Les 70 mètres de la tapisserie de Bayeux deviennent un fichier numérique de 10 gigaoctets destiné aux chercheurs et au futur musée

Depuis 3 ans, le projet SIDS consiste à cartographier dans ses moindres détails et en très haute résolution la tapisserie de Bayeux. Les chercheurs ont profité de la fermeture annuelle du musée pour numériser ce trésor du patrimoine français. Objectif de cette initiative « made in Normandie »: offrir un outil à la communauté scientifique internationale et préparer le futur musée de la Tapisserie.

Le SIDS, ou Système d’information documentaire spatialisé, a été présenté le mardi 22 janvier 2019 au comité scientifique de la Tapisserie de Bayeux, composé de douze spécialistes dans des domaines différents tels que le textile ou l’Histoire médiévale.

Le Mercredi 23 janvier 2019, Loïc Jamin, maire adjoint de Bayeux en charge de la promotion des musées et Antoine Verney, conservateur du musée de la Tapisserie de Bayeux ont présenté cet outil numérique en compagnie de scientifiques de l’Université de Caen Normandie et du British Museum, en présence de Vincent Ferrier, sous-préfet de Bayeux.

« Cet outil sert la compréhension de l’œuvre et nos connaissances sur sa conservation, dans le cadre du redéploiement du futur musée », a résumé Loïc Jamin.

« Les études scientifiques qui vont pouvoir être conduites grâce au SIDS permettront, à terme, de développer une version grand public dans le cadre de la future muséographie. La grande question autour de la Tapisserie, c’est : qu’est-ce qui est original ? Quelles ont été les modifications de l’œuvres depuis ? On pourrait bâtir virtuellement une couche de l’œuvre dont on ôterait tout ce qui n’est pas du XIe siècle » a expliqué Antoine Verney.

Le SIDS servira donc de base de données commune aux scientifiques qui étudient une des plus célèbres broderies de l’histoire humaine, narrant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant.

Reportage (France 3 Normandie):

70 mètres de broderie capturés en 86 photos HD

Le SIDS, composé de 86 clichés haute-résolution, permet de zoomer dans l’œuvre longue de 70 m.

« Les photos ont été réalisées avec un appareil photo particulier. Et ce, sous différents éclairages : infrarouge, ultra violet, fluorescent et en lumière du jour. L’image finale mesure 482 000 pixels de long sur 5 500 pixels de haut », explique Arnaud Daret, responsable du CERTIC, associé à l’Université de Caen Normandie.

La tapisserie de Bayeux a été photographiée en très haute définition en 2017 par la Fabrique des patrimoines en Normandie et le logiciel a été développé par l’Université de Caen. « C’est donc une vitrine du savoir-faire normand », se félicite Loïc Jamin. Toutes les images ont été assemblées pour n’en composer qu’une.

Cette photo a été associée à un autre cliché de 1982 et 83 qui représente le revers de la broderie. Le résultat obtenu est un fichier de 10 gigaoctets, soit plus de 3000 photos prises par un téléphone portable. Toute la documentation scientifique existante sur la tapisserie de Bayeux va également être indexée et associée aux photos.

Un outil pour les chercheurs

Cette numérisation en très haute résolution disponible en ligne va permettre à des chercheurs du monde entier de travailler sur la tapisserie de Bayeux, de zoomer sur ses moindres détails mais également d’échanger leurs informations et analyses.

Première utilisation concrète dans quelques mois : une équipe de chercheurs doit évaluer l’état de conservation du chef d’oeuvre normand.

Le grand public pourra découvrir cette tapisserie numérique lors de l’ouverture du nouveau musée en 2024 ou 2025, dans lequel sera redéployé l’oeuvre originale. 

Objectif de ce nouveau musée: « offrir un écrin à la mesure de la démesure de la Tapisserie ! », selon les mots du maire de Bayeux, Patrick Gomont.

La recherche encadrée par un contrat entre l’état et la vile de Bayeux

La signature de la convention de dépôt de la broderie millénaire par l’État à la Ville de Bayeux a eu lieu le mercredi 20 décembre 2017 au Musée d’art et d’histoire, soit 213 ans après le courrier du 20 février 1804 signifiant la décision de Bonaparte de la confier aux Bayeusains.

La convention de dépôt signée fixe les responsabilités de chacune des parties signataires. Elle s’accompagne de l’inscription-dépôt de la Tapisserie de Bayeux au sein des collections des musées municipaux bénéficiant de l’appellation Musée de France.

L’État propriétaire, représenté par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Normandie (DRAC) devient ainsi responsable de la programmation des interventions de conservation-restauration et de leur financement, de l’exercice du contrôle scientifique et technique notamment dans les domaines de la conservation, de la restauration et de la muséographie.

La Ville de Bayeux est responsable de la valorisation muséographique de la Tapisserie de Bayeux (organisation de l’accès à l’œuvre, gestion des publics et médiation), du développement de sa connaissance en tant qu’objet inscrit au registre mémoire du monde de l’Unesco et de la conservation préventive de l’œuvre (prévention des risques, veille climatique, éclairage, sécurité-sûreté, mouvement…).

La convention a une durée de 49 ans, un terme choisi d’un commun accord pour des raisons symboliques, visant à son renouvellement en 2066, à l’occasion du millénaire de la Bataille d’Hastings.

SOURCES: France 3, francebleu.fr, actu.fr

Photos: wikipedia, Université de caen

Date de première publication: 25/01/2019

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