, The Times, greekcitytimes.com

PHOTOS: Wikimedia Commons, Google Arts & Culture

Date de première publication: 29/03/2022

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