La visite de musées et de sites patrimoniaux, ainsi que la participation à des activités artistiques, sont associées à un ralentissement du vieillissement biologique, selon la première étude examinant l’engagement culturel et les marqueurs biologiques du vieillissement. L’University College London apporte ainsi les premières preuves d’un lien entre la participation à des activités artistiques et culturelles, notamment les visites de musées, et les marqueurs biologiques du vieillissement.
Les chercheurs ont comparé l’engagement artistique et culturel des participants avec les modifications chimiques de l’ADN qui influencent le vieillissement biologique sans altérer le code génétique.
L’équipe de recherche a constaté que les personnes qui participaient plus fréquemment à des activités artistiques et culturelles, et qui s’adonnaient à une plus grande diversité de ces activités, semblaient vieillir plus lentement et avoir un âge biologique plus jeune, comme le suggèrent les modifications de leur ADN.
- Les horloges biologiques
Au cours de la dernière décennie, les horloges biologiques se sont largement imposées comme des outils essentiels pour comprendre le vieillissement biologique et ont redéfini la notion de mode de vie favorisant la longévité.
Cependant, ces travaux n’en sont qu’à leurs débuts. Certaines activités de loisirs, comme les activités artistiques et culturelles (arts and cultural engagement ACEng), n’ont jamais fait l’objet d’études, tandis que d’autres, comme l’activité physique (physical activity PA), n’ont été que très peu étudiées.
Les auteurs de l’étude de l’UCL affirment dans leur article : « Notre étude apporte la première preuve que l’ACEng, un comportement de santé reconnu beaucoup plus récemment, est lié au vieillissement épigénétique, avec une ampleur comparable à celle de l’activité physique. Ces résultats positionnent l’ACEng comme un facteur potentiel de vieillissement en bonne santé au niveau biologique, justifiant son intégration dans les stratégies de santé publique. »
- Quatre catégories d’activités artistiques
Dans cette première étude, l’engagement artistique et culturel a été mesuré à travers quatre catégories d’activités : les arts participatifs tels que le chant, la danse, la peinture, la photographie et l’artisanat; les arts réceptifs, notamment la participation à des expositions et à des événements; la visite de sites patrimoniaux, y compris des parcs, des bâtiments et des monuments historiques et d’autres activités culturelles telles que la fréquentation de musées, de bibliothèques et d’archives.
Les chercheurs ont examiné sept horloges épigénétiques, des mesures qui évaluent l’âge biologique plutôt que l’âge chronologique. Ces tests analysent les modifications de l’ADN liées à l’âge (méthylation de l’ADN).
La participation à des activités artistiques et culturelles était associée à un vieillissement plus lent dans trois de ces horloges : PhenoAge, DunedinPoAm et DunedinPACE.
Dans le test du PhenoAge, qui estime l’âge biologique, les personnes pratiquant des activités artistiques et culturelles au moins une fois par semaine étaient en moyenne un an plus jeunes que celles qui y participaient rarement. Les personnes faisant de l’exercice au moins une fois par semaine étaient en moyenne un peu plus de six mois plus jeunes.
La fréquence et la diversité des activités culturelles apparaissent toutes les deux associées aux marqueurs du vieillissement.
- Effet comparable aux activités physiques
L’activité physique a montré des associations similaires avec les trois mêmes horloges épigénétiques, avec des effets d’ampleur comparable à ceux observés pour la participation aux activités artistiques et culturelles.
Par exemple, les personnes pratiquant une activité artistique au moins une fois par semaine semblaient vieillir 4 % plus lentement que celles qui s’adonnaient rarement à une activité artistique.
Ce résultat était similaire à celui obtenu chez les personnes faisant de l’exercice au moins une fois par semaine par rapport à celles qui n’en faisaient pas.
Ces liens étaient plus forts chez les adultes d’âge moyen et les adultes plus âgés de 40 ans et plus, et ils persistaient même après avoir pris en compte des facteurs susceptibles de fausser les résultats, tels que l’IMC, le statut tabagique, le niveau d’éducation et le revenu.
La professeure Daisy Fancourt (Institut d’épidémiologie et de soins de santé de l’UCL), auteure principale de l’étude, a déclaré : « Notre étude suggère également que la pratique d’activités artistiques variées peut être bénéfique. Cela pourrait s’expliquer par le fait que chaque activité comporte différents « ingrédients » qui contribuent au bien-être, tels que la stimulation physique, cognitive, émotionnelle ou sociale. »
L’auteure principale, la Dre Feifei Bu (Institut d’épidémiologie et de soins de santé de l’UCL), a déclaré : « Notre étude apporte la première preuve que la participation à des activités artistiques et culturelles est liée à un ralentissement du vieillissement biologique. Ces résultats viennent s’ajouter à un nombre croissant de preuves concernant l’impact des arts sur la santé, les activités artistiques ayant démontré leur capacité à réduire le stress, l’inflammation et à améliorer le risque de maladies cardiovasculaires, tout comme l’exercice physique. »
Cette étude a utilisé les données de 3 556 adultes (2010-2012) issues de l’étude longitudinale britannique sur les ménages (UK Household Longitudinal Study), une vaste étude représentative à l’échelle nationale, qui prend en compte les facteurs démographiques et socio-économiques et qui inclut sept horloges épigénétiques dérivées.
Les auteurs reconnaissent les limites de l’étude, notamment le recours à des comportements autodéclarés, et soulignent qu’elle met en évidence des associations plutôt que des relations causales.
Ces recherches ont été menées par le Dr Daisy Fancourt et ses collègues du département des sciences comportementales et de la santé de l’University College London. Cette nouvelle étude a bénéficié d’un financement de UK Research and Innovation (UKRI). Le récent projet de recherche de l’UCL fait partie d’un nouveau programme de recherche sur sept ans, doté d’un budget de 3,5 millions de livres sterling et financé par la Fondation Wellcome. Ce programme, piloté par l’UCL, a pour objectif de comprendre l’impact global et moléculaire de la pratique artistique en tant que comportement bénéfique pour la santé.
Ces résultats s’inscrivent dans une série d’études récentes visant à démontrer un lien entre l’art et une meilleure santé, à l’instar de celles menées par le Jameel Arts & Health Lab, en 2023.
www.ucl.ac.uk/news/2026/may/engaging-arts-linked-slower-pace-ageing
academic.oup.com/innovateage/advance-article/doi/10.1093/geroni/igag038/8669801
SOURCES : University College London, presse
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Date de première publication : 19/05/2026



















