Le nouveau logo « pigeon » du musée de Londres fait l’objet d’accusations de plagiat

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Le musée de Londres est accusé d’avoir plagié son logo « pigeon et crotte » à des créateurs de Manchester. Les propriétaires du studio May Wild envisagent des poursuites judiciaires concernant le nouveau logo du musée de Londres, qui, selon eux, présente une « ressemblance frappante » avec leur création. Ces déboires juridiques arrivent après que le nouveau logo ait suscité de vives critiques du public lors de sa présentation en 2024 et à quelques mois de l’ouverture du nouveau site du musée à la fin de l’année 2026.

Le nouveau musée de Londres (London Museum), anciennement le Musée de Londres (Museum of London), a dévoilé son nouveau nom et sa nouvelle identité visuelle au public en 2024, composés d’une sculpture de pigeon et d’une crotte étoilée

  • Une identité visuelle cocréée avec le public et très critiquée

Le musée a indiqué que « le nouveau design de sa sculpture de pigeon était le fruit de consultations menées auprès de groupes de discussion composés de 500 Londoniens et touristes, et d’un travail créatif ultérieur réalisé avec Uncommon Creative Studio« .

Au moment de sa présentation, cette nouvelle idéntité visuelle avait suscité de vives critiques de la part du poublic et des médias.

  • Une « ressemblance frappante »

Michael Wild et Rebecca May, deux designers du studio May Wild, basé à Manchester, affirment aujourd’hui que le nouveau logo du Musée de Londres  « pigeon et crotte » présente une « ressemblance frappante » avec une de leurs œuvres antérieures « Coo Pigeon », qui a été présentée dans des galeries et sur leur compte Instagram depuis 2017. Elle a également été présentée lors du London Design Festival en 2018.

Il faut dire que les 2 créations présentent un pigeon blanc sur fond blanc, à côté d’une fiente d’oiseau.

Le studio, soutenu par Anti Copying in Design (ACID), affirme que la ressemblance a été portée à leur attention pour la première fois durant l’été 2024.

Après avoir contacté à titre privé le musée et le studio de création Uncommon, les créateurs affirment qu’Uncommon a refusé en mai 2025 d’accorder la moindre attribution, déclarant que le pigeon du London Museum n’avait aucun lien avec le dessin de May Wild.

  • David contre Goliath

Le studio du couple fonctionne comme une petite structure familiale d’art social, axée sur l’éducation artistique et le design ainsi que sur des projets d’art public. Wild est également chargée de cours en art et design, tandis que May est artiste, designer et enseignante.

Répondant aux questions du quotidien the Mail, Rebecca May a déclaré : « On a vraiment l’impression d’être dans une situation de David contre Goliath. »

Dans une déclaration commune, le couple de designers a affirmé : « Il est difficile de voir le pigeon du London Museum célébré internationalement sans que notre travail soit mentionné. Nous souhaitons une reconnaissance respectueuse, pas une polémique. Nous avons toujours souhaité un dialogue ouvert sur la question de la paternité et de la visibilité des créateurs indépendants. Il ne s’agit pas de blâmer qui que ce soit, mais d’encourager de meilleures pratiques dans le secteur. »

Dids MacDonald OBE, cofondateur et président d’Anti Copying in Design (ACID) a ajouté : « Les deux personnes prennent actuellement des conseils juridiques. Ils ont fait tout leur possible pendant de nombreux mois pour se montrer raisonnables et engager des discussions positives grâce à leur adhésion à l’association Anti Copying in Design. Ce cas illustre les défis plus larges auxquels sont confrontés les designers indépendants dont le travail, établi de longue date, ressemble par la suite à des projets commerciaux ou du secteur public de grande envergure. »

  • « Nous n’acceptons pas que le pigeon et l’éclaboussure soient une copie » 

Un porte-parole du London Museum a déclaré que son identité visuelle « a été créée par Uncommon Creative Studio à l’issue d’un long et minutieux processus de conception mené en collaboration avec les Londoniens. Nous sommes convaincus qu’elle a été développée de manière totalement indépendante et nous n’acceptons pas que le pigeon et l’éclaboussure soient une copie . » 

En l’absence de réaction positive du musée, les propriétaires du studio May Wild envisagent des poursuites judiciaires.

Le Musée de Londres était installé à London Wall, dans l’est de Londres, pendant 45 ans avant de fermer ses portes en décembre 2022. Le nouveau Musée de Londres devrait ouvrir dans un nouveau quartier, à West Smithfield, à la fin 2026.

Ces déboires juridiques pourraient assombrir le nouveau départ de cette institution culturelle londonienne.

www.londonmuseum.org.uk/blog/how-we-created-the-new-london-museum-brand/

SOURCE : presse

PHOTOS : montage des 2 créations. Le pigeon de Wild and May (à gauche) et le nouveau logo du musée de Londres (à droite)

Date de première publication : 28/04/26

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