Les mots de Jenny Holzer s’affichent dans les salles et sur la façade du musée d’Orsay

Partager :
Temps de lecture : 5 min

Reconnue comme l’une des artistes majeures de notre époque, Jenny Holzer place les mots et les idées au cœur d’une pratique engagée, qui interpelle et suscite la réflexion. Pour l’exposition « J’ai vu » (du 20 Octobre 2026 au 21 Février 2027), conçue pour et avec le musée d’Orsay, l’artiste étatsunienne mobilise des fragments de texte qu’elle a puisés dans les collections du musée ou des écrits importants de l’époque qu’elle déploie sur ses supports de prédilection : installations monumentales, projections lumineuses sur la façade historique de l’ancienne gare, gravures sur des bancs de pierre et des colonnes en marbre aux tonalités variées, ou encore des dispositifs électroniques lumineux.

L’exposition prend diverses formes, à commencer par des projections lumineuses sur la façade du musée, coté Seine, lors de la semaine d’inauguration.

  • Projections lumineuses en extérieur sur la façade

Intitulée ÉCLAIRÉ, la projection de Jenny Holzer au musée d’Orsay est présentée chaque soir du 18 au 22 octobre 2026, de 19h à 23h.

L’artiste a sélectionné près de 250 extraits issus des écrits de 34 auteurs et puisés dans des sources très diverses, des lettres d’artistes conservées dans les archives du musée aux commentaires littéraires et politiques contemporains de l’époque.

« En investissant la façade du bâtiment, ces textes invitent les passants à traverser le temps ».

Les extraits choisis par Holzer transforment l’extérieur du bâtiment et offrent aux passants une expérience immersive, presque hors du temps.

Jenny Holzer (1950)
Claude Monet, letter to Théodore Duret, February 2, 1884
© 2026 Jenny Holzer, member Artists Rights Society (ARS), New York/ADAGP, Paris
  • Une installation LED monumentale

A l’intérieur, une installation LED monumentale animée de flux textuels colorés, conçue spécifiquement pour le lieu, traverse quatre salles des collections – consacrées à la peinture d’histoire, au naturalisme, au symbolisme et la salle Courbet, située à l’étage inférieur.

« Cette œuvre lumineuse fait écho a la transformation de l’ancienne gare du xixe siècle en musée moderne. Cette œuvre sur mesure, parcourant l’espace, reflète la circulation animée des visiteurs et rappelle la fonction originelle de la Gare d’Orsay » explique le musée.

  • Des peintures repensées

Une présentation de peintures caviardées, conçue par l’artiste elle-même, s’articule autour de differentes salles.

Celle consacrée à la peinture d’Histoire a été repensée autour du thème de la guerre, en écho à la pratique de Jenny Holzer autour du mémorial et de l’anti-mémorial. Elle réunit des œuvres des collections ayant pour thème le conflit, quels que soient leur genre ou leur propos, ainsi qu’une sélection de peintures de Jenny Holzer réalisées à la feuille d’or, de platine et de palladium, référençant des conflits internationaux récents.

« Ces peintures métalliques fondées sur le principe du caviardage, où des pans entiers de texte sont masqués ou occultés, font émerger la notion de secret. Une grande partie de leur contenu demeure dissimulée, tandis que subsistent des traces de décisions difficiles et nécessaires. Elles mettent en évidence la tension entre la confidentialité qui va de pair avec la sécurité et l’éventualité d’un déni criminel » ajoute l’institution.

L’intervention se prolonge dans une salle indépendante donnant sur la Seine, trasnformant les œuvres au fil de la journée et au gré de la lumière du fleuve.  

  • Dix-neuf œuvres sculptées dans la pierre

L’exposition réunit également dix-neuf œuvres sculptées dans la pierre, dont dix-sept bancs et deux colonnes.

Ce nouveau type de sculpture dans la pratique de Jenny Holzer, inspiré des socles du musée d’Orsay, entre en dialogue avec l’architecture du lieu et ses collections permanentes.

Créées spécialement pour l’occasion, ces pièces originales sont réparties dans les salles et les espaces du rez-de-chaussée.

La plupart sont gravées de textes issus de la période couverte par les collections du musée, de 1848 à 1914.

« Les tonalités singulières des pierres répondent à l’extraordinaire diversité des matériaux employés pour les sculptures et leurs socles, présentés depuis son ouverture en 1986. L’artiste a identifié chaque variété de pierre et retracé sa provenance afin d’assurer une correspondance d’une extrême précision ».

  • Plus de 750 textes distincts

Avec plus de 750 textes distincts, issus de 424 sources et signés par 73 auteurs, J’ai vu constitue probablement la sélection de textes la plus vaste que Jenny Holzer ait réunie à ce jour pour une exposition.

Cette ampleur démontre la remarquable diversité d’extraits, issus de la période représentée par les collections du musée, sur les thèmes associés au conflit, tels que la guerre franco-prussienne de 1870-1871 ; la Commune de Paris de 1871 ; le colonialisme ; l’activisme, l’anarchisme, le monde du travail et les grèves ; l’armée avec notamment la conscription, le bizutage et la corruption ; Haussmann et les conditions de vie à Paris ; la critique d’art ainsi que les échanges épistolaires entre artistes.

« Cette pluralité de voix acquiert une force particulière lorsqu’elle est projetée à l’échelle monumentale sur la façade du musée, gravée dans le marbre et le granite, ou lorsqu’elle traverse l’espace sous forme de flux lumineux. En revenant aux sources textuelles de la période représentée dans les collections du musée d’Orsay, Jenny Holzer compose le portrait d’une époque à travers une multitude de voix, de récits et de points de vue » explique le musée d’Orsay. « Ensemble, les œuvres présentées à l’intérieur comme à l’extérieur du musée donnent à voir l’imbrication indissociable du passé et du présent, tout en affirmant la vitalité intemporelle de la parole des artistes dans un contexte de soulèvement du monde ».

Commissariat : Sylvain Amic, ancien président de l’Etablissement Public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie, Valéry Giscard d’Estaing (24 avril 2024 – 31 août 2025) et Nicolas Gausserand, Conseiller de la présidente, en charge des questions internationales
et contemporaines.

  • Informations pratiques

Exposition « Jenny Holzer J’ai vu »

du 20 Octobre 2026 au 21 Février 2027

Projections lumineuses en extérieur sur la façade Seine du musée d’Orsay

du dimanche 18 au jeudi 22 octobre 2026 inclus (5 soirées), de la tombée de la nuit (vers 19h) à 23h. Accès libre et gratuit, à admirer de préférence depuis les berges de Seine.

Du 23 octobre 2026 jusqu’à la clôture de l’exposition, le 21 février 2027, un écran installé à l’intérieur du musée diffusera des extraits de cette œuvre, permettant aux visiteurs de retrouver l’expérience de la projection. La vidéo sera également disponible sur le site internet du musée.

www.musee-orsay.fr/fr/programme/agenda/evenements/projections-lumineuses-jenny-holzer-eclaire

SOURCE : Musée d’Orsay (CP)

PHOTO du carrousel : Jenny Holzer, Claude Monet, letter to Gustave Geffroy, September 10, 1918. From Claude Monet: A Life in Letters, Thames & Hudson Ltd, London © 2026. Used with permission./ADAGP, Paris Page facebook du musée d’Orsay

Date de première publication : 20/10/2026

Le musée d’Orsay est membre du CLIC

Laisser un commentaire